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La Guerre d'Algérie

9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 21:47

 

         Claude GUISS nous a quittés en ce triste mois de mai 2016, après un dernier combat contre la maladie, la souffrance et l'inexorable érosion du temps. Il est parti entouré de ses proches, près de sa femme Arlette qu'il aimait tant. Arlette, l'Algéroise, dont la vocation d'institutrice ne faiblit jamais des décennies durant, Arlette qui dispensa tant de savoir aux enfants de Zéralda, à tous les enfants de Zéralda, Musulmans, Juifs ou Chrétiens...

         Claude son mari, dont la famille débarqua à Alger dès janvier 1832, était resté, par son charisme, son élégance, son intelligence, sa culture, sa gentillesse et son inaltérable amabilité dans l'esprit et le cœur de tous les Zéraldéens, Le Maire, Notre Maire, le dernier Maire de Zéralda pour l'administration civile, mais dans le cœur de ses administrés, il ne quitta jamais ses fonctions de Maire, toujours prêt à renseigner, à aider, à conseiller, à participer, à comprendre, à expliquer...

         Claude GUISS était un héros sans médaille, à part celles qu'il avait brillamment gagnées dans les montagnes d'Italie en 1943 : La légion d'honneur qu'il aurait méritée cent fois pour sa conduite exemplaire dans l'Armée d'Afrique, lui avait été refusée pour d'obscures raisons encore mystérieuses à ce jour. Mais hélas, la patrie qu'il vénérait par-dessus tout n'a jamais su reconnaître ses véritables héros. Surtout pour récompenser et glorifier des hommes qui se sont battus pour une autre patrie, l'Algérie Française !

 

                   Extrait du Cœur et la Mémoire, de José Yvars :

         « En décembre 1942, Claude Guiss a 19 ans. Bachelier, il entend poursuivre ses études et ambitionne une carrière universitaire, mais la France l'appelle. Inscrit comme tous les jeunes d'Afrique du Nord aux Chantiers de Jeunesse qui remplaçaient la conscription à l'époque, il est mobilisé avec ses amis du village, Aimé Caisso et Edgard Rovéda. Il rejoint le CEFI (Corps Expéditionnaire Français d'Italie) et son régiment de blindés, le 7e Régiment de Chasseurs d'Afrique. Il embarque à Mers-El-Kébir sur un bateau grec réquisitionné, le »Néos hallas ». Avec son unité et son matériel de guerre dont 36 chars M10 de 32 tonnes, des véhicules blindés et de transport,  il vogue vers l'Italie et vers son destin dont le but final est, bien sûr la libération de la France ! Il double le détroit de Messine et débarque au pied du Vésuve. Pour Claude et son régiment de chars, dont il commande une unité, la bataille d'Italie va commencer.

         Claude sera cité deux fois à l'ordre de la division et obtiendra la Croix de Guerre avec étoile d'Argent qui est une des plus hautes distinctions dans l'ordre de la Croix de Guerre !

         Les Allemands chassés d'Italie, Claude rembarque à Naples pour le sud de la  France, cette fois. C'est la campagne de France. Toulon, Marseille, la Provence, la vallée du Rhône, les Vosges, les Ardennes, l'Alsace seront libérés par ces hommes venus d'Afrique, descendants des premiers colons de 1830 ! »

         Mais pour Claude, cette mission de libération du sol de la patrie ne sera pas la seule qu'il s'imposera et pendant les pires années de la guerre d'Algérie, il écrira des pages d'histoire aux cotés des colonels Brottier, Dufour, Jeanpierre, le commandant Denoix de Saint Marc, commandants du 1er REP basé à Zéralda. Après le Putch raté d'avril 1961, il extraira les généraux Salan et Jouhaud du camp de Zéralda, il les cachera et les confiera au péril de sa vie et de sa liberté à des militants patriotes du MP13 en les accompagnant personnellement jusque dans la plaine de la Mitidja, sur des routes surveillées et prêtes à être bloquées par toutes les forces gouvernementales du secteur. Sa vitesse de décision couplée à son patriotisme inné et inébranlable sauvera les généraux d'une arrestation certaine.

         Mais pour payer cet excès de courage et d'abnégation, il sera arrêté 8 jours plus tard, jeté en prison à Blida avec des dizaines de Fellaghas, puis, au bout de longues semaines il sera transféré à la Santé. Là, avec d'autres partisans de l'Algérie Française, il continuera la lutte en participant à la révolte des prisons. Il sera blessé à l’œil par une grenade à base d'ypérite, gaz mortel utilisé par les allemands en 1917 et interdite d'utilisation en milieu fermé. Claude perdra un œil et subira alors de terribles souffrances pendant de longues semaines avant qu'on l'autorise à consulter un spécialiste. Claude sera finalement libéré et obtiendra un non lieu mais il sera interdit de séjour en Algérie. Il ne reverra plus jamais le soleil de son pays et assistera de Paris à la lente agonie de son pays.

         Aujourd'hui, soyons tous fiers d'avoir connu Claude GUISS, un homme d'honneur, un combattant de l'extrême, un homme de chez nous, tout simplement.

 

                                                                                     José Yvars

Nous avions consacré un tableau (I92) à Zéralda et à son maire Claude GUISS dans notre exposition

LA GUERRE D'ALGERIE " Une exigence de Vérite"

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Published by ACBIVIERS