Avec les anciens combattants de Biviers et de Saint-Ismier.
Parmi les "anciens élèves" du lycée Champollion il en est, aujourd'hui, qui avaient de 16 à 20 ans en 1940. Et parmi eux quelques hommes et femmes courageux qui n'hésitèrent pas, au péril de leur vie, à s'engager pour chasser l'occupant. Ils militèrent et se battirent avec les maquis du Vercors, de l'Oisans, dans les rangs de la compagnie Stephan , de l'AS, des FFI, des FTP, des corps francs ,dans les réseaux de renseignement, parfois rescapés des camps de la mort. Ces "grands témoins" ont estimé , tant qu'ils sont encore de ce monde , qu'ils devaient contribuer au devoir de mémoire, transmettre leur foi et dire les raisons de leur engagement à leurs successeurs, les jeunes élèves du lycée.
C'est ainsi que durant la semaine du 5 au 12 mai 2008, 63 ans après l'armistice qui a mis fin aux combats fratricides de la deuxième guerre mondiale, les meilleurs d'entre eux sont venus s'entretenir avec les élèves des classes de première, de terminale ou des classes préparatoires du lycée Champollion. Non pas faire une conférence, mais dire le pourquoi de leurs actions, de leur militantisme et surtout répondre à leurs questions. C'est devant des salles pleines qu'ils ont été écoutés avec attention et émotion par ces jeunes qui n'ont pas manqué de poser de nombreuses questions, à la rigueur même "provocatrices" à la demande même des intervenants.
Mais il était difficile, en quelques petites heures de tout dire. C'est pourquoi l'association des anciens combattants de Biviers et de Saint-Ismier, qui compte parmi ses rangs d'anciens élèves du lycée et d'anciens résistants, a mis à la disposition du lycée Champollion son exposition sur "la résistance en Grésivaudan" qui a été présentée en 2006 et 2007 dans la salle polyvalente de Biviers et a connu une grande affluence.
Vingt grands panneaux ont été installés dans la salle des actes du lycée, dans la cour d'honneur, avec le concours de la ville de Grenoble. Cette exposition, ouverte au public, a permis aux élèves et au corps enseignant de resituer les interventions des "grands témoins », dans le cadre de vie, de souffrance et d'héroïsme de cette période 1939-1945. C'est une vaste fresque de ces années de guerre qui est tracée, de la défaite de 1940 à la victoire et à l'armistice du 8 mai 1945. L'on y découvre la montée de la résistance en France, en Isère et à Grenoble, ainsi que l'importante contribution des forces françaises de l'intérieur à la libération du territoire par les armées alliées et celles de la France libre.
Merci à tous nos anciens qui nous ont rendu la liberté. "
Biviers, mai 2008. BS
de L' École Militaire de CHERCHELL

Tout au long de son histoire, de 1942 à 1962, l'École Militaire de Cherchell a formé des officiers et sous-officiers en fonction des besoins de la Nation.
Cherchell, c'est le nom d'une petite ville située en Algérie, à 90 km à l'ouest d'Alger, sur les bords de la Méditerranée. Fondée par les Phéniciens au IV° siècle avant notre ère, elle devint au début du Ier siècle la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne sous le nom de Césarée. Cette province s'étendait jusqu'à l'océan Atlantique. Ce n'est qu'à la fin du VII° siècle qu'elle devint arabe après deux siècles de présence des Vandales.
Les vestiges de ces différentes civilisations sont nombreux : théâtre, termes, aqueduc, mosaïques, statues d'inspiration grecque.
Durant l'occupation allemande de 1940 à 1944 du territoire Français, la suppression de St Cyr et des autres écoles d'officiers de la métropole entraîna le Commandement à créer à Cherchell l'École des Élèves Aspirants. Créée en 1942 après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, cette école avait pour mission la formation des officiers de toutes Armes nécessaires tout d'abord au Corps Expéditionnaire Français en Italie et, ensuite, à la 1ère Armée Française.
C'est en 1959 qu'elle reçoit la mission de former la totalité des Officiers de Réserve d'Infanterie. Des milliers d'officiers et de sous-officiers sortiront de ses rangs. Nombreux sont ceux qui tomberont au champ d'honneur à la tête de leurs hommes.
Sa devise latine (clin d'œil avec la Césarée romaine) est « Ducis et tu suscipe curam », ce qui veut dire « Assume toi aussi la charge du commandement ». Le Colonel BERNACHOT, dernier Commandant de l'école, l'expliquait ainsi : « Devise qui marque le caractère même de la vocation et de la condition d'Élève Officier de Réserve. Car, par un choix librement décidé, ils veulent eux aussi assumer la charge du commandement. Ils estiment en effet que celui qui s'est préparé à être un chef civil -pour construire et animer la Cité- doit également être un chef dans le sein de l'Armée pour protéger le pays à l'heure des périls. Son exigence militaire doit aller de pair avec son exigence civile : pour lui, il n'y a qu'une seule manière de SERVIR. »
Comme toute unité, l'École de Cherchell a son drapeau. Le 1er septembre 1962, lorsque l'école a quitté l'Algérie qui venait de proclamer son indépendance le 5 juillet, le drapeau a rejoint l'École d'Application de l'Infanterie à Montpellier. Ce n'est que le 19 novembre 2004 que l'inscription A.F.N. 1952 - 1962 lui a été attribuée par le ministre des Armées.
Autour de cet événement, l'Amicale Nationale des Camarades de Cherchell Officiers de Réserve et Élèves s'est constituée à l'initiative de Gérard COURTADE, un ancien E.O.R. Le 27 mars 2008, des centaines d'anciens élèves se sont retrouvés pour la 1ère fois à Montpellier autour du Général Hervé CHARPENTIER, Commandant l'École d'Application de l'Infanterie et Commandant Militaire de la Place, pour accueillir avec tous les honneurs ce drapeau chargé de la mémoire de nombreux officiers et sous-officiers qui ont donné leur vie pour la France et de ceux qui gardent depuis cette époque où ils servaient leur Pays des souvenirs à jamais inoubliables.
L'Amicale des Anciens Combattants de Biviers était représentée en force par quatre de ses membres : Jacques Bouissou, Pierre Chauvet, Jean-Noël Varenne et Jean-Pierre Versini, tous anciens E.O.R. de Cherchell.
Au terme de la cérémonie, le drapeau a pris sa place parmi des centaines de drapeaux de l'infanterie exposés avec respect et ferveur au sein du Musée de l'Infanterie de Montpellier.
Montpellier, le 27 mars 2008
Maurice Arnaud vient de nous quitter.
Originaire d’une famille du Trièves forte de onze enfants il naquit en 1916 à Grenoble.
Après son certificat d’études il fera un apprentissage de ferronnier, sera mécanicien et contremaître chez Merlin- Gerin de 1933 à 1945.
Exceptionnellement doué pour le sport, il sera plusieurs fois finaliste du championnat des Alpes de boxe, champion des Alpes en haltérophilie 1ère série et toutes catégories , joueur de rugby d’excellent niveau au FCG de Grenoble.
Il sera récompensé pour ses qualités sportives par la médaille de la jeunesse et des sports en 1962.
C’est dans la défense de son pays qu’il va donner le meilleur de lui-même.
Il fera 24 mois de services militaires en 1937 au 4ème Rgt du Génie de Grenoble, puis sera rappelé sous les drapeaux le 2 septembre 1939.
Le 10 Mai 1940 il reçoit pour mission, la nuit, de faire sauter le blockhaus allemand de Grossenwald et le carrefour de Lutztviller.
Il recevra pour cette action la croix de guerre.
Envoyé près de Dunkerque pour faire sauter les ponts de Blangy , il sera fait prisonnier par les Allemands, s’évadera vingt jours après et rejoindra Grenoble à vélo trente jours plus tard.
Dès 1943 recruté par l’Armée secrète (ORA) il deviendra l’un des membres du groupe franc Quiqui ( Joseph Célery-Rogoz ).
Jusqu’ à mars 1944 il va participer aux pages de gloire des Groupes Francs :
coup de main sur le dépôt de munitions de Claix,
attaque à l’explosif d’usines travaillant pour les Allemands,
destruction de lignes à haute tension, de camionnettes radio, et d’un transformateur électrique Thomson de la rue du Drac,
sabotage de la voie ferrée Voreppe - Grenoble,
enlèvement et destruction du fichier STO à l’Hôtel de ville de Grenoble,
attaque du fort des Quatre Seigneurs, récupération des armes et transfert au Fort du Mûrier,
accueil de parachutages de nuit à Voreppe et Méaudre,
coups de main contre la Milice ..
En mars 1944 il entre au service de renseignement de l’A.S. sous les ordres du commissaire Cavaz.
Il quitte la Résistance en octobre 1944, son pays étant libéré, et reprendra une paisible activité familiale et professionnelle .
Le général Pichot -Duclos lui remettra la médaille militaire en 2004, ainsi que la médaille des évadés.
Il était estimé de tous.
Ses chefs , le Cdt Nal (dont il était aussi le garde du corps), le Lt Requet , le Commissaire Cavaz , lui rendront un hommage particulier.

