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La Guerre d'Algérie

30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 06:18

boulevard-voltaire-armee-francaise

 

Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Le livre blanc de la Défense vient d’être remis à François Hollande. On prévoit pour l’Armée une suppression de 20.000 postes supplémentaires, ainsi qu’une nouvelle baisse des crédits (l’enveloppe de 179,2 milliards d’euros annoncée paraît constante comparée à l’année passée, mais elle comprend en réalité 4,5 milliards de recettes exceptionnelles : ventes d’immobilier, d’actions de sociétés, de fréquences hertziennes).

On se dit, somme toute, que pour des socialistes, ils y vont plutôt mollo. Mais pour ne pas être aussi dramatique qu’on le supposait, la réforme prévue n’en reste pas moins terrible pour l’institution. Car cette coupe sombre de 20.000 postes vient se rajouter aux 54.000 dont Sarkozy avait déjà programmé la suppression en 2008. Pourquoi se gêner, hein ? Quand les autres administrations poussent des cris d’orfraie et bloquent le pays dès que quiconque se penche sur leur budget, ceux-là encaissent stoïquement tous les coups. Même les interminables bugs du système de gestion des soldes Louvois n’ont pas réussi à susciter la gronde. (À peine celle d’une poignée d’épouses, « un paquet de gauloises », sur Facebook). Ainsi va la vie : lorsque, dans une fratrie, il y a un brave petit qui ne râle jamais pour mettre le couvert, il devient vite corvéable à merci.

Alors ces bons gars qui n’ont pas le droit de grève, pas de syndicat (et encore moins de « mur des cons »), que l’on projette durant de longs mois à l’étranger loin de leur famille, qui accusent de lourdes pertes humaines, qui bossent sans moufeter, rafistolent leur matériel avec des bouts de ficelle, font des miracles avec des bouts de chandelles — de l’aveu même des Américains qui les observent en opérations — et qui protestent à peine quand on ne paie pas leurs soldes, vous conviendrez qu’il est bien tentant de les plumer et de les plumer encore. En déshabillant la Grande Muette jusqu’au caleçon, on pourra rhabiller en fanfare d’autres ministères plus bruyants. L’Éducation nationale, par exemple…

La crédibilité, l’indépendance, la souveraineté de la France ? Mais quel gouvernement peut encore s’offrir le luxe de regarder aussi loin ? Comme si la France n’était pas devenue la simple juxtaposition d’intérêts individuels à satisfaire avant les élections…

Gabrielle Cluzel, le 30 avril 2013

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