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à Fort Barraux
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Michel Delenclos chercheur en Histoire, lecteur assidu de notre blog, a écrit :
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Jean-Marie AVELIN
Président
à
Monsieur François HOLLANDE
Président de la République
Palais de l’Élysée
55 rue du Faubourg Saint Honoré
75008 PARIS*
Objet : Votre discours du 20 Décembre 2012 à Alger.
Lettre ouverte
Monsieur le Président de la République,
Vous avez déclaré, lors de votre discours visé en marge : « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Ce système a un nom, c’est la colonisation, et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. »
Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, car la ville où vous vous trouviez, à ce moment précis, cette ville dont vous admiriez sûrement la somptuosité est l’œuvre des colons français qui l’ont construite de bout en bout et aimée comme ne l’aimeront jamais les Algériens qui l’habitent aujourd’hui, lesquels ont pu devenir des « Algériens » uniquement parce que la colonisation française a pris soin d’eux et leur a construit un beau et prestigieux pays là où il n’y avait que ruines, misère et désolation !
Donc, devant vos yeux se trouvait la preuve que l’œuvre des colons français n’était ni injuste, ni brutale, mais profondément humaniste, et dans cette ville d’Alger, les murs ont dû vous crier la vérité sur l’amour qui l’a bâtie ! Les constructions, et réalisations françaises dans ce pays sont grandioses au point qu’aucun pays arabe ne pouvait prétendre, au moment de l’indépendance, rivaliser, en n’importe quel domaine, avec l’Algérie…
Examinons, l’un après l’autre, les qualificatifs manichéens dont vous avez affublé l’œuvre de nos ancêtres : « injuste » avez-vous déclaré. Vous ignorez peut-être que c’est le concert des nations européennes qui, à Londres en 1816, puis à Aix-la-Chapelle en 1818, incitèrent la France à détruire ce repaire de pirates et d’esclavagistes qui, depuis leur fief d’Alger, régence turque, infestaient la Méditerranée… Vous ignorez aussi les multiples tentatives européennes pour mettre un terme à ce honteux état de fait qui subsistait depuis des siècles ?…
Qui dois-je vous citer pour vous en convaincre ? L’Histoire des Berbères d’Ibn Khaldun (1390) ou bien Voltaire qui s’indignait de voir notre pays s’humilier humblement (déjà !) pour supplier les Barbaresques d’accepter des fortunes en échange de quelques uns des milliers de Français qui subissaient, dans les bagnes, l’esclavagisme, un système profondément injuste et brutal (et c’est un euphémisme !).
La délivrance de 35.000 esclaves européens – dans quel état ! – dont plus de 3.000 Français – n’était-elle pas une raison suffisante pour justifier l’intervention française et le débarquement de nos troupes à Sidi Ferruch ?
Qu’ont découvert les Français sur cette terre de désolation ? Des êtres humains plongés dans une stagnation et une misère indescriptibles ! Les Français eurent beaucoup de mal à les faire sortir, lentement et progressivement, de cette lamentable situation et, bien évidemment, nos vaillants soldats durent, aussi, faire face à de multiples interventions pacificatrices lors de soulèvements tribaux…
Par piété familiale, j’accorderai une attention particulière au Maréchal Bugeaud dont mon aïeul était officier d’ordonnance, car grâce à la perspicacité et à la ténacité de celui-ci, des milliers d’hommes ont alors cessé d’être à la merci de razzias, de pillages, d’exactions de toutes natures… Les soldats-laboureurs de Bugeaud ont fait disparaître le spectre de la famine pour une population, de plus en plus nombreuse, qui voyait avec bonheur ce pays, jadis indigent et désertique, se couvrir de cultures vivrières…
Je pense que vous ne pouvez pas ignorer tout cela et j’en viens à votre second qualificatif : « brutal » qui m’affecte profondément car rien n’est plus attristant que celui qui éprouve, envers sa propre famille, des sentiments de mépris, d’hostilité, voire de haine, et lorsqu’une telle attitude est celle d’un Chef d’État, elle est aussi abjecte qu’inadmissible ! Ainsi, vos ancêtres et les miens n’auraient fait preuve que de brutalité, et ce, de père en fils, durant 132 ans ???
C’est pourtant bien ce que vous avez exprimé par votre discours du 20 décembre à Alger car, en quelque sorte, vous affirmiez, publiquement, le plus odieux des mensonges : « Nous les Français, nous sommes des envahisseurs, brutaux et injustes, et nous avons perpétré, sur des innocents opprimés, des massacres… »… Et vous avez fait cette déclaration inique devant des terroristes ayant massacré, depuis le début de la guerre d’Algérie, « des civils désarmés et innocents, et, de ce fait, s’étant placés, eux-mêmes en dehors de l’Humanité » !!! (Je cite là votre discours sur le terrorisme !).
Dois-je vous remémorer, Monsieur le Président de la République, ce qui s’est passé à l’indépendance, cette curée envers tout ce qui était français ou pro-français – et je n’évoque pas seulement les « Européens », mais tous les Musulmans, qu’ils aient été élus de la nation française, ou soldats engagés pour défendre la France ? De l’aveu même de votre homologue algérien, des douars, des mechtas, vieillards, femmes et enfants compris, ont été entièrement et effroyablement massacrés, parce qu’un seul Harki s’y était réfugié !!! Certains historiens chiffrent ces malheureuses victimes à 150.000, mais jamais nous ne saurons la vérité sur cette sanglante, et ô combien brutale, épuration !!!
Est-ce cela que vous appelez « lucidité » ? Évidemment, il y a eu Sétif, Guelma, et Kherrata, nul ne le nie… Mais vous vous êtes bien gardé de préciser qu’en ces lieux, il s’agissait d’une répression, certes aveugle et disproportionnée, mais justifiée par le fait que la France avait été attaquée au travers de centaines de ses citoyens innocents, atrocement massacrés… Et vous avez poursuivi en disant que la France avait manqué, le 8 mai 1945, à ses valeurs universelles…. La France ? … Comment pouvez-vous être aussi ambigu ? Votre discours du 20 décembre, c’est bien vous qui l’avez prononcé, et non la France qui, depuis des mois, vous crie : NON A LA REPENTANCE ! La répression des massacres de Sétif et Guelma, ce n’est pas la France qui l’a ordonnée, mais bien celui qui a toujours fait couler le sang, français de préférence, et là il fallait nommer clairement l’ordonnateur de cette répression, le Président du Conseil de l’époque : CHARLES DE GAULLE, aussi responsable de la répression aveugle de Sétif que de l’Épuration en France !
Peut-on humilier davantage le pays dont on est le représentant ? Oui, et c’est une performance que vous aviez déjà accomplie, avant de prononcer ce discours calamiteux, en rendant hommage à Maurice Audin, coupable de haute trahison envers la France, traître à son pays en temps de guerre ! A-t-on jamais vu le Chef d’un État rendre hommage à un compatriote ayant collaboré avec l’ennemi, contre son propre pays en guerre ? Combien de soldats français ont trouvé la mort dans ce conflit par la faute de M. Audin et ses semblables ? Même les pires dictateurs n’ont jamais agi de cette manière … Ah ! Oui… Les valeurs universelles de la France ont été bien malmenées, en Algérie, les 19 et 20 décembre 2012, et, malheureusement, par celui qui est censé la représenter, défendre sa dignité et son honneur, mais qui n’a cessé de l’abaisser, de la flétrir et de la souiller…
Vous avez cité des écrivains algériens dont nous ne désavouons pas le talent, mais vous avez, sciemment, oublié le plus célèbre, le plus doué d’entre eux, celui qui rafle tous les prix littéraires à l’heure actuelle, celui dont les qualités de narrateur n’ont qu’un seul défaut : exprimer la vérité !
Alors, juste pour vous rafraîchir la mémoire, j’invoquerai Boualem SANSAL, avec lequel je fraternise depuis longtemps, celui qui affirme à notre déléguée générale Anne CAZAL dont il est très proche : « Tu es plus Algérienne que tous ceux qui vivent dans ce pays ! »… Celui qui a osé écrire, et ce sera ma conclusion : « Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants !».
En vous remerciant de bien vouloir prendre en considération les termes pesés du présent courrier,
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression du respect que je dois à votre haute fonction.
Jean-Marie AVELIN
Le voyage de la contrition ?
Ce voyage n’est pas celui qui réconciliera les Français d’Algérie avec les socialistes ni encore moins avec ce pouvoir algérien se présentant en martyr d’une indépendance acquise seulement... de par la volonté du pouvoir gaulliste, en 1962.
François Hollande va là-bas, fouler le sol de ma terre natale mais avec le sentiment que pendant 132 ans rien de positif ne s’est créé ou produit. Fort de sa conviction de socialiste progressiste nous ne sommes pour lui que des fascistes, des profiteurs d’un peuple. Le Président aveugle oublie l’épopée de ce territoire maghrébin pris en tenailles entre le Maroc et la Tunisie et qui au fil des siècles fut soumis aux envahisseurs Grecs, Romains ou Turcs avant que la France ne libère du joug de l’esclavage les Berbères et les Kabyles sous la lame du yatagan Maure et ne donne aux Juifs la liberté qu’ils n’avaient pas.
Nous sommes hélas dans le temps des socialistes, le temps faux où il faut renier ce que notre civilisation a construit avec la colonisation, en prenant certes, mais en donnant beaucoup. Cela c’est du passé ! Aujourd’hui, faut-il s’excuser et se repentir ? François Hollande est-il prêt à reprendre cette formule épiscopale ? Est-il clairvoyant lorsque ses thèmes de ce temps de la tragédie sont abordés à contresens, à contre-histoire en ignorant le vrai drame de l’Algérie française et de ses habitants face à l’histoire obscure du FLN ?
A ce sujet, que nous proposent nos médias ces jours-ci, en fonction du voyage présidentiel ? Des bouts d’une histoire incomplète où seuls les Algériens sont mis à l’honneur et se plaignent de nous ! Mais qui a vaincu le paludisme et le choléra de cette terre insalubre ? Qui a construit des écoles et donné une éducation à ceux qui deviendront des terroristes ? Pourquoi occulter les crimes, les exactions du FLN dans leurs émissions ? Nos journalistes, sans foi ni loi adoubent au temps des socialistes, acquiescent à la critique hypocrite des Algériens, et à ce jour pas un reportage ne met en relief l’Exode des civils après les tueries et les assassinats des Européens et des Musulmans qui croyaient en la France. Rien, qui évoque la souffrance d’un peuple abandonné et fuyant la mort. Rien des Harkis et de leurs familles, torturés, assassinés dans le bled parce que l’armée gaulliste et je le précise bien, pas l’armée française ni celle qui a fait l’Indochine, les a laissés entre les mains des bourreaux du FLN. François Hollande est-il conscient de notre honte à le savoir rendre hommage à la figure d’un traître à la France, ce triste Audin, suppôt du FLN ? Est-il à ce point obnubilé par son souhait d’humanisme progressiste pour s’incliner sur un sol, une terre, qui a été rebelle et ne veut pas reconnaître sa part de tragédie ?
Je veux bien qu’un jour, la France tende la main au peuple algérien, mais pas à ses dirigeants actuels dont la propagande fait d’une terre, donnée par le gaullisme, une terre gagnée ! Pas à ces anciens tortionnaires de civils chrétiens et musulmans ; pas à ces tueurs de femmes et d’enfants de Harkis qui croyaient en la Nation française.
Je veux bien qu’un jour, nous nous serrions la main, en hommes ! Pas à la manière du Président des Français qui semble se présenter comme un bourgeois de Calais en donnant à la France ce rôle malsain de coupable, comme le démontrent ses gestes sur le 17 octobre 1961 a Paris ou le 19 mars à Evian.
Il y a eu la colonisation, il y a eu l’évolution d’un territoire en friche, puis il y a eu la guerre et ses drames, mais les Pieds-noirs ne sont pas que des fautifs !
Ce pays je le croyais mien ! Nombreux, nous y étions nés et nous y vivions après l’avoir construit ! Pourquoi sommes-nous les proscrits, en Métropole ? Pourquoi cette spoliation de la vérité au profit du mensonge ?
J’ai écouté l’interview de François Hollande à Alger, le 19 décembre... Après les embrassades algériennes, il m’a surpris. Ainsi « ni excuse ni repentance », annonce-t-il. Mais je me méfie... L’attitude reste sournoise comme un piège ! Un pas en avant et un coup d’arnaque avec la reconnaissance de la « manifestation FLN du 17 octobre 1961 », puis un pas en arrière, « non à la repentance ! » à Alger, précédé d’un coup de Jarnac : « la reconnaissance du 19 mars en cérémonie officielle de fin de guerre ! » Qui est-il ce Président de la République influencé par les associations gauchistes qui dénaturent et mentent sur la réalité de ces événements ?
On pouvait croire à un instant de bon sens, de clairvoyance, ce 19 décembre, mais comme d’habitude François Hollande retombe dans ses travers socialo-communistes. Au discours à l’assemblée algérienne le 20 décembre, ce n’est que contrition sournoise qui atténue grandement son « non » à la repentance... « Les souffrances du peuple algérien.... la colonisation atroce... l’agression contre le peuple algérien... la négation de son identité ! » Pourquoi évoquer Sétif et cette légende d’un trop grand nombre de morts ? Des moments de l’histoire colportés et falsifiés pour le plaisir du mensonge et de l’accusation du temps gaullien (le général était au pouvoir), ensuite du temps des colonies !
Cette France socialisante et communisante du doute et de la haine, comme celle de De Gaulle, ne se rappelle-t-elle pas qui l’a sortie des griffes de l’étranger ? A-t-elle si peu de cœur pour ne pas admettre les prouesses de l’armée d’Afrique qui l’a libérée ? Regrette-t-elle de ne pas être esclave ? Il me semble qu’à l’aube de ce XXI e siècle nous y courons avec notre inclination à voir dans l’Orient notre nouveau Messie, financier, économique et spirituel !
En tant que Pieds-noirs, nous nous sommes toujours élevés contre cette faillite du pouvoir ; son laisser-aller inconscient face à un communautarisme envahissant.
Nous avons toujours espéré en une France forte, responsable de son passé et tournée vers un avenir aujourd’hui imprécis. Nous ne souhaitons pas que le pays soit sali par la médisance politicarde, ni celle du gaullisme ni celle de la gauche malheureusement au pouvoir. Quel visage montre en Algérie François Hollande ? Celui d’un Janus ! Il oublie les souffrances des Pieds-noirs, les crimes et les disparitions, il oublie le rôle de cette armée française qui avait vaincu la rébellion et que le gaullisme a emprisonné ; il oublie les musulmans fidèles à la Nation. Comme les journalistes sectaires, il ne parle que des Algériens sans se rendre compte que ce peuple souffre de ses politiciens véreux et enrichis sur son dos.. Face au gouvernement algérien agressif et haineux, nous voulons un gouvernement français ferme et déterminé sur les événements du passé et sur des options sans arrangements pour le présent et le futur !
Il y a maldonne avec les socialistes qui se fourvoient dans l’ambigu sinon la repentance ! Le passé existe mais nous ne méritons pas d’être dans le temps de la flagellation. Il y a longtemps que les Pieds-noirs ont donné leur version de l’histoire et il est temps que les Algériens sortent de leur surenchère mensongère et mémorielle et ne fassent pas du passé de la colonisation le seul coupable des événements anciens.
Un partenariat France-Algérie ? Pourquoi pas, lorsque cet Etat sera libéré de ses démons FLN ; que le pays sera devenu véritablement une nation, ne l’oublions pas... acquise de par la volonté gaulliste en juillet 1962 et non par les armes dont le terrorisme se vante. Un pays indépendant, avec un nom que nous lui avons donné ! Une Algérie indépendante depuis bien moins de temps que nous, les Pieds-noirs, avons habité cette terre.
Un partenariat à venir ? Avec un gouvernement qui reconnaisse son temps des assassinats d’Européens, ses luttes fratricides et les mensonges à son peuple. Un gouvernement algérien non soumis à la dictature en place et débarrassé de la montée d’un islam rétrograde et dangereux.
Est-ce possible que cela ? Oui, dans la mesure où les Algériens feront amende honorable sur un passé qu’ils déforment et que les socialistes se souviendront que la France est une grande Nation !
Robert Charles PUIG / décembre 2012