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La Guerre d'Algérie

26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:05
Minurne
"LA GUERRE EST LA CONTINUATION DE LA POLITIQUE PAR D'AUTRES MOYENS" (Clausewitz)


"C'est une mission de police du ciel" a expliqué le ministre de la Guerre, Le Drian, pour expliquer l'envoi prochain (en mai ?), en Pologne, de quatre avions de chasse de l'Armée de l'air dont la mission sera de protéger les pays baltes contre une attaque de la Russie. Juste une mission de police ? Ne nous a-t-il pas déjà fait le coup quand il affirmait que l'envoi de troupes en Centre-Afrique serait "une simple mission de police" de quelques semaines ?

Sauf que la Russie, ses fusées balistiques, ses 15 000 chars et son million d'hommes, ce n'est pas le Mali, ni le Centre-Afrique.

C'est quoi cette manie des socialistes de vouloir faire la police dans le monde entier quand ils ne sont pas capable de la faire dans nos cités ? Ils trouvent que ce n'est pas assez tropical, le 9-3 et les quartiers nord de Marseille ? 

"La crise en Crimée est la plus sérieuse depuis la guerre froide", vient de déclarer Laurent Fabius, ministre étranger aux affaires étrangères. Il demande à la Russie "d’éviter une escalade dangereuse". Il va pourtant falloir que les dirigeants français et M. Jean-Marie Colombani ("Le retour de la guerre froide", slate.fr, 3 mars) s’y fassent : la Crimée, c’est une affaire finie. Poutine lui a fait réintégrer la Russie dont elle faisait partie depuis des siècles et il ne reviendra pas sur cette décision qui lui vaut une popularité sans précédent auprès du peuple russe.

UNE DOUBLE ERREUR HISTORIQUE


Et puis affirmer que la crise en Crimée est la plus sérieuse depuis la guerre froide est une double erreur historique.

La première est qu'il n'y a pas de crise en Crimée ! La population a manifesté joyeusement sont rattachement à la Russie après un référendum où elle a montré massivement que c'était son désir le plus cher. La crise, elle est en occident : Obama et Hollande sont furieux que Poutine ose leur tenir tête en refusant de leur céder la grande base militaire de Sébastopol qu'ils espéraient obtenir après l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

Plus de Crimée, plus d'intégration de l'Ukraine à l'Europe, ont fait savoir Hollande et Merkel au Premier ministre ukrainien, trahissant par là que la charge de l'Ukraine pour l'Europe (qui aurait du payer pour son redressement) n'a d'intérêt que si la Crimée et surtout Sébastopol sont dans le paquet cadeau !

Et pourquoi ? Parce que sans Sébastopol, l'aide russe à la Syrie deviendrait difficile voir impossible. La base marine russe de Tartous en Syrie serait asphyxiée et l'aide russe à El Assad difficile et plus coûteuse à acheminer.

Or Obama et Hollande comptent sur la reconnaissance qu'auraient (ils rêvent !) les islamistes sunnites mis en place après le départ de El Assad pour obtenir le pétrole syrien, unique raison de l'appui européen à la révolte syrienne que l'Europe a largement contribué à fomenter par ses promesses de soutien et qu'elle a armée.
De plus, Obama compte de son côté sur le départ de El Assad pour affaiblir la position de l'Iran dans la région.

La seconde erreur est de qualifier la Crimée de crise "la plus sérieuse depuis la guerre froide".

C'est oublier comment Europe et Etats-Unis ont poussé, en y suscitant des guerres civiles (1991-1999), au démembrement de la Yougoslavie au nom du droit des six peuples slaves dont elle était constituée à disposer d'eux-mêmes, peuples mi chrétiens mi musulmans que Tito avait eu tant de mal à faire vivre ensemble dans la laïcité.

C'est oublier comment l'OTAN a bombardé la Serbie pour en détacher le Kosovo pour en faire cadeau à la mafia islamo-albanaise (1999) avec la contribution active de la France en la personne de Bernard Kouchner promu "gouverneur" du Kosovo.

C'est oublier comment les Etats-Unis, avec les Européens comme supplétifs (Chirac excepté), ont renversé des régimes qui fonctionnaient de façon autoritaire sous l'étiquette socialiste et laïque, en Irak et en Libye, ou soutenu des révolutions qui ont engendré des années de pagaille et des milliers de morts, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, au Soudan.

C'est oublier comment l'OTAN a bafoué ses promesses réitérées de ne plus s'étendre vers l'Est en faisant tout pour annexer les pays limitrophes de la Russie, notamment les pays Baltes, la Bulgarie, la Roumanie...

Poutine a tenu bon en Géorgie, Sarkozy a su négocier avec lui pour calmer le jeu ; il a tenu bon en Syrie, Kerry et Fabius n'en ont rien obtenu ; il tient bon sur la Crimée, et Kerry et Fabius qui se révèlent de bien arrogants et mauvais négociateurs par inculture historique et diplomatique, n'en obtiennent à nouveau rien. Alors ils menacent et montrent les dents, dernier argument des faibles.

Car le problème est là : Obama avec quelque lucidité sait qu'il n'intimidera pas la Russie dont l'armée a retrouvé sa confiance en elle-même et se modernise à toute vitesse : 600 milliards d'euros de crédits militaires sont encore prévus sur les cinq prochaines années, quand les Etats-Unis réduisent leurs budgets militaires.
Quant à l'Europe que Fabius pousse sans cesse à se joindre aux guerres françaises, "combien de divisions ?" aurait demandé Staline, Zéro !
Et ce ne sont pas les quatre avions de Le Drian, qu'il va falloir remettre en état de marche avant de les envoyer en Pologne pour y faire "la police du ciel" qui impressionneront Poutine.

Non plus que les menaces de représailles économiques que brandit Fabius et qui seront plus nuisibles à la France qu'à la Russie. On ne leur livrera pas les trois porte-hélicoptères Mistral en cours de fabrication à Saint-Nazaire ? 1 000 salariés qui perdent un an de travail, la CGT a d'ailleurs déjà manifesté son opposition à cette idiotie.
Et les Russes en représailles ont fait savoir que si les Mistral ne sont pas livrés, il faudra rembourser un milliard d'euros d'acompte et Alsthom pourra se brosser pour la fourniture commandée des rames du métro de Moscou, les Chinois ayant fait savoir qu'ils étaient "prêts à se substituer à Alsthom" a affirmé le directeur russe du projet d'extension du métro.
Sans oublier la possibilité pour la Russie de mettre sous séquestre les 600 entreprises françaises qui travaillent en Russie et celle de couper l'approvisionnement en gaz de l'Europe qui mettrait à genou plus d'un pays, dont l'Allemagne qui produit avec ce gaz 30 % de son électricité et devrait rouvrir en catastrophe ses centrales nucléaires ou multiplier les très polluantes centrales à charbon.

POURQUOI CETTE ESCALADE VERBALE ?


Fabius joue les Matamore, mais s'il avait un brin d'intelligence, ce dont on peut douter par moments, il saurait que l'Europe sans armée et la France sans moyens ne sont pas en position de négocier grand-chose avec Poutine.

Alors, pourquoi Hollande et lui jouent-ils à ce jeu imbécile parce que risqué de fauteurs de guerres ?

Elle est simple : un État se constitue à partir d'une ou d'une série de guerres. De la même façon, un État dont le pouvoir est très affaibli, c'est le cas de la France actuellement, a également besoin d'un ennemi extérieur pour ressouder la cohésion nationale quand elle est mise à mal et risque d'éclater en révolution interne.

Or nous y sommes, avec une France que le communautarisme fracture, une France au bord d'une révolte qui ne se manifeste pour le moment que dans les urnes et par des manifestations pacifiques de familles et de bonnets rouges, mais pourrait se transformer sous peu en vraie révolution.

Umberto Eco a écrit un article sur le sujet (Le Figaro magazine du 22 mars), j'y ai de mon côté consacré un long chapitre, La constitution des Etats par la guerre, dans un livre publié aux Editions universitaires européennes Dictus publishing sous le titre "Guerres indigènes en Océanie" que ceux que cela intéresse peuvent trouver sur Amazon.fr, Morebooks.de, quelques autres sites de vente en ligne, ou consulter à la bibliothèque Dag Hamaskjold de l'ONU.

Maurice D

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