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La Guerre d'Algérie

8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 14:25

Loi-du-19-mars.jpg

 

edito-decembre.jpg

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 17:30

 

L'exposition : La guerre d'Algérie " une exigence de vérité" qui sera présentée en janvier 2013 au fort Barraux,est déjà annoncée, de très belle manière, dans le journal municipal de Barraux.

Bravo et merci à Mme Magali Bossy, correspondant défense.

 

Journal-de-Barraux.jpg

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 17:48

      Nous étions nombreux en ce matin plutôt froid à Biviers,

pour honorer les soldats "morts pour la France " en Afrique du Nord.

 

Decembre-2012 2606

 

Voir la lettre du Préfet de l'Isère

Voir la lettre du Ministre

 

 

Decembre-2012 2607

Remise de la médaille du TRN ( Titre de Reconnaissance de la Nation )

à   Jean Pierre KOCH.

Pour ses actes de bravoure durant la guerre d'Algérie

et le devoir de Mémoire qu'il assure dans nos écoles.


Decembre-2012 2612

 

Voir l'album photos

 

Decembre-2012 2613

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:50
FNCV
Soldat, le « métier » des armes
Au service de la défense et de la survie de la collectivité

Décidément, nos démocraties - et particulièrement la nôtre - sont bien malades car incapables d’affronter avec responsabilité et dignité certaines réalités.

Alors que la société pourrait, sous l’action militante de certains groupes de pression bien-pensants, s’acheminer vers la légalisation de l’euthanasie, c’est à dire donner la mort à un être humain en fin de vie, non pas finalement pour le délivrer de son calvaire mais bien plutôt pour supprimer le plus vite possible la souffrance morale que certains refusent d’assumer face à la souffrance physique de l’autre, elle récuse à présent - c’est nouveau - la mort de soldats tombés en opérations.

Alors que le lien fort qui existait entre la nation et son armée se délite peu à peu en raison notamment de l’abandon de la conscription, la professionnalisation des forces a rendu nos armées plus vulnérables dans leur relation avec la société civile avec le risque d’être discréditées à tort car considérées dorénavant comme une institution comme une autre, employant des professionnels comme une quelconque grande entreprise du CAC 40.

Bien que le « métier » des armes implique un rôle particulier au service de la défense et de la survie de la collectivité, c’est à dire de la nation, de ses intérêts ainsi que des valeurs qu’elle porte, avec des risques qui sont pleinement assumés par les intéressés, il semble que nos soldats qui tombent en opérations sont désormais passés du statut de héros à celui de victimes. Il est probable que la paix qui règne en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et la construction de l’Union européenne qui a suivi, d’une part, et l’apparition avec la première guerre du Golfe en 1990 de concepts ou d’idées utopiques comme le fameux concept de « zéro-mort », d’autre part, ont faussé la perception de la guerre dans l’opinion publique et contribué à ce refus qui devient obsessionnel aujourd’hui pour certains s’agissant de la mort de soldats en opérations sur des théâtres extérieurs.
On rendait généralement hommage à des héros mais on plaint dorénavant des victimes. Et si ce sont des victimes, c’est que des fautes ont été commises et il faut donc trouver un responsable.

C’est ainsi que les familles de deux de nos héros tombés en Afghanistan, à Uzbin, en 2008, ont saisi la justice en portant plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », initiative malheureuse qui non seulement soulève des questions délicates à la fois juridiques et déontologiques mais qui, de surcroît, pourrait avoir des conséquences dont on ne mesure pas l’étendue sur le plan opérationnel.

Contre l’avis du parquet, la Cour d’appel de Paris a donné son feu vert à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « homicides involontaires » sur la mort de dix soldats français. Comme s’il s’agissait d’un accident du travail provoqué par la faute d’un chef d’entreprise ou d’un chef de chantier négligents en matière se sécurité. En fait, un fait divers comme un autre.

Les juges considèrent donc la plainte recevable alors qu’ils auraient dû la rejeter en se déclarant incompétents, ce qu’ils sont précisément ici car nous ne sommes pas dans un contexte de paix régi par le droit mais dans une situation de guerre, par définition incontrôlable, où s’affrontent avec la plus extrême violence deux camps et dans laquelle le soldat peut, du fait de sa fonction, donner la mort tout en sachant qu’il peut perdre sa propre vie.

Par ailleurs, comment codifier dans le droit des actions qui deviendraient pour le coup suicidaires sur le terrain en appliquant un corps de « règles » que de toutes façons l’adversaire ignore. Nous ne sommes plus au temps des chevaliers. En revanche nous vivons là en plein délire et le citoyen est en droit de se poser quelques questions.
Tout d’abord, quelle compétence et quelles connaissances les juges peuvent-ils revendiquer en matière d’opérations de guerre pour déterminer si une faute a été commise par la hiérarchie militaire ? Et s’il y a eu faute, à quel niveau pourraient-ils la situer ? Au niveau du commandant du dispositif qui se déplaçait sur le terrain, au niveau du commandant du bataillon, du régiment ou de la brigade concernés, au niveau du général commandant les éléments français ?

Par ailleurs encore, il ne doit pas échapper aux juges que nos forces en Afghanistan agissent sous mandat de l’ONU au sein d’une coalition dirigée par l’OTAN qui décide des missions et des moyens à engager sur le terrain quotidiennement. La chose n’est pas simple. Alors permettons-nous une digression. Le chef est toujours responsable, et chez le militaire ce principe est toujours appliqué et assumé contrairement à d’autres milieux. Mais si l’avocat d’une des familles plaignantes a pu affirmer qu’ "on n'avait pas le droit d'envoyer des soldats à la mort sans leur donner les moyens de se défendre, sans leur donner les moyens d'échapper à un guet-apens construit par la négligence, par le laxisme de la hiérarchie" ( !), on pourrait rappeler à ce dernier et à ceux qui pensent comme lui que les armées, et en particulier leurs chefs, obéissent au politique qui décide de les engager sur tel ou tel théâtre de guerre.

Du reste, c’est bien le président de la République qui est LE chef des armées et est donc responsable de leur engagement. Et puis, s’agissant des moyens mis à la disposition de nos forces armées rappelons également que les lois de programmation votées n’ont jamais été respectées et les budgets alloués sans cesse réduits par les élus de la République eux-mêmes. Chacun sait, c’est une constante, que les budgets de la Défense ont régulièrement joué la variable d’ajustement.

Et si nos soldats sur le terrain ne disposent pas de tous les moyens adaptés pour assurer leur sécurité, les politiques n’en sont-ils pas les premiers responsables ? Responsables mais pas coupables ? Alors, faudra-t-il désigner un bouc émissaire, un chef militaire de préférence, décrété coupable par les juges pour endosser une responsabilité qui n’est pas la sienne ? Pas responsable mais coupable tout de même ? Cela serait à l’évidence plus facile que de condamner l’Etat, ou le politique qui n’a pas fourni au chef militaire les moyens adaptés pour remplir sa mission.

D’autre part, cette initiative malheureuse des familles plaignantes n’est pas comprise et est très mal accueillie par nos soldats sur le terrain qui par le biais notamment de l’internet ont qualifié cette démarche d’« injure », de « honte » ou de « traîtrise » à la mémoire de leurs compagnons tombés. Elle marque un nouveau pas dans la judiciarisation des opérations militaires, ce qui posera indéniablement un problème complexe et risque de créer des situations dangereuses pour la vie de nos soldats en paralysant l’action militaire. En effet, dans les situations critiques, on attend des chefs une réaction rapide, parfois instinctive. Ils pourraient à présent être inhibés et être amenés à décider à contretemps, voire à ne pas décider ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques non seulement sur l’intégrité physique de nos soldats mais également sur la crédibilité et l’image de notre armée qui reposent, mais pour combien de temps encore, sur le sens du devoir, le professionnalisme et le sacrifice de ceux qui la servent malgré le manque de plus en plus criant de moyens.

Mais cette démarche inédite des familles qui se retournent contre l’institution militaire pour une action qui relève du « métier » de soldat met en évidence une réalité typique de l’évolution de notre société qui se caractérise par le déni de la mort. Et nous sommes en présence d’une contradiction totale avec l’engagement non pas consenti mais voulu par le soldat. Ce dernier est volontaire et sait qu’en opérations il risque sa vie en remplissant sa mission. Il est peut-être temps, si on veut éviter cette dérive mortelle que constitue cette judiciarisation des opérations pour nos armées, que le politique réfléchisse aux mesures nécessaires pour adapter le cadre juridique aux opérations de guerre pour les dégager clairement du droit du temps de paix.

Enfin, en étant impertinent et donc politiquement incorrect, le citoyen pourrait s’étonner que les juges aient accepté d’instruire une telle procédure, car pour instruire honnêtement à charge et à décharge, comptent-ils convoquer les chefs talibans à l’origine de l’embuscade meurtrière dans laquelle eux-mêmes ont perdu de nombreux combattants ? Envisagent-ils une reconstitution sur les lieux du combat ? La justice, mission régalienne de l’Etat, doit assurer la protection de la société, la sanction des comportements interdits et l’arbitrage des conflits entre personnes. Elle doit donc garantir le respect du droit par tous et sanctionner les infractions à la loi à partir de règles qui s’appliquent dans un Etat de droit et contenues dans le code de procédure pénale.

La guerre n’est en rien concernée par ce code de procédure. La Défense nationale, autre mission régalienne de l’Etat, assure, elle, l’intégrité du territoire et la protection de la population contre les agressions armées. Par ailleurs, en connexion avec notre diplomatie, elle doit être en mesure de remplir des missions qui découlent de nos obligations internationales, notamment sous mandat de l’ONU et qui s’exercent, c’est une évidence, dans un état de non droit qui comporte des risques énormes pour la vie de nos soldats. Alors, de grâce, à chacun son « métier » 

Source : Général (2S) Antoine Martinez

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:02

 


Pièces à conviction n°95 

Mercredi 5 décembre 2012 à 23h10

Syndrome afghan : les soldats oubliés de la France

 



VOIR LA BANDE-ANNONCE


Le stress post-traumatique, ou PTSD est une blessure invisible liée à un traumatisme de guerre. Les symptômes : cauchemars à répétition, agoraphobie et agressivité. Officiellement, ils seraient 400 militaires diagnostiqués PTSD en France, soit moins d’1% des militaires engagés en Afghanistan depuis 11 ans. Un chiffre très bas comparé aux autres armées : ils sont 20% dans l’armée américaine et 3% dans l’armée allemande.

Depuis l’embuscade d’Uzbeen en 2008, l’armée française a pris des mesures pour aider ces soldats malades de la guerre. 

Les équipes de Pièces à conviction ont pu filmer pour la première fois le dispositif de détection du PTSD à Kaboul et à Chypre ainsi que les thérapies mises en place à l’hôpital militaire de Percy. Mais le système de détection n’est pas infaillible. 

Des militaires atteints du stress post-traumatique témoignent de la honte liée à cette blessure, de la souffrance et de la peur du rejet par leurs camarades. 

L’armée française fait-elle tout ce qu’elle peut pour détecter, prendre en charge et manifester sa reconnaissance à ses blessés invisibles ?

Un reportage de Camille Le Pomellec et Caroline Fontaine
Une production TAC Presse, avec la participation de France 3


Sur le plateau de l’émission, Patricia Loison recevra Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la Défense ainsi que Christelle RAVEAU, femme d’un militaire blessé psychique.


Vous pouvez débattre sur Twitter avec le hashtag #paconviction.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 17:28
LETTRE DU GENERAL PIQUEMAL  PDT  DE L"UNPara
  
 
Objet : Cérémonies "Cendres du général BIGEARD" du 20 novembre à Fréjus
 
Message à l'attention des administrateurs et présidents de section de l'UNP
 
Bonjour à tous,
 
Malgré les limitations d'accès dues aux invitations, les contrôles et filtrages prévus, nous avons pu participer avec 40 drapeaux et 180 membres de l'UNP à la grande cérémonie au camp Lecoq le 20 novembre à Fréjus.
Je tiens tout d'abord à exprimer mes plus vifs remerciements à tous ceux qui étaient présents et à leur adresser mes plus vives félicitations. Pourquoi ?
Beaucoup venus de loin ont pris des risques sans être certains de pouvoir participer  afin de rendre un dernier hommage solennel au général BIGEARD.
De plus, la cérémonie étant seulement à midi quinze, l'attente debout était longue et pénible.
Mais, ayant 20 ans dans le cur, les participants de l'UNP ont été dignes, sérieux, imposants et nobles.
Heureusement d'ailleurs que l'UNP était là en nombre, car sinon le général BIGEARD n'aurait pas eu beaucoup de paras à ses côtés pour l'accompagner dans la sépulture où il repose pour l'éternité au milieu de ses frères d'armes d'Indochine.
Ceci étant dit, je voudrais dire que, comme moi, beaucoup ont été choqués par l'allocution du ministre de la défense qui volontairement, bien sûr, en raison des controverses, a occulté totalement la guerre d'Algérie  qui pourtant a vu, pendant plusieurs années, le colonel Bigeard s'illustrer brillamment à la tête de son régiment.
Comment est-ce possible de passer sous silence huit ans de guerre dans laquelle plus de 26000 hommes, dont de nombreux paras, ont donné leur vie pour la France ?
La carrière du général a été ainsi amputée et limitée à la 2e guerre mondiale et l'Indochine pour éviter la guerre d'Algérie. 
Agissant ainsi, le ministre a cautionné les attaques des détracteurs et opposants  du général Bigeard qui avaient déjà réussi à lui interdire l'accès des Invalides.
Il a reconnu implicitement que les adversaires et calomniateurs du général Bigeard avaient raison.
Cette attitude révoltante, choquante et insultante pour tous les combattants d'Algérie et notamment pour les paras des 10e et 15e DP justifie une réaction de notre part.
Aussi, j'écrirai à Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense, pour lui en faire part et manifester notre réprobation et notre indignation.
 
En dernier lieu, je tiens encore à dire à tous ceux qui étaient à Fréjus, combien leur présence a dû combler l'âme du général Bigeard entré définitivement, enfin, au Panthéon des parachutistes.
 
Merci à tous, du fond du cur.
 
Avec ma fidèle amitié para.
 
Général (2S) Christian PIQUEMAL
Président national de l'UNP
 
 
 
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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 06:55
André AUSSIGNAC, originaire de Bordeaux, militaire appelé en Algérie,
Enlevé par le FLN, après l'indépendance,
André Aussignac, 68 ans, appelé du 23e Rima à Alger, a été déclaré disparu le 21 juillet 1962 par l'Armée française.
J'offre ce témoignage à la mémoire de mes compagnons qui ont été sacrifiés.
« Le soir du 21 juillet 1962, j'ai quitté, en uniforme, la Maison carrée (caserne) d'Alger pour aller acheter des cigarettes.

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:16



  Il y a 50 ans l'exode................


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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:05

 

 L’ex-adjudant-chef Guy Raugel comparaît aujourd’hui à Paris devant le tribunal des armées pour le meurtre de Firmin Mahé, un bandit ivoirien selon les militaires français. Guy Raugel est l’homme qui a mis fin aux jours de Mahé en l’étouffant avec un sac plastique lors d’un transfert en véhicule blindé. Aujourd’hui à la retraite, il s’explique.

>
MEURTRE DE FIRMIN MAHE/JUSTICE 
Entretien avec Guy Raugel : "À ce moment-là, la fin justifiait les moyens" 
>
Désormais retraité de l'armée, Guy Raugel attend de s'expliquer devant la cour d'Assises:
>
Quand avez-vous rejoint le 4e régiment de chasseurs ?
En 2000 ou 2001.
Quelles autres Opex aviez-vous faites avant la Côte d’Ivoire ?
J’ai une bonne expérience de l’outre-mer et et de l’afrique en particulier. L’Afrique je l’ai au fond de mes tripes et je fais quelques raids humanitaires.
Etait-ce votre 1re mission en Côte d’Ivoire ?
C’était ma première mission.
Quelle était votre mission en Côte d’Ivoire ?
C’était d’être en appui des forces de l’Onuci, pré-positionnées dans un no man’s land, appelée une zone de confiance entre les forces rebelles et les forces pro-Gbagbo. On était en appui du contingent de l’ONU qui était là pour faire face aux exactions. Mais le problème, c’est que ce contingent était bangladais : des anglophones musulmans dans un secteur francophone chrétien. Vous voyez le malaise qu’il y avait. Comme ce contingent n’était pas à même de remplir sa mission, on s’est retrouvé tout de suite en 1er rideau. On était Français, plus réactifs, les gens se sentaient plus en confiance avec nous. On a eu affaire aux miliciens de Gbagbo - les Jeunes patriotes - venus dans la zone pour la déstabiliser. Je commandais un peloton de reconnaissance sur véhicules blindés légers, qui intervenait sur la moitié d’un département français.
Qu’est-ce qu’un coupeur de route ?
Ce sont des bandits de grand chemin qui violent, pillent et massacrent. Je n’ai su qu’après qu’ils étaient instrumentalisés par le pouvoir pour engendrer un climat défavorable aux forces françaises.
Aviez-vous pour mission d’arrêter les coupeurs de routes ?
Non, notre mission, c’était cette force d’appui au cas où les belligérants voulaient rompre la trêve. On avait cette zone dans laquelle il ne devait pas y avoir d’hommes en armes. Mais il n’y avait pas de police, plus de maire. Plus rien ne fonctionnait. Donc, forcément, les coupeurs de route avaient beau jeu. C’était la loi du plus fort et personne pour les arrêter. Les victimes elles, ne pouvaient se tourner vers personne, sinon elles se faisaient massacrer avec leurs familles. Pour moi, c’est devenu une priorité de protéger la population. Toutes les semaines, on ramassait des femmes violées, des hommes découpés à la machette. Je ne me suis pas engagé pour faire des safaris photos. Liberté, égalité, fraternité, ça me parle. J’ai été élevé dans une famille judéo-chrétienne. Servir une cause noble, c’est pour moi quelque chose d’indispensable. J’ai été scout d’Europe, pompier, militaire. C’est vraiment une vocation. Je ne suis pas rentré dans l’armée pour tuer. Maintenant, si au besoin il faut tuer... On se retrouve mis par nos politiques dans des situations… On s’est retrouvé dans un rôle de police pour lequel on n’est pas formé. On avait ce rôle d’interposition très fou.
Qui était Mahé ?
C’était le chef de bande le plus redouté. On avait du mal à mesurer l’ampleur de ses exactions car les victimes ne pouvaient pas parler, comme il n’y avait ni police, ni gendarmerie pour les protéger. Mahé avait commis les pires exactions. Quand j’ai entendu dire que c’était un gentil plombier, un bon père de famille... Le procès fera toute la lumière sur qui était cet homme-là. Il n’y aura aucun doute sur le fait que c’était le pire criminel de l’ouest de la Côte d’Ivoire Comme il n’y aura aucun doute que l’ordre m’a été donné de remplir cette mission-là. Jusqu’ici je n’en ai pas parlé. J’étais militaire. Maintenant, je ne le suis plus. Le procès arrive.Je peux en parler sans aucune retenue.
Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là ?
J’avais des méthodes efficaces. Les victimes n’allaient pas nous désigner les coupeurs de route par craintes de représailles. J’avais monté un réseau d’indics qui ne se connaissaient pas pour pouvoir recouper les informations. Ponctuellement, je mettais dans mes patrouilles un indic déguisé en militaire français. Ce jour-là, dans la 1re patrouille, j’avais mis le meilleur de nos indics. Il fallait que ça cesse. Les gens allaient au champ la peur au ventre, sans aucune certitude de rentrer le soir. Les femmes allaient au marché en ayant la peur de se faire violer ou tailler à la machette. Ça, c’est la réalité. C’est quelque chose qu’ici on ne peut pas concevoir. On est dans un monde bien confortable et je vais être jugé par des gens qui vivent dans un monde bien confortable. Je vais devoir leur expliquer qu’en Côte d’Ivoire, dans le secteur où j’étais, on est dans un monde où demain ne compte pas parce qu’il faut déjà survivre aujourd’hui. Ça, c’est fondamental. Ça permet d’expliquer que des professionnels comme nous en arrivent à commettre des choses qu’on ne ferait pas normalement. A un moment, c’est le combat du bien contre le mal.

> > L’indic a dit au chef de patrouille, c’est Mahé. Le chef de patrouille est allé discuter avec ce criminel qui était avec sa femme et un jeune afin de l’appréhender tranquillement. Mahé qui n’était pas né de la dernière pluie, a pris la tangente à travers les marais. La patrouille a fait des sommations en tirant en l’air. Mahé a continué à courir, il avait beaucoup à perdre. Le chef de patrouille pour l’intimider a fait un tir au sol et l’a blessé. Moi, à ce moment, j’étais au poste. Je récupérais après une nuit d’intervention.

> > Mahé, on ne savait alors pas s’il était blessé, les comptes-rendus étaient contradictoires. Le capitaine Ricard adjoint de la compagnie cherche à retrouver Mahé. Il demande l’intervention d’un hélicoptère avec une caméra thermique. Ça lui est octroyé. Ils ne le trouvent pas. Mahé, apparemment, était sous l’eau et bien caché dans les marais. Le dispositif est levé avec un dispositif plus léger. Le soir, une patrouille tombe sur Mahé, agonisant en bord de route. Les ordres donnés par le colonel Burgaud sont de remonter le blessé sur mon poste à une quinzaine de kilomètres pour que lui soient donnés les premiers soins, avant de le remonter sur le poste du GTIA, celui du colonel Burgaud.
On m’a appelé au téléphone. Vous vous doutez bien qu’on ne pouvait pas m’envoyer l’ordre par la radio, c’était un ordre illégal. Il m’est dit : vous l’évacuez sur le PCà Man en prenant bien votre temps. Il y avait un ordre implicite derrière tout ça. J’avais besoin d’avoir un ordre clair. Comprenant à demi-mot, je demande : vous me confirmez bien que Mahé ne doit pas arriver vivant ?
Dans ces termes ?
Mais oui. Je suis un soldat, il fallait que je sois sûr de ce que j’avais compris. Il me répond : oui, vous m’avez très bien compris. Et ça s’arrête là. Quand Mahé est ramené au poste, les gens savaient toutes les saloperies qu’il avait faites. Il a fallu mettre de l’ordre là-dedans. On fait embarquer le prisonnier dans mon véhicule blindé léger. Le colonel tenait que ce soit moi qui remplisse la mission, sans doute parce qu’il savait qu’avec moi, elle serait remplie. Mon escorte ne savait pas ce qui allait se passer. Mes soldats ne le savaient pas non plus. Moi-même, je ne savais pas ce que j’allais faire. Je désigne deux soldats, Schnier et Ben Youssouf. J’aurais pu désigner d’autres dans le peloton. Mais n’importe lequel de mes soldats aurait rempli la mission de la même manière. On n’est pas des Pieds nickelés. On est des soldats professionnels.
Vos hommes étaient-ils au courant de qui allait arriver?
Je ne leur présente pas. Je leur dis on amène Mahé sous escorte à Man, Ben Youssouf tu es pilote et Schnier, tu surveilles Mahé. Juste avant de partir, j’ai un nouveau coup de fil pour me donner le scénario. Vous passez le checkpoint et attendez de passer dans le secteur nord, celui des forces rebelles. Vous simulez une tentative d’évasion, et vous lui tirez dessus. Invraisemblable.
Mahé est alors dans quel état ?
Il est inconscient.
Aurait-il pu arriver vivant à destination ?
Je ne sais pas (il le répète plusieurs fois).
Que se passe-t-il dans le blindé ?
Je donne l’ordre au convoi de s’ébranler. On part doucement, respectant les consignes données. C’était la confusion dans ma tête, je ne savais absolument pas quoi faire. Après, ça va assez vite. A un moment donné, je vois derrière le poste du pilote ce sac plastique, un sac poubelle. Et la seule chose qui me vient à l’esprit, c’est : il est inconscient, je l’étouffe, il ne sentira rien, il meurt des suites de ses blessures et je ne veux rien à avoir à faire avec tout ça. C'est une solution qui dégage tout le monde de toute responsabilité, c’est moche, je ne me suis pas engagé pour ça, mais ça permet de régler le problème. On arrive à Man où m’attend le médecin-chef. Mon équipage décharge le prisonnier mort avec l’équipe médicale. Je vais au PCpour dire au colonel que la mission a été remplie. Je tombe sur mon capitaine commandant. Est-il au courant ? Je lui rends compte. Il est effondré. Même si ce n’était pas la solution idéale, au moins j’avais la certitude que Mahé ne ferait plus de mal à personne. Même si cette situation me dépassait complètement, le fait que ce criminel soit mis hors d’état de nuire allait protéger la population. Je suis reparti à mon poste avec mes gars. Je leur ai dit ; ce qui a été fait a été fait. La mission continue. Heureusement, je n’ai jamais eu à recevoir de tels ordres.
Ça ne vous était jamais arrivé ?
Mais non. Ça n’existe pas. Ça peut arriver pour des gens des forces spéciales. Ils m’ont dit : la légitime défense on s’en accommode. Moi, je n’ai jamais été préparé à des missions comme ça.
Vous a-t-on dit de garder cette opération secrète ?
Je ne me souviens plus. Mais certainement. Ça tombait sous le sens. On a forcément conscience que ce qui a été fait n’est pas racontable. De toute façon, on n’en est pas fier. On n’est pas fier de ça. On sait très bien qu’on est allé trop loin. Mais moi, mon désir le plus cher aurait été que ce criminel passe en procès.Mais il n’ira jamais en prison. Il est mort, mais il est libre. Et qui risque de faire de la prison ? C’est moi et mes hommes. Et j’ai fait de la prison pour ça. Et le criminel aujourd’hui c’est moi. C’est moi qui rends des comptes à la justice. Et je comprends, je suis prêt à m’expliquer pour que ça n’arrive plus.
Cet ordre, vous ne vous êtes dit à aucun moment : je ne vais pas le respecter ?
Mais on ne peut pas se dire ça ! On a une telle implication.
Vous comprenez que ça choque. Pourquoi ne pas avoir objecté que cet ordre était illégal ?
Comment on peut dire ça ? A l’armée, un ordre c’est un ordre. Ça ne se discute pas. Sur le coup, cet ordre semblait légitime. Il fallait que ça cesse, d’une manière comme d’une autre. C’était devenu le combat du bien contre le mal. Des ordres illégaux, j’en ai eu pendant quatre mois et demi, des grands et des petits. La légalité, mais c’est une valeur totalement abstraite, une valeur de mec qui a le cul sur une chaise dans le fond d’un bureau, le mec qui est au chaud. C’est facile pour une femme comme Michèle Alliot-Marie de dire : si vous avez un ordre illégal, vous m’appelez. Elle sort d’où cette bonne femme pour dire des trucs pareils ! Eh ! Oh ! Faut se réveiller. On est des hommes sur le terrain. On se pèle le cul, on a peur pour nos hommes, on prend des risques, on est prêts à se prendre une balle dans la tronche pour faire notre boulot. Et notre boulot, on le fait parce qu'on y croit, on a des convictions, on le vit avec nos tripes.
N’y avait-il pas des alternatives ?
On peut en discuter là. Mais sur le coup, quand vous avez ramassé des femmes qui ont été violées, que votre infirmière les a nettoyées, que vous avez ramassé des hommes massacrés, avec les couilles dans la bouche, les doigts coupés, achevés à coups de machette… Toute guerre est moche. Est-ce qu’il fallait le faire ? Bien sûr qu’il ne fallait pas le faire. Est-ce que je le regrette ? Bien sûr que je le regrette. Ça fait 7 ans et demi que je le regrette. Je n’ai pas eu besoin de la prison pour ça. Mais il fallait que ça cesse. Quand vous recevez un ordre comme ça sur le terrain, vous ne discutez pas. Il n’y avait pas de prison. Des criminels, j’en avais attrapé. Vous savez ce qui se passait ? On les remettait à l’ONU ou au Sifpol. Soit ils étaient remis en liberté, soit ils étaient remis aux gouvernementaux qui les remettaient en liberté. Il n’y avait pas de solution. Moi, je me suis engagé pour protéger. Cet ordre-là me disait : là, mec, ça va s’arrêter. Je voulais que ça cesse, mes hommes voulaient que ça cesse, le commandement voulait que ça cesse. Je n’ai pas fait ça pour des médailles ou des félicitations.Ils ont voulu faire un simulacre pour nous remettre des médailles ensuite, j’ai refusé, j’en avais rien à foutre. J’ai fait ça pour que ce criminel soit mis hors d’état de nuire. Je ne voulais pas me salir les mains. Mais là, je me suis sali les mains parce qu’il n’y avait pas de solutions. Et s’il n’y avait pas de solutions, c’est la faute de nos politiques qui nous mettent dans des situations comme ça. Notre secteur en Côte d’Ivoire, c’est là, où se passaient toutes les saloperies. Les forces françaises en Côte d’Ivoire, eux, ce n’était pas le même rythme que nous. Du côté des pro-gouvernements, ils étaient tous les soirs en boîte.Et ceux qui étaient au nord, ils avaient internet, allaient au foyer tous les soirs boire un coup. Moi, j’étais soit en intervention, soit en train d’attendre la prochaine intervention, avec la peur que notre poste soit attaqué. On était derrière notre petit mur pourri, on se demandait : s’ils viennent, allons-nous tirer ? On se disait qu’on allait peut-être être découpés à la machette : voilà la réalité !
J’étais fier de cette mission en Côte d’Ivoire, nous étions utiles : on protégeait la population. La population était anti-française avant qu’on arrive. Quand on est parti, ils étaient heureux. Il y a des gens qui se sont mouillés, qui ont fait une pétition quand on était en prison pour dire qu’il fallait nous libérer parce qu’on les a sauvés. Ils risquaient de se faire découper pour avoir signé cette pétition. La légalité, on ne se pose plus la question. On est dans l’urgence.C’est bien ou c’est mal, ça se pose comme ça. Et l’ordre doit toujours être exécuté, c’est comme ça. On n’est pas des petits fonctionnaires qui ont le droit de retrait. Le chef à l’Armée a tout pouvoir. On nous formate, on nous conditionne pour ne pas remettre en cause les ordres. Un supérieur, il sait quand il donne un ordre qu’il va être exécuté. Il n’y a pas à se poser la question. Ça ne peut marcher que comme ça. Le subordonné a le devoir de réaliser l’ordre donné. Le supérieur est responsable de l’ordre donné. Et là, ils sont où les chefs ? On va me parler d’éthique. Mais moi, je dis que j’ai une éthique. Si ça avait été une initiative personnelle, personne n’aurait été au courant. Et je ne serai pas allé en prison. Mes gars n’auraient pas été inquiétés.Les familles vivraient mieux et il n’y aurait aucun problème et je serai toujours sous-officier d’élite.
Mais je n‘en veux pas à mes chefs, j’ai pitié d’eux, mais aux politiques qui nous mettent dans des situations comme ça. Et c’est eux qui s’en sortent avec les honneurs.
Le général Poncet a eu un non-lieu.
Le général Poncet, je ne sais pas s’il a donné un ordre implicite. Il n’y a que le colonel Burgaud qui peut le dire. On est au pied du mur. L’armée s’en sortira grandie si le chef assume les ordres qu’il donne. J’assume la mission que j’ai remplie. Pour que ça ne se reproduise pas, ce n’est pas les chefs qu’il faut mettre en prison, c’est les po-li-ti-ques qui nous mettent dans une situation comme ça.
Vos hommes vont comparaître à vos côtés.
Ce n’est pas normal. Si quelqu’un doit rendre des comptes, c’est mes chefs en tant que donneurs d’ordres et moi en tant qu’exécutant. Mes hommes, c’est aussi mes fils. Au même titre que le colonel, c’était mon père, et on ne désobéit pas à un père. Ce lien de filiation existe vraiment. Sinon, comment demander aux gens d’aller au sacrifice suprême ?
Craignez-vous de repartir en prison ?
Bien sûr que j’ai peur de repartir en prison ! Et j’ai peur que mes soldats aillent en prison pour avoir rempli la mission qu’on nous a ordonnés de remplir. Entre eux et moi, c’est à moi d’y aller. J’ai passé sept mois de taule à la Santé avec un voisin nommé Emile Louis. Est-ce que je suis Emile Louis ? J’espère avoir payé ma dette à la société. Ce que j’ai fait, on n’aurait jamais dû avoir à le faire. Sur le terrain, on ne peut pas avoir le recul. Moi j’étais dans une situation de guerre. Pour moi, celui qui doit aller en taule, c’est le donneur d’ordres. On n’est pas dans la mafia, là ! On me demande de remplir la mission, je l’accomplis. C'est le chef qui est responsable.
Pendant un an après que Mahé a été mis hors d’état de nuire, il n’y a plus eu de victimes. Combien ont été épargnées ? Il y a quelque chose qu’on ne peut pas mesurer non plus. C’est la souffrance des familles. La famille, elle n’a pas reçu l‘ordre.Et la famille, elle trinque. La mienne, celle de mes subordonnés. Et eux, ce sont des putains de mecs bien. J’espère la clémence d’un jury populaire. Je pense qu’on a des circonstances atténuantes.
Qu’attendez-vous du procès ?
Qu'on me demande des comptes, je trouve cela normal. Les chefs devraient avoir les couilles de dire que les politiques n’ont pas le droit de nous mettre dans des situations comme ça. J’attends que la justice mette le doigt là où ça fait mal. Moi, ça me fait mal depuis sept ans et demi. Je le supporterai.
Votre histoire pose la question de l’ordre dans l’armée. Peut-on ne pas l’observer ?
Je me suis dit : l’ordre est illégal, oui, mais il est cohérent. Quand on est dedans, on n’a pas le recul nécessaire. A ce moment-là, la fin justifiait les moyens.
Et ramener Mahé vivant au colonel Burgaud ? N’était-ce pas une alternative ?
Vous raisonnez comme un journaliste. Je ne vois pas les choses comme ça. Je suis un guerrier. J’étais dans une situation de guerre sans qu’on me donne les moyens de remplir cette mission. Je ne suis pas dans votre démarche intellectuelle. On m’a appris à faire la guerre. On nous conditionne pour aller au bout de l’engagement. Quand on me donne un ordre, savoir si c’est bien ou c’est mal, je peux le mesurer. La question de la légalité, quand je suis impliqué sur le terrain, je ne sais pas faire et je ne peux pas faire. Si on nous sort du contexte : bien sûr que je vous dis, c’était la pire des conneries à faire. Mais je le dis face à vous, aujourd’hui. En situation, n’importe lequel de mes soldats aurait fait la même chose.
Avez-vous été sanctionné dans l’armée ?
Quand je suis sorti de prison, on m’a repris au même grade. On ne m’a pas donné de commandement. Et j’ai été affecté à la communication. C’est lorsque les médias ont parlé d’un renvoi devant la Cour d’Assises que le général Istarloza, chef d’état-major de l’Armée de terre a demandé la tenue d’un conseil d’enquête au sein du régiment. Et quatre membres sur cinq de ce conseil ont demandé qu’il n’y ait aucune sanction. Jje suis parti en retraite avant qu’on me sanctionne.
Comment avez-vous tenez le choc jusque-là ?
Ce qui m’a aidé, c’est ma foi. Le fait que je n’ai jamais douté de qui j’étais. Et mes hommes. Ils ne m’en ont jamais voulu de les avoir mis dans la merde. J’ai un devoir vis-à-vis d’eux : celui d’assumer.
A lire aussi
P. Pascal FREY
Aumônier militaire catholique
> Base de Défense de Nancy
> Base Aérienne 133
> CS 40334 - 54200 Toul Cedex
> 03 83 52 66 28
> 06 21 51 12 93

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:18

 

Amicale des Anciens du "8" et du "7"

Général F. CANN

Président

 

le 21 novembre 2012
LETTRE OUVERTE

A ceux qui

FERAIENT MIEUX DE LA FERMER

 

et en particulier à Monsieur Fischer,

Sénateur communiste des Bouches du Rhône

 

 

Nous venons enfin de donner une sépulture décente au général Bigeard, l’un des plus grands soldats que l’Armée française s’honore d’avoir eu dans ses rangs. 

 

J’ai servi en Algérie comme lieutenant sous les ordres de ce grand chef que nous sommes des millions de frères d’armes à admirer.

 

Je viens d’apprendre que vous vous étiez répandu en propos injurieux à l’encontre de ce chef prestigieux.

 

Qui êtes-vous donc pour vous permettre de telles vilenies sur une personne que vous m’avez probablement jamais rencontrée … ?

 

Vous êtes sénateur ? et alors ? Communiste qui plus est !

 

On croit rêver. Malheureusement, il s'agit d'un mauvais cauchemar de vous voir ainsi paraître en moraliste innocent, vous qui avez soutenu et continuez de soutenir une idéologie qui, depuis 1917 et jusqu'à aujourd'hui, porte la responsabilité de cent millions de morts.

 

X

 

Au moment où éclate en 1957 ce qu'on appelle la "bataille d'Alger" vos séides se sont déjà tristement distingués. En avril 1956, l'aspirant Maillot, membre du parti communiste algérien détourne un camion militaire et livre au F.L.N. 263 armes en tous genres et leurs munitions.

 

En août de la même année, Yveton, employé communiste de l'E.D.F.-G.D.F. locale, pose une bombe à l'usine à gaz d'Alger. Il est fort justement guillotiné au mois de février suivant.

 

Et pendant ce temps-là en Europe les chars soviétiques dévastent Budapest et écrasent dans le sang l'appel à la liberté des Hongrois.

 

Vous souvenez-vous de l'été 1954 où l'Indochine nous rend des fantômes hagards, exsangues, décharnés qui, pour nous rejoindre, doivent enjamber les milliers de tombes des leurs assassinés dans les camps de "ré-éducation" par les commissaires politiques vietminh et français de vos amis… au motif de ce que vous appelez alors une guerre injuste.

 

Et les grèves de Berlin-Est et de Postdam qui laissent sur le pavé trois cents ouvriers hachés à la mitrailleuse des chars T 34 pour avoir osé demander une augmentation de salaire ?

 

 

Oseriez-vous évoquer la mascarade des procès staliniens d'Europe Centrale (Lazlo Rajk en Hongrie, Mazaryck et Benes à Prague),  alors qu'au même moment plus de trois mille soldats de l'O.N.U., essentiellement américains, prisonniers des Nord-Coréens, disparaissent dans les camps sans avoir jamais laissé de traces ? Et les goulags en Sibérie devenus l'interminable cimetière de millions de prévenus politiques ? Et les purges de Staline où, les maires étaient tenus de fournir un pourcentage de leurs concitoyens à fusiller ; comme nous, vous avez lu ces pauvres listes de victimes expiatoires offertes à un holocauste idéologique.  Ne nous dîtes pas que vous ne le saviez pas !

 

Vous nous trouvez ringard de remonter ainsi dans le temps.  Alors revenons à l'Algérie et dîtes-nous ce que sont devenus nos harkis, ces braves volontaires qui avaient cru en la France et qui furent ébouillantés, empalés, déchiquetés.

 

 

Dîtes-nous ce que sont devenus les 2993 (chiffre officiel) Européens disparus sur leur terre algérienne entre 1954 et 1963 et dont les familles resteront à jamais sans nouvelle.

 

Et 1968 ? Vous souvenez de cette année où vous jouez facilement aux "héros" dans les rues de Paris pendant qu'en Tchécoslovaquie les chars russes écrasent le printemps de Prague et qu'en Chine la révolution culturelle élimine par centaine de milliers les "affreux bourgeois".

 

Faut-il évoquer ce 30 avril 1975 qui voit le départ du Vietnam du dernier Américain, ce qui fait titrer à l'un de vos journaux préférés "Saïgon libéré". Quelle libération, dîtes-nous !  En avez-vous parlé aux boat people ? Vous auriez eu du mal, la plupart d'entre eux ayant disparu en mer de Chine dans leur fuite éperdue vers la liberté pour échapper au communisme.

 

La même année, vous avez indécemment applaudi à l'entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh.  Quatre ans plus tard, on ne vous a pas tellement entendus, lorsque le voile s'est levé sur une des pires abominations de l'humanité : un habitant sur six massacré parce qu'il savait lire, écrire et compter un peu plus que les autres.

 

X

 

Il est facile dans l'absolu de condamner la torture, cette "souffrance physique que l'on fait subir à quelqu'un" (Larousse).  Qui ne le ferait pas ?  Seulement il se trouve que la guerre ne se fait jamais en théorie et dans l'absolu ; elle est contingente, par essence ; les décisions et les actions qu'elle génère ont toujours des circonstances particulières, sans cesse renouvelées.

 

J'étais lieutenant au 3° R.P.C. du colonel Bigeard.  Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous quittions le djebel pour venir à Alger suppléer une police défaillante.

 

Qui nous lançait dans cette galère ?

 

Le général Massu dîtes-vous ? Que je sache, il ne s'est pas approprié les pleins pouvoirs de police. Un ministre les lui a donnés, le même, sans doute, qui avait suggéré l'engagement des forces armées dans les opérations de maintien de l'ordre, avant le rappel de nos réservistes en mai 1956 et le maintien pendant trente mois sous les drapeaux de ce brave contingent de la classe 54/2/b.

 

Cet été 1957, l'ambiance à Alger est éprouvante. Deux bombes viennent d'exploser, l'une en centre ville au bar-restaurant le Coq Hardi et l'autre sur la corniche, au Casino, déchiquetant des dizaines de jeunes pieds-noirs. Une psychose de terreur frappe les Algérois.  Où et quand explosera la prochaine bombe ? Angoisse collective. 

 

Par chance, une compagnie voisine met la main sur un suspect qui avoue appartenir au réseau des poseurs de bombes et révèle que le stock en réserve comprend 52 engins dont quatre viennent d'être posés quelque part dans la ville et activés. Puis-je en vouloir à mes camarades d'avoir bousculé cet assassin afin d'en obtenir des aveux précis ? Trois bombes ont pu être désamorcées, la quatrième explose au moment de l'arrivée des parachutistes tuant un caporal. Les 48 autres engins de mort peuvent être récupérés, ce qui donne l'occasion au ministre de féliciter notre chef de corps, le colonel Bigeard.

 

Comme dit le père Cordier " il est des cas où le mal est nécessaire dès lors qu'il évite le pire". Combien d'innocents les 51 bombes restantes auraient-elles tués ?

 

Personne n'a le droit de demander à ces soldats de se repentir pour avoir accompli une action salutaire, même si dans l'absolu elle était condamnable.

 

Personne, en tout cas pas vous, les communistes. Vous êtes disqualifiés depuis 1917, date de création de la Tcheka, la sinistre police politique de Lénine qui, de façon industrielle, torturait des gens, non pas parce qu'ils posaient des bombes, mais parce qu'ils ne pensaient pas comme eux.

 

L'un de vos inspirateurs, Jacques Duclos, pas très grand par la taille ni par l'esprit mais immense par la haine, a dit en 1947 : "Notre devoir est de combattre l'Armée française partout où elle se bat".  Il a tenu parole.

 

Et vous, aujourd'hui, vous déterrez la hache de guerre !

 

Nous en prenons acte !

 

J’ai pris, pour vous écrire, l’attache de président des Anciens du 8ième R.P.I.Ma dont 395 des leurs ne sont pas revenus des geôles communistes du Tonkin où vos « coreligionnaires » les avaient laissés mourir de faim et de manque de soins.  La plupart de ces jeunes Français n’avaient pas vingt ans.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l’assurance des sentiments  qui vous sont dus …. ceux du mépris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à : Monsieur Fischer

     Sénateur des Bouches du Rhône

 

Pour information :

Monsieur Pastor

Sénateur du Tarn

 

En 1990, après la chute du mur de Berlin où j’exerçais les fonctions de chef de gouvernement militaire français de la ville, j’ai pu vérifier l’exactitude de ces faits en ayant eu accès aux archives de l’armée est-allemande.

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