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La Guerre d'Algérie

20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 13:38

 

 

Pour Mme Gisèle PRINTZ,

Membre du groupe Socialiste, Apparentés et Groupe Europe Écologie Les Verts rattaché

L’important c’est d’être systématiquement contre.

Oubliant  que «  L’estime vaut mieux que la célébrité, la considération

mieux que la renommée  ».

Agir de façon partisane sans réflexion, conduit assurément à perdre les deux.

 

 

Madame Gisèle PRINTZ

Sénatrice

LE SENAT

15 rue de Vaugirard

75291 PARIS CEDEX 06

 

Annecy,

Le 20 décembre 2011

 

Madame la Sénatrice,

 

Dans l’avis présenté au nom de la Commission des Affaires sociales sur le projet de loi de finance pour 2012, adoptée par l’Assemblée Nationale, vous écrivez en avant-propos page 8 :

« Les différentes journées commémoratives qui symbolisent, chaque année, l’hommage de la Nation à ses morts, sont l’expression de notre histoire, de notre identité, de notre culture. Si l’idée, singulière, d’y substituer un jour unique, inspiré du « mémorial day » américain, devait se concrétiser, c’est avec force que votre rapporteur s’y opposerait ».

 

Cette « idée singulière » exprimée par le Président SARKOZY est de bon sens ; elle n’a qu’un tort : son origine, l’Elysée ! C’est la raison majeure pour laquelle, Madame, vous  refusez de faire du 11 novembre une journée dédiée à la mémoire de toutes celles et de tous ceux qui sont tombés au service de la Nation. Ce refus est votre droit mais il me semble être plus le fruit d’une position partisane que celui d’une mûre réflexion quant aux iniquités que révèle la mise en pratique du principe de « Mémoire ».

 

L’histoire militaire de la France au XXème siècle est particulièrement chargée de conflits et d’interventions. Aux deux guerres mondiales, ont succédé les deux guerres coloniales d’Indochine, d’Algérie et maintenant les multiples « opérations extérieures » sur les terrains les plus variés des Balkans, du Moyen-Orient et d’Afrique. Ces conflits ont imposé à la Nation de très lourds sacrifices qu’il n’était pas possible d’oublier ; de cette obligation ressentie dès le lendemain de 1918, est née l’idée d’instaurer une journée souvenir dédiée à la mémoire de ceux qui avaient versé leur sang et à la reconnaissance de leurs camarades survivants.

 

Mais les conflits auxquels la France a été confrontée ont été de nature différente et cette disparité fait que les hommes tombés au champ d’honneur n’ont pas tous été honorés de façon égale. Au lendemain des 2 conflits mondiaux de 14/18, 39/45, il a suffi aux législateurs de décréter jour de mémoire et de reconnaissance, le dernier jour de chacun de ces 2 conflits, le 11 novembre pour la 1ère guerre mondiale, le 8 mai pour la seconde en Europe. Par contre, à l’égard des conflits dits coloniaux, le législateur a été bien embarrassé pour décider d’une journée souvenir dédiée aux hommes tombés les uns en Indochine, les autres en Afrique du Nord, principalement en Algérie. Les morts d’Indochine sont passés aux oubliettes, ceux d’Algérie ont été gratifiés, après bien des tergiversations, du 5 décembre, journée sans rapport avec les évènements d’Afrique du Nord ; quant aux hommes tués au cours des « OPEX », on est bien en peine de leur trouver une journée souvenir tant leur mort est dispersée dans l’espace et dans le temps.

 

Peut-on accepter cette différence de traitement pour tous ces serviteurs de la Nation ? Certes pas, et seule une journée souvenir conviendrait au respect de leur mémoire. D’autre part, le temps a fait son œuvre et la participation des survivants aux cérémonies mémorielles se fait de plus en plus aléatoire ; la Grande-Guerre n’a plus de témoin, l’âge des  rares acteurs de la 2ème Guerre Mondiale encore en vie, les éloigne des cérémonies ; l’Indochine et l’Afrique du Nord ont encore leurs combattants mais pour un temps compté seulement. La disparition progressive mais inéluctable des témoins, prive les manifestations du souvenir et d’hommage d’une partie de leur raison d’être ; il n’est donc pas indispensable d’en maintenir la multiplicité.

La disparition des témoins, la réduction du nombre des cérémonies du souvenir à une seule, ne signifient nullement oubli. C’est au système éducatif qu’il reviendra de se substituer aux acteurs disparus et de rappeler ce qu’ont été les conflits qui ont parcouru notre XXème siècle avec leurs cortèges de sacrifices. Il en sera de cette histoire comme il en est du 14 juillet ; c’est l’école qui nous enseigne la signification de cette journée et nous invite à son respect et sa célébration.

 

Une dernière réalité aurait pu, Madame, conduire votre réflexion : la réalité des monuments aux Morts de nos communes ; c’est là que sont réunis les noms de tous nos compatriotes qui ont donné leur sang à la patrie. Erigés dans les années qui ont suivi la 1ère Guerre Mondiale pour perpétuer le nom des martyrs de cette guerre, ils ont accueilli le nom de tous ceux qui les ont suivis au fil des conflits ultérieurs. Ainsi, ces monuments sont devenus le lieu unique de la Mémoire de tous nos morts au service de la Nation. A cette unité de lieu, on pourrait adjoindre l’unité de temps que représenterait la décision de ne retenir qu’une seule journée de souvenir et de commémoration. Cela ne nuirait en rien au respect de notre histoire, de notre identité et de notre culture, comme vous semblez le redouter.

Toujours respectueux des Elus de la Nation,

Je vous prie, Madame la Sénatrice, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Pour le Conseil d'administration

UDC-AFN74

Serge CATTET

 

 

P.S :

L’instauration d’une journée Nationale de Mémoire ne lèserait en rien la célébration du 8 mai. Associant mémoires de la Résistance et de la Déportation, cette date restera celle de la victoire de la Démocratie sur le nazisme.

L’instauration d’une journée nationale de Mémoire ne réduira en rien le droit des individus, des associations, des collectivités, de célébrer l’évènement de leur choix à la date de leur choix.

 

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