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La Guerre d'Algérie

19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 21:56



 

 

 







Le samedi 17 octobre, s’est déroulée au cimetière St Lazare de Montélimar une émouvante cérémonie en l’honneur de mon grand père maternel, le capitaine Hippolyte DELLAC, adjoint au colonel commandant le 52e régiment d’infanterie, cantonné dans cette ville lorsqu’éclata la guerre de 1914-1918.

 

Ses petits enfants s’étant aperçu, à l’occasion de la restauration récente de la tombe de leurs grands parents, que leur grand-père (dont le nom est gravé sur le monument aux morts de la ville) ne figurait pas dans le mémorial aménagé au centre du cimetière dédié à tous « les morts pour la France » de ce régiment - l’une des gloires de Montélimar - ont demandé et obtenu du Préfet de la Drôme (grâce à l’intervention du président du Souvenir Français et du Député-maire de la ville) que soit plantée en son honneur une croix semblable aux autres, avec mention de ses nom, grade et dates de naissance et décès. Il est juste de dire que c’est grâce au président de l’Amicale des Anciens Combattants de Biviers, Pierre CHAUVET, que j’ai été mis contact, au début de 2009, avec le Souvenir Français, et son président pour la Drôme, Jean-Pierre SCHLOTTER.

 

Pourquoi le capitaine DELLAC ne figurait-il pas dans ce mémorial ? Mort au combat le 20 octobre 1914, il fut d’abord inhumé dans le caveau d’une famille accueillante de la Somme, apitoyée par la détresse de sa veuve. Ma grand’mère, en effet, lorsqu’elle avait été informée de la blessure de son mari à la tête, s’était précipitée, munie d’un laisser-passer fourni par l’état-major du régiment, pour tenter de le rejoindre et le revoir vivant, malgré l’extrême difficulté à circuler à l’approche du front et les immenses dangers qu’elle encourait en se rendant sous une pluie d’obus jusqu’au lieu des combats. Elle y réussit pourtant, et le trouva dans une ambulance de fortune où l’on avait tenté de l’opérer ; elle le suivit pendant quelques jours dans les déplacements provoqués par les assauts de l’ennemi, mais ce fut pour avoir finalement la triste consolation de recueillir son dernier soupir dans ses bras… A la fin de la guerre, elle fit transférer son corps dans la tombe familiale à  Montélimar, et reçut en son nom la croix de chevalier de la Légion d’Honneur et la croix de guerre avec palme.

 

Lorsque le Souvenir Français et les Anciens combattants de ce régiment, à la fin du siècle dernier, firent aménager le mémorial au centre du cimetière St Lazare, personne ne sut comment contacter les descendants du capitaine DELLAC, qui d’ailleurs reposait dans un tombe aménagée par sa veuve, décédée en 1955. Jusqu’à ce jour de l’an dernier, où deux de ses petits-enfants constatèrent en même temps que la tombe de leurs ancêtres avait grandement besoin d’être restaurée, et que leur grand-père avait été « oublié » dans le mémorial des morts de la Grande Guerre. 

 

Le 17 octobre, donc, à l’invitation d’un de ses petits-fils (moi-même) et de sa femme, plus de 90 survivants parmi les quelque 160 descendants du capitaine DELLAC (petits-enfants - tous nés à Grenoble, - arrière petits-enfants et arrière arrière petits-enfants) se sont réunis et recueillis devant la tombe restaurée de leur ancêtre, sur laquelle une gerbe enrubannée de tricolore fut déposée, tandis que le colonel (c.r.) de l’armée de l’air Jean DELLAC (le fils aîné du fils aîné), ancien pilote de la patrouille de France, faisait l’éloge funèbre de son grand-père en lisant le récit bouleversant rédigé par sa veuve au retour du front. Puis, devant le monument du mémorial pavoisé, en présence de M. Jean-Pierre  SCHLOTTER, Président du Souvenir Français, et du Président de l’Amicale des Anciens Combattants de la Drôme, une gerbe fut également déposée au pied de la croix fraîchement installée, tandis que toute l’assistance,  après une minute de silence, entonnait « La Marseillaise ».

 

A l’issue de cette émouvante et double cérémonie, tous les descendants présents de ce héros de la Grande Guerre se sont retrouvés (ou ont fait connaissance…) pour un banquet familial dans un restaurant de la ville, décoré de drapeaux de table portant la griffe de leur ancêtre. Ces descendants, heureux d’avoir rempli un tel devoir de mémoire et de fidélité, ont tenu à exprimer leur reconnaissance à tous ceux qui ont œuvré à la réussite de cette journée, en particulier le président du Souvenir Français et le Député-maire de Montélimar, qui, émus par ce témoignage de piété filiale, ont offert l’installation de la croix du capitaine DELLAC au pied du monument central, au milieu de ses soldats.

 

Pierre MAURICE,

Professeur honoraire des universités,

Capitaine de réserve honoraire de l’Arme Blindée Cavalerie,

Titulaire de la Croix de la Valeur Militaire (Algérie).

 

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