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La Guerre d'Algérie

15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 21:10
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Cette excellente exposition fut un des temps forts de notre amicale courant 2007.
Elle avait fait l'objet de l'annonce suivante dans le site du Conseil Général de l'Isère.

Témoignages et conférences remarquables en ont fait un grand événement.
 (cliquez sur le compte rendu de votre choix )
 
 
 
 
 
 
L’ exposition
Du 09/05/2007 au 15/05/2007
Commune : Biviers
Thématique : Exposition
L'amicale des Anciens Combattants de Biviers organise pour la deuxième année consécutive une exposition sur la Résistance dans le Grésivaudan.
Un parcours d'une trentaine de panneaux, composés de textes et de photos, retrace à partir d'une carte renseignée, la chronologie des évènements. Les lieux d'implantation des maquis, les personnages principaux, les actions, le mmode de vie des Résistants sont évoqués tour tour.
Une dizaine de mannequins, grandeur nature, présentent les tenues et le matériel militaire d'époque.
Un parcours pédagogique pour tous, y compris les plus jeunes, puisque quatre journées sont dédiées aux scolaires des communes de Montbonnot, Saint Ismier, Barraux, Biviers et Saint Nazaire les Eymes./
Pratique :
De 9 h à 20 h
salle polyvalente de Biviers.
 
 
 « Résistance dans le Grésivaudan ».
 
Suite au succès de l’édition 2006, l’Amicale des Anciens Combattants de Biviers récidivait du 10 au 15 mai pour présenter une exposition plus riche à la salle polyvalente de la commune.
Dépositaires du travail de mémoire, les Anciens Combattants ont tenu à retracer l’histoire locale de la Vallée du Grésivaudan avec loyauté et précision. Intéressées par le projet, les communes de Monbonnot, St Ismier et St Hilaire du Touvet ont permis de réaliser de nouveaux panneaux spécifiques à nos quatre municipalités, afin de susciter un intérêt particulier pour chaque visiteur.
Sous couvert de l’Académie, une quinzaine de classes de CM2 a ainsi pu s’attarder sur l’histoire de leur commune en découvrant quelques anecdotes mais surtout en visualisant l’atrocité du moment, comme l’embuscade de la Détourbe.
Quatre conférences ont ponctué les soirées de l’exposition :
 « L’Etat Français et la Résistance »par François-Georges Dreyfus, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne.
 « Les Maquis de Chartreuse», par le Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin, historien.
«  Le commandant de Reyniès » par Pierre Giolitto, historien et inspecteur général de l’Education Nationale.
«  Les services spéciaux dans la Résistance».par l’Amiral Kessler, membre des Services Spéciaux et ancien directeur du musée de la Marine.
L’émotion était également au rendez-vous : la présence de résistants, de leur descendance ont enrichi et valorisé cet événement par l’apport de vibrants témoignages. Roger Chappuy, survivant du GF de Biviers, l’épouse de Philippe Blanc chargé de la Croix Rouge dans le Vercors, mais aussi la visite des filles du Commandant de Reyniès, chef de l’Armée Secrète et du Docteur Demange, en charge de l’hôpital du Plateau des Petites Roches,  Paul Custillon de la Cie Bernard, actif en Belledonne et dans la vallée du Grésivaudan, Roger Fleury FTP St Egréve et rescapé de Mauthausen, les descendants de l'adjudant chef Requet, auteur de la destruction du polygone et caserne de Bonne, Mme Breillet veuve du Lt Breillet alias Lt Joseph, les enfants de René Amblard de St Hilaire du Touvet  , sont quelques noms parmi la liste des invités.
Le flux de nombreux visiteurs a consacré plusieurs mois de travail d’une équipe soudée, largement aidée techniquement par la Mairie et par le Conseil Général, toujours prêt à soutenir les initiatives locales.
 
 
PS : Pour voir les photos en regard des groupes de mots en bleu, aller dans Albums photos visionner «  La résistance en Grésivaudan »
 
 
 
« L’ Etat Français et la Résistance ».
 
Deuxième conférence ce vendredi soir à la salle polyvalente, dispensé par un historien de renommée nationale, le Professeur François-George DREYFUS. Agé de 80 ans, il fut professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne et il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages comme « L’Histoire de la Résistance » paru aux éditions de Fallois.
Le sujet abordé est très controversé et sans entrer en polémique, parler de l’action positive de l’Etat Français demeure à ce jour non-conforme au « bien-penser historique ».
Il faut partir de l’idée que l’Etat Français est parti d’une défaite et répondre à une question : « Fallait-il ou pas signer l’armistice ? » C’est PETAIN qui opte pour l’armistice, il y voit une réduction de la dette de guerre (20 millions d’euros/jour), un libération maximale de soldats et une zone de démarcation plus importante. Il est surtout sensible à une économie en vies humaines (déjà 100 000 morts), ayant que trop en mémoire le désastre de 14-18.
Le slogan « Travail, famille, patrie » est resté dans l’histoire plus que celui-ci : « L’Armistice est une simple suspension d’armes, les Allemands restent nos ennemis ! »
Il faut préparer la revanche et Pétain s’y emploie :
Il crée le Service des Travaux Ruraux qui luttera contre les services secrets de l’AXE en Zone SUD. 47 agents allemands seront fusillés avant le 11 novembre 42 malgré le désaccord de LAVAL (limogé en 1940).
Il crée le CDM (Camouflage du Matériel) et fait reverser aux allemands que le strict nécessaire.
Il fait conserver et mettre à jour un fichier de mobilisation ( qui deviendra plus tard l’INSEE).
Enfin, il maintient les Services de Contre-Espionnage.
Il s’appuie sur l’Armée d’Armistice, basée en Zone Libre dans laquelle il nomme des chefs illustres, De Lattre de Tassigny, Juin sous les ordres du Général Frère, mort en déportation. Il nomme le Général WEYGAND à la tête de l’Armée de la Revanche, composée de 120 000 hommes en Afrique du Nord.
Accusé de jouer double-jeu, il enverra un émissaire à Londres dès 1940 qui est reçu par HALIFAX. Henri FRENAY, créateur d’un des premiers mouvements de Résistance dira de la collaboration que c’est un mal nécessaire qui nous profite.
PETAIN met en place les chantiers de jeunesse en Zone SUD où chacun reçoit une formation paramilitaire et une éducation patriotique. Il cautionne l’émergence des mouvements de jeunesse (alors qu’un seul ne peut exister dans un régime totalitaire).
Tout ceci avec la ferme intention d’être utile le moment venu.
Mais le retour de LAVAL en 1942, voulu par les allemands, va changer la donne. La mise en place de la politique du STO (Service du Travail Obligatoire) et surtout son autorisation d’infiltration en Zone Libre est la clé pour l’invasion complète du territoire. L’armée d’Armistice est dissoute, et les cadres rejoignent les réfractaires du STO dans la Résistance.
Pétain est muselé par Laval, c’est un vieil homme qui n’a plus toutes ses facultés et pourtant il reste : si ce n’est pour la France, c’est pour les Français.
                                                                                                         
 
 
 
Pierre GIOLITTO tient conférence sur le Commandant de REYNIES.
 
Dans le cadre de l’exposition de la Résistance en Grésivaudan, Pierre GIOLITTO, docteur ès lettres, inspecteur général honoraire de l’Education Nationale et auteur de nombreux récits sur la 2ème Guerre Mondiale animait la première des quatre conférences pour nous retracer le parcours d’un homme hors du commun, Albert, 11ème Marquis de REYNIES.
Tout commence le 06 mai 44, vers 10h30. Albert de Reynies sort de l’hôtel de la Division à Grenoble ; il y a conservé un bureau par lequel transite son courrier. Il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant cinq heures. Un communiqué nazi l’annoncera retrouvé mort dans sa cellule au petit matin. Puis, plus aucune nouvelle complémentaire, … ni aucune dépouille !
Le petit Albert voit le jour à ARRY le 21 août 1900 dans l’Est de la France alors annexé. Il est le descendant d’une famille aristocratique dont la vocation militaire est traditionnelle. Son éducation stricte, pour ne pas dire vieille France tourne autour de la religion et de la patrie.
Albert passe sa jeunesse à Grenoble où son père, Antoine de Reynies est Capitaine au 14ème BCA. Il est scolarisé à St Michel de l’Aigle sous la coupe des frères de l’Ecole Chrétienne puis à Notre Dame. En admiration devant son géniteur, la morale et l’esprit patriotique semblent générer chez l’adolescent un sentiment d’intransigeance.
Son père, général en retraite en 1930, s’éteindra en 1942 à Reynies, au château familial de ce petit village du Tarn et Garonne. 
 St Cyrien en 1920, promotion de la victoire, Albert fait ses premières armes de lieutenant au 136ème Régiment de Tirailleurs Marocains où il apparaît déjà comme un « humaniste chrétien pétri de culture ». Officier d’ordonnance du Gouverneur militaire de Lyon au début de la guerre, il est nommé commandant et affecté à la Commission d’Armistice de WIESBADEN. En 1942, il prend avec fierté le commandement du 6ème BCA à Grenoble, ville de son enfance. Le 26 novembre, après quelques mois de commandement, l’armée régulière est dissoute sous les ordres d’Hitler et la zone Sud occupée.
De Reyniès rentre en Résistance, dans l’ORA(organisation de Résistance de l’Armée) où se retrouve bon nombre de soldats subitement démobilisés. Son passé militaire et son charisme lui permettent rapidement de gravir les échelons de responsabilités. En 1943, il devient chef de l’AS (l’Armée Secrète) en remplacement d’Albert REYNIER (futur préfet de l’Isère), contraint de se mettre au vert. A la réunion MONACO de Méaudre, ce jeune chef fait forte impression devant les représentants des différentes factions de la Résistance. Animés par la passion de la liberté, ils se rallieront tous à son souhait d’obéir aux ordres afin de garder intactes les forces et effectifs jusqu’au débarquement.
Mais voilà, la situation à Grenoble se dégrade, les rafles succèdent aux arrestations, la gestapo multiplie ses actions. Deux jours après la visite à sa famille mise en sûreté plus au Sud, il est arrêté, dénoncé par un certain Tyrol, ancien chasseur alpin du 6ème BCA devenu milicien.
Depuis s’est engagée une réelle enquête policière, diverses pistes n’ont pas abouties, plusieurs hypothèses ont été avancées mais aucune n’a jamais aboutie au grand dam d’une famille qui encore de nos jours cherche la vérité. Anne, âgée de 14 ans au moment des faits, était présente à la conférence, très émue à l’évocation de ces moments interminables d’attente. Seule, une tombe virtuelle est visible au cimetière de St NIZIER.
Deux hommages vibrants témoignent de l’attachement de la ville de Grenoble. Le premier est le nom donné à l’ancienne caserne Bayard qui, bien qu’ayant déménagée à Varces, s’appelle toujours Quartier de Reynies. Le deuxième, est plus récent : le 7 mai 2004, une imposante cérémonie militaire Place de Verdun, honorait devant toute sa famille, ses amis, le Général Le Ray âgé de 94 ans (ancien lieutenant d’Albert) cet homme au parcours exemplaire. Michel DESTOT, Maire de Grenoble, souligna dans son discours ses qualités humaines, ses derniers mots étant : « Pas un seul autre coup ne fut porté à la Résistance, autre que le sien. »
                                                                                                                                             Philippe Montiton
 
 
«  Les Services Spéciaux dans la Résistance  »
 
3ème conférence dispensée par l’Amiral KESSLER, ancien des Services Spéciaux (et qui fut chef du Service Historique de la Marine) qui aborde un point sensible, assujetti au devoir de réserve, les Services Spéciaux.
Nous dévoilerons ici aucun secret mais nous pouvons dire que ces services ont travaillé sans interruption depuis le traité de Versailles jusqu’en 1946.
La fin de la Première Guerre Mondiale voit la naissance de ses organismes qui prennent leur réelle raison d’exister en 33 avec l’avènement D’Hitler. Par voie législative, ils obtiennent un budget suffisant afin de remplir différentes missions.
Pour comprendre les Services Spéciaux, il faut différencier le Service de Renseignements qui cherche à obtenir le maximum d’informations sur l’ennemi et le Contre-Espionnage qui lui cherche à neutraliser les S.R. adverses.
Malgré l’Armistice de 40, le changement d’appellation ( les SR devenant « Bureau des Menées Anti-nationalistes, dirigé par le Colonel RIVET et le C.E. rebaptisé « Services des Travaux Ruraux », aux ordres du Commandant PAILLOLE ), permet une continuité des opérations avec grande efficacité. Passés dans l’illégalité à la dissolution de l’Armée d’Armistice, ils reçoivent de l’Intendance Militaire des fonds correspondants à des unités dissoutes.
La meilleure illustration de cette efficacité s’appelle ENIGMA : ce mystère est une simple machine à écrire que les Allemands ont transformée en moyen de chiffrement à code journalier. Un exemplaire est récupéré, et grâce aux services de mathématiciens polonais, le système de fonctionnement est percé. Il ne manquait plus que les codes et c’est un agent-double, le frère d’un général allemand travaillant pour Goering qui les fournit. Tous les messages codés purent ainsi être interceptés, sans jamais éveiller les soupçons allemands et ce jusqu’en 1946. Grâce au système ENIGMA, on peut considérer que la guerre a duré de 1 an à 2 ans de moins.
Les Services Spéciaux ont payé un cher tribut puis 313 des leurs sur un effectif total de 4441 y ont laissé la vie.
 
 
                                                                                                           
 «  Les maquis de Chartreuse »
 
Ultime conférence dispensée par le Lieutenant-colonel Martin, historien militaire et actuellement à la tête de la Prévention Routière à Grenoble. Auteur de nombreux ouvrages, il s’essaye avec réussite au roman historique dont le dernier se passe dans les maquis de Chartreuse.
Mais laissons de côté les romans pour rejoindre la réalité : « Marginalité ou exemplarité », difficile de choisir le thème exact qui définit le mieux ce maquis. Les chefs militaires portent un jugement très dur et l’accusent d’inactivité et de combattants de la dernière heure. Avec suffisamment de recul, quel est le constat ?
STEPHANE, le chef le plus illustre des maquis environnants, en visite d’inspection, jugera la topographie peut favorable ( en particulier pour l’eau ) à la guerilla. Dires confirmés par le CDT Le Ray, chef de l’AS après De Reynies, soulignant en substance que le maximum avait été fait aux vues d’un environnement peu favorable.
Et pourtant les maquis existent, ils font partis du secteur 2 qui s’étend jusqu’à la Tour du Pin. L’Abbé Pierre contribue à la formation du Maquis Palace au Gd Reynaud. BERNARD (George Manusset), DAX (Jean Berfini) très actifs sur Voreppe, basculeront sur le Grésivaudan, terres plus propices à la dispersion des groupes. Albert FAGOT est désigné comme coordinateur de l’ensemble des GF (Groupes Francs) tandis que le CDT DE COLOMBE à la mission de réorganiser tout le secteur. Il crée un bataillon à 4 compagnies, commandé par DE LOISY, qui comptera 700 hommes à la libération. Le 22 août 44, ce sont les premiers à rentrer dans Grenoble par le Col de Vence, avant les Américains, participeront à la bataille de Gières (la Compagnie STEPHANE est de toutes les actions), puis effectueront la marche sur Lyon, ville dans laquelle ils rentreront le 2 septembre.
Les maquis de Chartreuse n’ont jamais été vraiment attaqués bien qu’une opération massive des Allemands soit programmée après celle du Vercors puis de l’Oisans.
La Chartreuse est surtout un endroit privilégié pour le camouflage du matériel voulu par Vichy. C’est ainsi que les Chartreux de retour en grasse d’Italie, utiliseront le monastère comme d’un dépôt d’armement important. La Grande Chartreuse vit son immunité respectée suite au passage éclair du Michel Ange du Reich.
Enfin pour porter un jugement définitif, il faut se référer à la Charte de l’Armée Secrète et aux directives des MUR ( Mouvements Unis de la Résistance ) : « Une insurrection déclenchée trop tôt peut anéantir une efficacité ultérieure et limiter les forces de répression ».
                                                                                                         
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