Forces armées ... et terrorisme
très limitée au regard des inconvénients de ce déploiement dont on a du mal à penser que la logique n'est pas d'abord de nature politicienne. Employer un soldat, dont la formation est très on...
Écrit par DESPORTES Vincent vendredi 8 avril 2016 14:47 Officier, général de division
Légitimité et nécessité
Il faut d’abord constater que le Président de la république, chef des armées, premier responsable de la sécurité des Français et de l’intégrité du territoire national, a toute légitimité pout utiliser ses forces armées comme il l’entend, si elles sont engagées contre un ennemi et non contre des Français. La limite de cette légitimité est qu’il n’a pas le droit moral de sacrifier à des visées politiciennes de court terme un instrument dont l’évolution et l’emploi doivent se penser dans le temps long, en fonction d’une vision de long terme de la place de la France dans le monde et de l’évolution des relations internationales.
Par ailleurs, si l’on veut que les Français consentent aux fortes ponctions budgétaires que représentent les investissements de défense, ils doivent ressentir les "retours sur investissement" ; donc, dès lors qu’ils se sentent menacés, les armées doivent clairement apparaitre dans les dispositifs adoptés pour répondre aux défis sécuritaires. Il y a en effet un lien très fort entre le caractère "extérieur" des opérations conduites par l’armée française et la dégradation continuelle des budgets de défense. Si l’on veut donc préserver des forces pour l’extérieur – et nous n’avons pas d’autre choix - il faut qu’elles soient présentes sur le sol national quand les Français y sont attaqués. D’abord parce que leur première mission est la défense des citoyens, ensuite donc parce que, dans le cas contraire, les contribuables leur disputeraient très vite le budget qu’ils leur consacrent. Si l’on veut des armées pour la "défense de l’avant", il faut consentir à ce qu’elles participent à la "défense de l’arrière".
La question n’est donc pas d’arrêter, mais de faire mieux, c’est-à-dire franchement autrement, de manière à ce que le "trade off " extérieur/intérieur redevienne gagnant quant à l’utilisation de ce réservoir de forces unique, limité et déjà fortement dégradé pas vingt-cinq années de déflations budgétaires conjuguées désormais à un rythme d’engagement très au-delà des contrats opérationnels de référence.
