Le Point
Par Jean Guisnel
Si tout s'est passé comme le président de la République l'avait annoncé le 14 janvier sur le Charles de Gaulle, Jean-Yves Le Drian a remis dimanche soir au plus tard sa copie sur le "ralentissement du rythme des baisses d'effectifs". François Hollande a dit qu'il prendra sa décision le 21 janvier, après un Conseil de défense. On a bien compris lors de sa déclaration qu'il ne revient pas sur la suppression de 18 300 postes qu'il avait décidée pour les trois années budgétaires 2016 (7 500), 2017 (7 300) et 2018 (3 500). Mais il demande que leur réduction se fasse moins vite que prévu. C'est-à-dire ? Les explications manquent toujours.
Concrètement, prenons comme hypothèse que François Hollande ait en tête de conserver pour quelque temps 2 000 postes par an, soit 6 000 en tout. Sachant que chaque poste militaire coûte en moyenne 40 000 euros par an, cette mesure coûterait environ 250 millions d'euros. Au regard d'un budget de 31 milliards, ce n'est pas énorme. Mais, sauf à mettre la loi de programmation militaire cul par-dessus tête, ce n'est pas finançable en l'état. Et où prendra-t-on l'argent, sachant qu'il manque déjà 2 milliards d'euros pour financer le seul budget 2015 ? François Hollande répète régulièrement et publiquement que le budget est "sanctuarisé" à 31,4 milliards d'euros par an, ajoutant que "tous les projets qui sont prévus par la loi de programmation militaire en 2015 pourront se concrétiser. Je pense à la commande des douze avions ravitailleurs MRTT pour l'armée de l'air, au lancement du grand programme Scorpion pour l'armée de terre, à la rénovation de onze ATL2 et à la commande de bâtiments de soutien et d'assistance hauturiers pour la marine, ainsi que d'une centaine de véhicules pour les forces spéciales ; tout sera exécuté comme il est prévu".
Résumons : le budget 2015 n'est pas financé. Il manque 2 milliards d'euros, au moins, que des "ressources exceptionnelles" - produit de la vente de fréquences radio aux opérateurs de télécommunications - devaient apporter et qui ne seront pas au rendez-vous. Comment seront financées les nouvelles charges voulues par François Hollande ? Mystère. Le Journal du dimanche croit savoir que les nouvelles dépenses des armées seraient couvertes par des crédits supplémentaires de 500 millions d'euros, financés avant l'été par un collectif budgétaire. Qui servirait aussi à abonder les opérations extérieures, qui avaient coûté 1,2 milliard de plus que prévu en 2014. L'observateur commence à se gratter vraiment le crâne, d'autant plus que les politiques du ministère de la Défense évoquent, pour régler à tout le moins les problèmes budgétaires de l'année en cours, la constitution des très acrobatiques "sociétés de projet". Le principe consisterait à revendre des matériels de combat à des sociétés privées constituées pour l'occasion. Celles-ci fourniraient donc le cash permettant de boucler le budget 2015, en se faisant payer ensuite un loyer pour la mise à disposition de ces matériels. Mais s'ils ont reçu l'appui de l'Élysée, ces projets font face à deux adversaires de taille qui contestent la pertinence de ce choix, Bercy et les armées.
Au ministère des Finances, qui ne s'exprime pas sur le sujet, on souligne néanmoins que les emprunts souscrits auprès de ces hypothétiques sociétés de projets seraient intégrés dans la dette de la France, aggravant donc son déficit. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas attribuer à la Défense les fonds nécessaires à partir du budget de l'État, sans autre forme de procès ? Le silence des armées est aussi assourdissant. Mais cela n'empêche pas la Grande Muette d'être vent debout contre ces sociétés, dont le principe consiste, selon une formule entendue récemment, "à mettre nos Rafale au mont-de-piété et nos frégates au clou ! Si ça arrivait, ce serait de la cavalerie totalement inconsciente !" Les critiques portent d'abord sur les conditions financières qu'imposeraient ces sociétés : les loyers seraient assortis de frais financiers énormes, certaines sources évoquant des taux considérables "plus près de 10 % que de 1 %". De plus, ces sociétés seraient nombreuses, une par type de matériels, "en créant des postes d'appontage pour des amis politiques, payés à prix d'or sur le dos des armées", s'indigne un officier. Les militaires sont également rétifs à s'engager au combat avec des matériels qui n'appartiendraient pas à l'État, refusant que ces engins soient entretenus dans les zones de combat par des entreprises privées. Bref, ils n'en veulent pas...
Opérations intérieures avec Vigipirate, opérations extérieures qui ne sont pas parties pour être revues à la baisse : la quadrature budgétaire de la défense n'est pas près d'être résolue. Sauf bien sûr si François Hollande annonçait, mercredi, les décisions que les armées attendent ! Aujourd'hui plus que jamais, l'argent est le nerf de la guerre.
C'est le seul moyen trouvé par le Ministère de la Défense pour parvenir à boucler son budget 2015 !
On connaissait le leasing pour les véhicules automobiles. Il faudra désormais s'y faire pour les navires de la Marine Nationale !
Confronté à de grosse difficultés budgétaires et à son incapacité à tailler dans les dépenses publiques, la France fait preuve d'une grande ingéniosité financière quand il s'agit de trouver - à court terme - des nouvelles rentrées financières, et après les hausses d'impôts qui ont asséché la classe moyenne et fait partir les plus fortunés, les services de Bercy sont en train de se surpasser pour ce qui concerne le budget de la défense.
Car question budget, la Défense Nationale peut se targuer d'être le seul ministère à réaliser de sérieuses économies depuis des années, avec des effectifs qui ont fondu de 7881 postes en 2014, tandis que les missions extérieures ne cessaient de croître.
A telle enseigne d'ailleurs que dans le domaine des dépenses militaires, la France pointe désormais derrière l'Arabie Séoudite !
La Loi de Programmation Militaire LPM en cours a vu le budget de la défense amputé en 2014 de 1.7% de ses rentrées, à 29.6 milliards. Pour 2015, il s'établira à 31.4 milliards d'euros, soit 29.1 milliards, de crédits de paiement et 2.3 milliards.... de rentrées exceptionnelles, notamment la cession de fréquences hertziennes et la vente de biens immobiliers....
Le seul hic dans toute cette belle construction réside justement dans les rentrées exceptionnelles car la cession des fréquences hertziennes ne devrait pas intervenir avant la fin de l'année !
concrètement, il manque donc près de 2 milliards d'euros à Jean-Yves le Drian pour payer ses troupes, mettre de l'essence dans les jeeps, payer des gilets pare-balle des soldats et le carénage des bâtiments de la Marine Nationale...
C'est dans ce contexte que les services de Bercy ont eu l'idée de céder le matériel de l'armée à des sociétés de projet (SPV : special purpose vehicles) qui le relouerait à la défense, pour un montant supérieur, l'armée en redevenant propriétaire à la fin du contrat, via une option d'achat, dont le montant pourrait révéler des surprises d'ailleurs, la tendance pouvant être forte de minimiser les loyers pour doper cette dernière, et refiler ainsi l'eau du bain... au gouvernement suivant !!
Il est à noter que les SPV ne seraient pas chargés de l'entretien, entretien réalisé par l'échelon traditionnel, et se contenteraient donc de la prestation de location.
Dans le domaine de la Marine Nationale, tous les bâtiments pourraient être ainsi vendus, à l'exception des sous-marins nucléaires et des unités stratégiques utilisés pour des opérations extérieures, sachant que la simple vente d'un avion de transport Airbus A400M pourrait rapporter 150 millions d'euros (facturés 168 millions par les constructeur à la France..).
Combient vaut donc chaque bâtiment de la Royale ?
Selon nos informations, une cellule de chez DCNS travaillerait sur ce dossier depuis la mi-novembre, notamment pour ce qui concerne les Fremm, les frégates multimissions dont le dernier exemplaire à réceptionner par la Marine Nationale, la Fremm Normandie... pourrait être vendue à l'Egypte, avant même que d'être rentrée en service, une vente bienvenue pour DCNS mais onéreuse pour la LPM !!
En attendant, les obstacles juridiques sont nombreux à lever avant le mois de juin, date butoire de la mise en place de ces SPV, avec une question à la clé : leur capital sera t-il ouvert à des investisseurs étrangers ?
En bref et pour faire simple : le Qatar va-t-il directement financer l'armée française ?
Qu'il est décidément difficile de vivre au dessus de ses moyens...
iFRAP
Suite aux attentats terroristes récents le gouvernement a demandé au ministère de la Défense (MINDEF) de déployer un volume de 10.000 personnels dans le cadre du plan VIGIRATE. Une décision en accord avec le projet de loi de programmation militaire 2014/2019 qui précise : "En cas de crise majeure, elles doivent pouvoir renforcer les forces de sécurité intérieure et de sécurité civile, avec un concours qui pourra impliquer jusqu’à 10 000 hommes des forces terrestres, ainsi que les moyens adaptés des forces navales et aériennes.". C’est donc l’armée de terre [1] qui fournit le gros des effectifs affectés non seulement à des patrouilles mobiles (transport public,…) mais aussi à la protection d’emprises publiques et privées (écoles confessionnelles, lieux de culte…). La question à poser maintenant est la suivante : alors que le volume de déploiement en métropole est désormais atteint (en adéquation avec la loi de programmation), si jamais nous avions besoin de plus de 10 000 hommes en métropole, nos forces de souveraineté des DOM-COM pourraient-elles être déployées ? A l’heure où le Président de la République parle à juste titre de décélérer le rythme de réduction des postes dans la Défense, le sujet est plus que jamais d’actualité.
Notre assemblée générale aura lieu samedi 31 janvier
Le lien ci-dessous permet d’accéder à la note d'information et d'invitation vous donnant toutes les informations utiles.
Faisant suite à l'AG un repas dit "de cohésion " est prévu , les personnes intéressées doivent retourner le coupon-réponse où figure le choix du menu, avant le 27 janvier à Raymond Chevallier avec le règlement correspondant.
Ce repas de l'assemblée générale est toujours un moment des plus conviviaux qui permet aux uns et aux autres de mieux se connaitre et d'échanger tout en appréciant un bon repas.
« Permettez-moi donc d’attirer votre attention sur certains aspects de cette affaire qui me semble faire perdre la tête à beaucoup. Ces journalistes et particulièrement ces dessinateurs ne respectaient rien, rien sauf ce qu’on leur disait de respecter. Ainsi, jamais de leur part une caricature ridiculisant la shoah, les Noirs (ou autres races non blanches), la démocratie, les homosexuels, dénonçant l’avortement et ses 200 000 morts par an etc.
Leurs attaques, et ce depuis trente ans pour certains (j’ai des souvenirs précis), n’ont porté que contre les « valeurs bourgeoises» qu’en bons trotskistes pour une bonne proportion d’entre eux, ils « combattaient ». Ils n’ont donc cessé d’attaquer l’Église catholique, ses prêtres, ses fidèles et plus grave (très récemment encore) ce qu’elle a de plus sacré comme la Nativité. Souvenez-vous aussi du dessin des deux prêtres en train de se sodomiser à l’occasion des numéros sur la « manif pour tous » et j’en passe.
De leur part en revanche, un silence de mort (au sens propre), des dizaines d’années durant, à propos des crimes du communisme et de la post décolonisation etc.
Pendant des années, de trop nombreuses années, rien contre l’islam, dont le message intrinsèquement violent (lisez certaines sourates comme la 4e, la 5e, la 9e par exemple) était systématiquement occulté. Je pourrais continuer ainsi longtemps pour vous dire que ces personnages ne sont pas les espèces de saints laïcs que l’on est en train de nous ériger en exemple.
Il est cependant tout aussi évident qu’ils ne méritaient pas d’être lâchement assassinés comme ils le furent ! Il nous faut donc prier pour le repos de leur âme, l’attaque dont ils ont été la victime est une attaque contre l’Occident en tant que tel et non « en soi » contre la démocratie ou les « valeurs de la république », du moins si l’on croit en Dieu, ce qui n’était pas leur cas mais n’a jamais empêché ce dernier d’exister. Au demeurant ceux qui en parlent sont incapables de le définir sans tomber dans d’insolubles contradictions (nous pourrions en parler longuement).
Comme je l’ai écrit dans un papier qui a eu malgré moi un grand retentissement, il faut se poser la question des amalgames et se demander combien de Chrétiens Chaldéens ou Syriaques se sont fait sauter dans des mosquées d’Irak. La réponse est : aucun. Et ce pour une raison simple et irréfragable : aucun chrétien ne peut s’appuyer sur un texte religieux prônant la violence, car il n’y en a pas. C’est le contraire dans l’islam.
Autrement dit (et j’en parlais récemment avec l’aumônier musulman de la 198e session, qui en était fort embarrassé) s’il exista ou s’il existe des chrétiens violents et criminels, ce fut MALGRÉ les textes sacrés du christianisme. A contrario nous savons qu’il existe des dizaines de millions de musulmans pacifiques, et ce MALGRÉ une partie des textes sacrés de l’islam, dont les hadiths, qui sont encore plus violents que le Coran.
Tant que cette question n’aura pas été réglée, on sera dans le « choc des civilisations », qui dure depuis 1400 ans mais est nié précisément par tous les amis de « Charlie ». Et cette question ne sera pas résolue car seuls les musulmans le pourraient, si elle l’était. Or ils ne la résoudront pas car ils ne le peuvent pas.
Rappelons-nous en effet la définition (musulmane) du Coran : (je cite) « Le verbe incréé de Dieu transmis au Prophète Mahomet par l’ange Gabriel ». Ceci veut dire que l’on ne peut pas en changer une virgule et, plus outre en islam sunnite (90% des musulmans), la recherche théologique s’est arrêtée au XIe siècle avec ce que l’on appelle « l’iIjtihad ».
Telles sont les données du problème.
Par conséquent tous ceux qui parlent d’un « aggiornamento » de l’Islam ne le connaissent pas ou sont des « idiots utiles », comme le disait Lénine.
Quant à moi donc, et vous l’aurez compris, pour de multiples raisons je ne serai jamais « Charlie » et pense que cet horrible attentat n’est que le début de la guerre intérieure qui ravagera ce qui reste de notre civilisation. Je suis d’autant plus pessimiste sur la suite des événements que nos « élites politiques » refusent de voir le problème dans ses racines. Ignorance ou complicité ? Je l’ignore. Bêtise, peut-être, car cette invasion islamique de l’Occident est leur œuvre consciente, toutes majorités confondues depuis quarante ans.
Terminons sur une petite remarque : Zemmour a subi les foudres des censeurs pour avoir attiré l’attention de nos concitoyens, entre autres sur ce problème. Il a été chassé de chaines de TV et de radio. Je n’ai pas entendu dire que les « défenseurs de la liberté d’expression » de Charlie Hebdo et d’autres « grandes consciences » aient pris sa défense ! Cela montre le degré de leur honnêteté intellectuelle.
Et puis, posons-nous la question : si les tueurs avaient attaqué « Minute » ou « Présent », aurions-nous eu droit à ces déclarations fustigeant « une attaque au cœur de la république » ? Non, bien sûr, et vous le savez !
J’ai en revanche souvenir de cette voix ministérielle déclarant à la fin de la semaine dernière : « Zemmour ne dénonce pas un problème, c’est LUI le problème ». Mes amis, ne pensez-vous pas qu’il a y là matière à réflexion ? Pour le moins ? »
texte surligné en gras par E.D.
La Saint-Cyrienne
Le monde est complexe et dangereux.
Il est loin des blocs que nous avons connus des décennies durant, aussi bien que de la fin de l’histoire que l’on nous annonçait voici vingt ans, et encore plus loin de la paix définitive qui aurait permis d’engranger les dividendes de la paix chers à des hommes à la courte vue.
Ce monde, notre monde, reste dangereux. Comme les prophètes que personne n’écoutait dans les années 1930, je ne cesse de dire que le décuplement des dépenses militaires en Extrême-Orient depuis dix ans devrait nous inciter à mieux surveiller les diminutions insensées que subissent les nôtres. Dans l'Histoire en effet les mêmes causes produisent les mêmes effets et il y a donc tout à craindre des abandons qui se produisent chez nous.
Mais encore faudrait-il voir le monde comme il est et non comme beaucoup voudraient qu’il soit.
Méfions-nous du prêt à penser. Il est presque toujours faux et ordonné à des fins peu recommandables.
http://www.saint-cyr.org/fr/le-general-lalanne-berdouticq-a-l-i-h-e-d-n-%2carticle-534.html