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La Guerre d'Algérie

19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 15:55

 

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Le Secrétaire: Jacques Bouissou

jacquesbouissou@hotmail.com

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:36

En avant première, l'article qui sera publié dans la Voix du combattant et Générations combattantes.

 

LE CONFLIT ALGERIEN

Histoire et Mémoire-cinquantenaire d’une séparation

 

Journée d’études organisée le 13 Novembre 2012 par l’UNC du Dauphiné, L’Institut de sciences politiques de Grenoble et la Fédération des Soldats de Montagne.

Dès Novembre 2011 Hubert Bornens Président de L’UNC-UDC74 demandait à l’UNC Dauphiné d’entreprendre en Isère une série d’actions afin de commémorer dans l’impartialité et la vérité historique le cinquantenaire de la fin de la tragédie algérienne.

Le lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin, directeur scientifique du projet et membre de l’UNCD, réunissait alors un « casting » prestigieux d’intervenants. Au terme d’une année de travail cette journée d’étude s’est déroulée dans un amphithéâtre comble, sur le campus de Grenoble, devant un parterre d’étudiants, d’anciens combattants et de rapatriés.

 

DIVERS-2441-copie-1.JPG

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13-11-2012-UNC--Journ--e-d---tude---Le-conflit-a-copie-1.jpg

DIVERS-2473.JPG

Mme la ministre Nora Berra

et le général Jean Kervizic

Les étudiants

Les anciens combattants, les Rapatriés

Encadrant Mme la ministre ; Josette Fontanel trésorière et Pierre Chauvet Secrétaire-général de l’UNC Dauphiné.

 

 

Sous le parrainage de Nora Berra, ancienne secrétaire d’Etat à la santé, fille de tirailleur algérien et petite fille de spahi, un aréopage de spécialistes et d’historiens a permis d’aborder ce conflit sous tous les angles utiles. Le général Jean Kervizic nous a fait l’honneur d’ouvrir les débats.

DIVERS-2396.JPG

Le lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin pose la problématique de cette journée de réflexion:

 

 

 

Il y a cinquante ans s’achevait le conflit algérien, dernière guerre de décolonisation conduite par la France.

Au contraire de l’Indochine, l’adversaire de l’armée française, le FLN, ne fut jamais en mesure d’espérer s’imposer sur le plan militaire, ni de remporter le moindre succès tactique. Il s’est agi d’une guerre de basse intensité, au cours de laquelle les pertes françaises, pour cruelles qu’elles furent, restèrent sans commune mesure avec celles subies en Extrême-Orient.

Pourtant, les conséquences n’ont pas fini d’en être mesurées, et cela dans les domaines les plus divers :

 

Au plan politique, le contentieux est loin d’être soldé entre la puissance colonisatrice et son ex-colonie.

Le lien armée-nation en a été durablement affecté, les militaires se trouvant de façon récurrente mis en accusation pour les méthodes de guerre employées.

Ce conflit fut directement ou indirectement à l’origine de mouvements migratoires d’une ampleur inédite (arrivée des pieds noirs ; à plus long terme, immigration économique en provenance du Maghreb).

Les conflits de mémoire sont toujours exacerbés, qu’il s’agisse de celle des pieds noirs, des harkis, ou des Algériens eux-mêmes. Les chiffres mêmes des victimes des différents camps font toujours l’objet d’âpres polémiques. Ces conflits sont un obstacle de taille dans la voie de l’intégration des immigrés d’origine algérienne.

Les tensions liées à ce conflit sont si peu soldées qu’on dispute aujourd’hui avec véhémence de la date officielle de sa fin.

 

En cette année commémorative, au cours de laquelle l’histoire et la mémoire de cette guerre ont été mises à contribution, il apparaissait utile de revenir sur ces événements avec une démarche objective et dépassionnée.

 

Déroulement de la journée d’études :

« Le conflit algérien ; histoire et mémoires  ̶  cinquantenaire d’une séparation »

 

L’Histoire militaire du conflit

Général  Kervizic Président de l’UNC : Panorama des opérations militaires en Algérie

Général  Klein ancien commandant de la 27eme BIM : Le général Faure et la 27ème DIA en Kabylie

Lieutenant-colonel Deleuze : Le 6ème BCA en Algérie

Général Barde : La gendarmerie en Algérie

J.W Dereymez, professeur de Sciences politiques à l’IEP: La ligne Morice, essai de limologie

DIVERS-2480.JPG

Serge Cattet  , agrégé d’histoire, écrivain :

Les SAS dans la guerre d’Algérie

 

Déchirures liées au conflit

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin : Entre légitimité et légalité, le drame de l’armée française en Algérie

Jean-Jacques Jordi, historien : Les crimes et les exactions du FLN après le 19 mars 1962

Professeur Crespo,  docteur en histoire : l’accueil et l’intégration des rapatriés d’Afrique du Norden France

Mémoires du conflit et transmission

Colonel Grosjean ancien chef de corps du 67eme BCA : La mémoire des harkis

Maurice Calmein, fondateur du Cercle Algérianiste : La mémoire des rapatriés

Emmanuelle Comtat, chercheuse associée au laboratoire PACTE : Transmission de la mémoire des rapatriés aux jeunes générations

Karin Dupinay-Bedford enseignante à l’ IEP, chercheuse associée au laboratoire PACTE, docteur en histoire : Perceptiondu conflit parmi les jeunes générations, enquête auprès des étudiants

-°-°-°-

Une publication universitaire rendra compte de ce colloque.

Toutes les interventions ont été enregistrées, les vidéos correspondantes peuvent être visionnées :

 http://amicale.acb.over-blog.com/article-colloque-le-conflit-algerien-liens-vers-les-videos-112541821.html

Contacts : Pierre Chauvet, JM Béringuier, Serge Font, Jean-Pierre Martin

Email : amicale.acb@live.fr

 

 

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 13:23

LE CONFLIT ALGERIEN

Histoire et Mémoire-cinquantenaire d’une séparation

 

Journée d’étude organisée le 13 Novembre 2012 par l’UNC du Dauphiné, L’Institut de sciences politiques de Grenoble et la Fédération des Soldats de Montagne.

Sous le parrainage de Nora Berra, ancienne secrétaire d’Etat à la santé, fille de tirailleur algérien et petite fille de spahi, un aréopage de spécialistes et d’historiens a permis d’aborder ce conflit sous tous les angles utiles.

 

Il y a cinquante ans s’achevait le conflit algérien, dernière guerre de décolonisation conduite par la France. Les conséquences n’ont pas fini d’en être mesurées, et cela dans les domaines les plus divers :

 

Au plan politique, le contentieux est loin d’être soldé entre la puissance colonisatrice et son ex-colonie.

Le lien armée-nation en a été durablement affecté, les militaires se trouvant de façon récurrente mis en accusation pour les méthodes de guerre employées.

Ce conflit fut directement ou indirectement à l’origine de mouvements migratoires d’une ampleur inédite (arrivée des pieds noirs ; à plus long terme, immigration économique en provenance du Maghreb).

Les conflits de mémoire sont toujours exacerbés, qu’il s’agisse de celle des pieds noirs, des harkis, ou des Algériens eux-mêmes. Les chiffres mêmes des victimes des différents camps font toujours l’objet d’âpres polémiques.

Les tensions liées à ce conflit sont si peu soldées qu’on dispute aujourd’hui avec véhémence de la date officielle de sa fin.

 

En cette année commémorative, au cours de laquelle l’histoire et la mémoire de cette guerre ont été mises à contribution, il apparaissait utile de revenir sur ces événements avec une démarche objective et dépassionnée.

 

Déroulement de la journée d’études :

« Le conflit algérien ; histoire et mémoires  ̶  cinquantenaire d’une séparation »

 

Ouverture du colloque

 Voir la vidéo 

 

Intervention de Mme Nora Berra

 Voir la vidéo 

 

Madame la ministre,

Je vous prie de trouver ici le témoignage de reconnaissance de toute notre équipe pour la belle intervention dont vous nous avez honorés.

Avec vos mots profonds, votre élégance, votre parcours émouvant, vous avez su charmer tout l’auditoire et apporter à cette importante manifestation l’aura qu’elle méritait.

Nous savons votre temps précieux, et nous sommes d’autant plus sensibles à celui que vous nous avez consacré.

En notre nom à tous, je tenais encore à vous exprimer toute notre reconnaissance.

Lieutenant-colonel (h) Jean-Pierre Martin

Directeur du comité scientifique

 

L’Histoire militaire du conflit

 

Général  Kervizic Président de l’UNC :

Panorama des opérations militaires en Algérie

Voir la vidéo 

 

Général  Klein ancien commandant de la 27eme BIM :

Le général Faure et la 27ème DIA en Kabylie

Voir la vidéo 

 

Lieutenant-colonel Deleuze : Le 6ème BCA en Algérie

Voir la vidéo 

 

Général Barde : La gendarmerie en Algérie

Voir la vidéo 

 

J.W Dereymez, professeur de Sciences politiques à l’IEP   :

La ligne Morice, essai de limologie

Voir la vidéo 

 

Serge Cattet  , agrégé d’histoire, écrivain : Les SAS dans la guerre d’Algérie

Voir la vidéo 

 

 

Déchirures liées au conflit

 

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin : Entre légitimité et légalité,

le drame de l’armée française en Algérie

Voir la vidéo 

 

Jean-Jacques Jordi, historien : Les crimes et les exactions du FLN

après le 19 mars 1962

Voir la vidéo  

 

Professeur Crespo,  docteur en histoire : l’accueil et l’intégration

des rapatriés d’Afrique du Nord  en France

Voir la vidéo 

 

Mémoires du conflit et transmission

 

Colonel Grosjean ancien chef de corps du 67eme BCA : La mémoire des harkis

Voir la vidéo 

 

Maurice Calmein, fondateur du Cercle Algérianiste : La mémoire des rapatriés

Voir la vidéo 

 

Emmanuelle Comtat, chercheuse associée au laboratoire PACTE :

Transmission de la mémoire des rapatriés aux jeunes générations

Voir la vidéo 

 

Karin Dupinay-Bedford enseignante à l’ IEP, chercheuse associée au laboratoire PACTE,

 docteur en histoire : Perception du conflit parmi les jeunes générations,

enquête auprès des étudiants

Voir la vidéo 

 

-°-°-°-

Une publication universitaire rendra compte de ce colloque.

Contacts : Pierre Chauvet, JM Béringuier, Serge Font, Jean-Pierre Martin

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 09:34
Bigeard parmi les siens
 
Par
·         photo-bigeard.jpg
 
Armées. Menacé par l’oubli aux Invalides, il sera un héros de légende au milieu de ses compagnons d’armes à Fréjus.
Le matin du 20 novembre 1953, la météo est franchement maussade au-dessus du Nord-Tonkin. Les avions qui transportent les parachutistes du 6e BPC ont dû attendre 9 heures pour décoller de Haiphong. Ils ont mis le cap sur un village encore inconnu, Diên Biên Phù. Le bataillon doit s’en emparer. Le premier à être largué est le chef de bataillon Marcel Bigeard, 37 ans, guerrier déjà remarqué en Indochine. Les paras sont accueillis au sol par un feu nourri, fusils-mitrailleurs et grenades. Bigeard est à la manoeuvre, exigeant et concentré. À midi, le village est en vue. Une heure et demie plus tard, il est pris. Le coeur du futur camp retranché de Diên Biên Phù est aux mains des Français. La phase initiale de l’opération Castor s’achève, le parcours de gloire de Bigeard commence.
Mardi prochain 20 novembre, à l’heure même où les parachutistes s’emparaient de Diên Biên Phù cinquante-neuf ans plus tôt, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et le ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, présideront à Fréjus, d’abord au camp Lecocq du 21e régiment d’infanterie de marine puis à la nécropole nationale, les cérémonies au cours desquelles les cendres du général Bigeard seront déposées parmi celles de ses dix-sept mille frères d’armes du corps expéditionnaire français tombés en Indochine. Enfin ! Ce sera en effet le terme d’un long parcours où la fidélité au soldat l’aura disputé aux obstacles de ce que Bigeard appelait la « jungle politique ».
Il s'était éteind chez lui, à Toul, le 18 juin 2010, à l’âge de 94 ans, sous la garde de ses bérets rouges qui se relayaient auprès de lui nuit et jour. Les honneurs militaires lui avaient été rendus au cours d’un hommage national à Saint-Louis des Invalides. Il avait émis le voeu que ses cendres fussent dispersées au-dessus de cette terre de Diên Biên Phù où il s’était tant battu et à laquelle il avait rendu une visite émouvante en 1994. Mais les autorités vietnamiennes, même tant d’années après la fin de la guerre, refusèrent : pas de cendres ennemies sur leur sol, lequel a pourtant enseveli des milliers de corps de soldats disparus. L’urne funéraire resta donc au crématorium de Toul, en attendant une autre destination. Mais laquelle ?
Ses proches pensèrent d’abord à la nécropole de Fréjus à l’inauguration de laquelle il avait assisté. Mais quelques mois plus tard, le général Bruno Cuche, gouverneur des Invalides, rencontrant son camarade le général Maurice Schmitt, ancien chef d’état-major des armées et lui-même ancien gouverneur des Invalides, lui proposa le transfert des cendres dans le caveau des gouverneurs situé sous la nef de la cathédrale . Schmitt, qui avait été l’un des tout derniers à sauter sur Diên Biên Phù et plus tard l’un des lieutenants de Bigeard, fut aussitôt séduit. Son chef dans le caveau de l’église du soldat, auprès des maréchaux de la monarchie, de l'Empire et de la République ! Il restait une place libre à côté des Kléber, Bugeaud, Leclerc et Juin. Il suffisait d’en convaincre les autorités suprêmes.
Le ministre de la Défense était alors Gérard Longuet, qui aimait de coeur ces militaires dont il avait la charge. Or il se trouvait à la Saint-Michel 2011, fête des paras, sur les terres du 8e RPIMa à Castres. Un autre ancien chef de section de Bigeard, le général François Cann, l’attendait pour lui faire part du message qui circulait entre anciens : “Faites transférer les cendres de Bigeard aux Invalides. Ce geste est attendu.” Longuet s’assura de l’accord de l’Élysée ; il écrivit une lettre à la fille du général, Marie-France Bigeard, pour lui proposer le transfert.
Mais Bigeard n’est pas tout à fait un guerrier comme un autre. Il portait sur la poitrine toutes les croix des dernières batailles de l’empire ; il avait couru pendant quinze ans sur les pistes sans fin de la jungle, de la brousse et des djebels ; il avait rétabli l’ordre à Alger contre le FLN ; il avait bombé le torse sur les Champs-Élysées et créé la “légende Bigeard”. Et après qu’il eut épuisé les joies du soldat, Valéry Giscard d’Estaing l’appela comme secrétaire d’État à la Défense pour redonner du moral à des armées qui en manquaient. Il ne laissait pas indifférent. Admiré par les uns, ce qu’il incarne est suspect pour d’autres.
Devant la perspective du transfert de ses cendres aux Invalides, les communistes s’indignent. Le sénateur PC du Rhône Guy Fischer, qui ne l’a jamais vu de sa vie, parle du « tristement célèbre général Bigeard » ; les Verts de Paris pétitionnent ; les Algériens agitent leurs réseaux. Au ministère des Affaires étrangères, on fait savoir au ministre, Alain Juppé, qu’une telle cérémonie ne serait pas la bienvenue l’année du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Nicolas Sarkozy, qui avait honoré le commandant Hélie de Saint Marc et rendu hommage aux harkis, est trop occupé par la campagne présidentielle. Gérard Longuet espère quand même que cela resterait possibe en cas de victoire et pourquoi pas à la Saint-Michel 2012...
L’urne funéraire attendait à Toul. Une Fondation Général-Bigeard avait été constituée au mois de juin 2011. C’est elle, et Marie-France Bigeard, qui devaient prendre l’initiative d’une autre cérémonie. C’est ainsi que l’on revint au projet initial, celui de la nécropole de Fréjus. Encore fallait-il l’accord du nouveau ministre de la Défense de François Hollande, Jean-Yves Le Drian. Lui au moins avait connu Bigeard. À la fin du mois de septembre dernier, celui-ci accepta l’invitation, accompagnant sa décision d’un hommage qui faisait hurler sur sa gauche : « Bien plus qu’un chef, le général Bigeard était un meneur d’hommes. Celui vers qui les regards se tournent dans les moments les plus difficiles ; celui qui cultive le goût de l’exigence et de la “belle gueule”[…]. »
La date fut arrêtée ; ce serait le 20 novembre, date anniversaire du saut sur Diên Biên Phù. Mais c’était aussi une date proche du voyage du président de la République en Algérie ; le Quai d’Orsay allait-il protester ? Fréjus n’était pas les Invalides. Le Drian maintint sa décision. Et Valéry Giscard d’Estaing, toujours fidèle à son ancien ministre, annonça qu’il prononcerait un hommage devant la stèle de bronze dévoilée en l’honneur du “premier para de France”.
Photo © ECPAD
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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 09:11

 

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Lundi, 12 Novembre 2012 15:18
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Monsieur le sénateur,

Je lis dans le compte rendu intégral de la séance du 25 octobre consacré à l'examen du projet de loi sur le 19 mars, la façon dont vous  évoquez, au nom du groupe communiste, la figure du général Marcel Bigeard :
« le tristement célèbre général Bigeard, tortionnaire de sinistre mémoire en Algérie comme en Indochine. ».

Il ne s'agit pas d'un dérapage verbal mais d'une basse insulte faite à la mémoire d'un grand chef militaire français à la fois glorieux et populaire.

Monsieur le sénateur, chacun a les héros qu'il peut.
Les vôtres, honorés par le Parti communiste français, s'appellent :
-  Maurice Thorez, qui déserta la France en 1939 pour l'URSS alors que Staline et Hitler signaient le pacte germano-soviétique avant d'envahir la Pologne et de dépecer son territoire ;
- Georges Boudarel, universitaire  aveuglé par l'idéologie totalitaire communiste, qui deviendra commissaire politique, collaborateur du vietminh dans les camps de prisonniers dans lesquels périront 75% des soldats français et plus de 95%  des soldats de l'armée vietnamienne avec lesquels ils étaient détenus et aux côtés desquels ils s'étaient battus pour que le Viêt-Nam, le Laos et le Cambodge indépendants demeurent des pays libres.

Vos héros, ce sont encore ces quelques milliers de militants manipulés et dévoyés, devenus traîtres à leur pays en sabotant le matériel de guerre destiné à nos troupes et en s'en prenant à nos soldats blessés dans le port de Marseille, à leur retour d'Indochine.
Vos héros enfin, monsieur le sénateur, ce sont aussi ces apparatchik du Parti communiste au service des régimes totalitaires comme le fut celui d'URSS pendant plus de 70 ans, qui a écrasé les ouvriers à Budapest en 1956 et les étudiants à Prague en 1968 avant de s'effondrer enfin en 1989.

Ce parti de l'étranger, dont vous êtes pour la France l'un des rares et, souhaitons-le, l'un des derniers spécimens, a toujours cherché à tromper le peuple et à trahir la Nation.
D'ailleurs, par une étrange coïncidence, j'apprends en lisant son blog qu'un de vos amis, monsieur Bernard Deschamps, ancien député du Gard et lui aussi communiste, vient de se voir décerner la médaille du 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie par monsieur Boutéflika ... Tout est dit.

En fait, ce que vous haïssez chez  Bigeard, c'est que ce Français, originaire d'un milieu modeste, soit devenu un héros national, admiré par l'immense majorité de nos compatriotes pour avoir aimé passionnément son pays; 
c'est qu'il ait combattu les deux grands totalitarismes du XXème siècle : le nazisme et le communisme, en France, dans la Résistance, et en Indochine, puis le terrorisme en Algérie.

En cette période où le doute envahit les Français, il demeure un exemple de courage et de foi en notre patrie. Et, ne vous en déplaise, le 20 novembre, le général Bigeard sera honoré et admiré à juste titre par tout un peuple reconnaissant.

Veuillez croire, monsieur le sénateur, au profond respect que je porte au Sénat  dès lors que tous ses membres servent d'abord les intérêts supérieurs de la Nation.

Henri Pinard Legry
Président de l'ASAF
(www.asafrance.fr)

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:55

 
Samedi 17/11/ à 15h 25 sur France 3 -
" Les Disparus un silence d'Etat " le nouveau film de Gilles Pèrez , très intéressant à ne pas manquer, un témoignage d'une Algérienne qui se trouvait au petit lac, elle a vu des choses inimaginables.
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 08:59

 

Voici les photos prises durant la journée d'étude : Le conflit Algérien.

Elles ont été regroupées dans quatre albums que vous pouvez consulter via les liens fournis.l

 

Intervenants

Voir

 

Mme la ministre, Nora berra

Voir

 

 

Acteurs et spectateurs

Voir

 

Débat

Voir

 

 


Colloque---Assistance 2398Colloque---Assistance 2415

Colloque---Assistance 2387Colloque---Assistance 2400

Colloque---Assistance 2390Colloque---Acteurs-et-spectateurs-2477.JPG

Colloque---Nora-Berra--ministre 2467



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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:36

 

A l'issue de cette journée d'étude en tous points réussie, notre Président ( pierre angulaire de ce projet ) nous adresse ses remerciements enthousiastes, chaleureux.

DIVERS-2441.JPG

Madame la Ministre Nora Berra, Le Président de l'UNC Jean Kervizic


Bonjour  à toutes et à tous,
 
Ce colloque qui fit amphithéâtre comble toute la journée, s'achève et clos ainsi une année de préparation.
Faisant suite à une demande de notre Président régional Hubert Bornens , et conçu aussitot par notre camarade le Colonel JP Martin (qui en assurera la Direction Scientifique et une intervention sensible), il honore les femmes et les hommes de l'UNC qui ont ainsi apporté leur  force et leur génie pour commémorer à leur façon ce triste anniversaire.
 
Merci donc au Président de l'UNC , le Général Kervizic qui s'intégrera  avec simplicité au dernier moment dans la liste des conférenciers et qui croira aussi à la valeur de témoignage de ce projet, merci encore de l'aide efficace d'Hubert ,President et ami, merci pour la prestation de Serge Cattet, record d'applaudimètre, merci aux Présidents unc-udc voisins qui nous ont fait l'amitié de venir, enfin merci à tous les adhérents de l'unc dauphiné , dans l'ombre et avec le sourire, qui ont permis le succés de cette manifestation.
 
Comme vous le savez , nous avons toujours des projets  , et le prochain sera l'exposition  :  La guerre d'Algerie, "une exigence de vérité" à Fort Barraux à laquelle nous associerons l'UNC73 (Pdt M Fejoz) et les officiers de réserve de Cherchell de la Savoie. Hubert Bornens sera le représentant officiel de l'UNC.
 
Amitié et bonne journée
Pierre Chauvet
DIVERS 2432
Président régional Hubert Bornens et Serge Cattet

DIVERS 2443
Le Colonel Jean Pierre Martin , Madame la Ministre Nora Berra

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 06:53

 

Par Georges-Henri Bricet des Vesvallons

Publié le : samedi 3 novembre

Georges-Henri Bricet des Vallons est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, ancien auditeur de

l’Institut des hautes études de Défense nationale, doctorant en sciences politiques, chercheur-associé à

l'Institut Choiseul et à l'Institut Prospective et Sécurité en Europe, spécialiste des sociétés militaires privées. Il

est l'auteur d'un livre "Irak, terre mercenaire" (Favre, 2009)

L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée

française ? À prendre au mot le concept de « betteravisation » qui fait florès dans nos

états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout

connaisseur de la chose militaire est porté à le croire.

Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine

immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois... La situation

de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise

sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique. L’institution militaire sera

vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le

gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le

mandat de Nicolas Sarkozy. L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et

l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

L’affaire Louvois

Le volet le plus sensible politiquement et médiatiquement est d’abord celui des soldes

non versées, lié aux dysfonctionnements chroniques qui affectent le logiciel bien mal

nommé Louvois, du nom de l’énergique ministre de la Guerre de Louis XIV. Problème

récemment qualifié d’« invraisemblable » par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le

Drian, lui-même. Dans la continuité de la politique de rationalisation budgétaire actée

par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense a

décidé la mise en place de plusieurs systèmes d’information de « ressources humaines »

(SIRH). Dans l’armée de terre, ce système d’information a été baptisé Concerto.

Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de soldes) est la déclinaison du volet «

salaires » de l’ensemble des SIRH des armées (Rhapsodie pour la Marine, Orchestra pour

l’armée de l’air, Agorha pour la gendarmerie). Problème : ce logiciel, vendu à prix d’or et

dont la maîtrise d’oeuvre et la maintenance sont assurées par l’entreprise Steria, ne

fonctionne pas. Depuis le raccordement de Louvois à Concerto et le basculement

unilatéral de la gestion des soldes en octobre 2011, les ratés du système perdurent et se

multiplient : frais de déménagement non remboursés, indemnités de campagne nonperçues,

soldes non-versées, ou versées avec six mois ou un an de délai, ou alors versées

de manière aberrante (seul un cinquième du salaire est perçu), autant d’accrocs dus à la

pléiade de bugs qui affectent Louvois.

La conséquence directe est une précarisation radicale des familles : une manifestation

de femmes de militaires a eu lieu l’année dernière, première du genre, mais le

mouvement a vite été étouffé par les pressions exercées sur leurs maris. Résultat : certains

militaires, qui attendent le versement de leurs soldes, sont ruinés, interdits bancaires et sont

obligés d’emprunter pour rembourser des crédits déjà contractés alors même qu’ils ne

sont plus payés ! Dans les cas les plus extrêmes, leurs femmes divorcent pour acquérir un

statut de femme seule et toucher des allocations.

L’affaire des soldes pourrait, à condition de se cantonner à une lecture de surface, ne

relever que d’un simple bug. En réalité, le problème pourrait aller bien au-delà du raté

informatique et concerner aussi la trésorerie de l’État. Les capacités d’emprunt auprès

des marchés s’épuisant avec la crise, la priorité va au paiement des salaires des

institutions syndiquées et dotées d’une forte capacité de nuisance médiatique

(Éducation nationale), à l’inverse exact des militaires.

Officiellement 10 000 dossiers sont en attente de traitement dans l’armée de terre (chiffre

reconnu par le ministère). En réalité l’ensemble de la chaîne des soldes (troupe, sousofficiers

et officiers) est impactée (120 000 bulletins de soldes touchés) et le chiffre réel

pourrait atteindre 30 % des effectifs totaux. Pire, ces ratés touchent en majorité des

militaires qui sont sur le point de partir en opérations ou qui en reviennent (60 % des

dossiers). Là encore, impossible de faire la lumière sur le nombre exact de militaires

touchés puisque le ministère n’en a aucune idée précise et vient de lancer un appel aux

parlementaires pour faire remonter les doléances.

Le ministre Le Drian a parfaitement conscience du scandale même s’il feint de le

découvrir avec sa prise de fonction, puisqu’il était chargé des questions de défense

auprès de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Si Bercy ne freinait

pas, le ministère aurait évidemment débloqué des fonds spéciaux pour gérer l’urgence,

ce qu’il commence à faire. L’annonce récente d’un plan d’urgence et la mise en place

d’un numéro vert suffiront-elles ? Les services concernés sont déjà débordés par le flot des

plaintes et, faute de compétence technique, n’ont d’autre choix que d’intimer la

patience.

Sur le fond, une autre hypothèse – conditionnelle – pourrait être émise : les ratés de

Louvois pourraient relever d’une stratégie mise en place par les grandes entreprises de

conseil qui ont vendu ces logiciels de gestion intégrée pour démontrer au gouvernement

l’incapacité des services de l’Etat à faire fonctionner des systèmes aussi complexes et

obtenir une externalisation totale de leur gestion (Louvois est géré en interne par les

services de ressources humaines du ministère qui sont épaulés par des équipes de Steria).

Paradoxe ? L’État envisagerait de confier la totalité de la gestion du parc informatique

du ministère à Steria. Aucune sanction financière n’a pour l’heure été prise contre

l’entreprise, ce qui ne laisse pas d’interroger, tout comme l’absence de réactivité du

contrôle général des armées, pourtant censé superviser et auditer ce type de dossier.

Dans un contexte aussi opaque, il est de toute façon impossible de détailler avec

exactitude les responsabilités de chacun. Seule une commission d’enquête

parlementaire serait en mesure de le faire. On notera que seul l’ex-chef d’état-major de

l’armée de l’air, le général Paloméros, constatant ces défaillances à répétition, a eu le

courage de refuser le passage à Louvois. Il est depuis parti servir au sein de l’OTAN

comme commandant suprême allié à Norfolk.

Le dépérissement des PME de défense

La situation financière critique du ministère de la Défense recoupe également le

problème des délais de paiement (9 à 18 mois en moyenne) aux PME de défense (qui ont

souvent pour seule clientèle l’État). La conséquence est que les PME n’ont pas les fonds

de roulement nécessaires pour survivre à de tels délais et que la crise faisant, les banques

ne prêtent plus. À cela il faut ajouter la perspective d’une contraction inéluctable des

commandes de l’État liée aux coupes budgétaires dans les équipements. 211 millions

d’euros avaient déjà été annulés sur la mission Défense 2011 pour rembourser une partie

des 460 millions d’euros dus à Taïwan dans l’affaire des frégates après le rendu de

l’arbitrage international. Pour le budget 2013, plus de 1,8 milliard pourraient être annulés

ou décalés sur un total de 5,5 milliards.

Il est à craindre que le tissu industriel des PME de défense, déjà précarisé et très

faiblement soutenu par l’État (à l’inverse de la politique pratiquée en Allemagne), risque

à court terme la mort clinique. L’autre incidence de cette rétractation budgétaire est

que l’effort de recherche et développement de programmes indispensables à notre

autonomie stratégique, comme celui d’une capacité « drone », va être dramatiquement

entravé, entraînant l’achat sur étagères de Reaper américains.

Le « dépyramidage » et le gel des avancements

Autre dossier brûlant : le gel de 30 % des avancements. Matignon a enjoint début

septembre, via une lettre de cadrage, le ministère de la Défense d’impulser une politique

de dépyramidage brutale de la structure de ses effectifs et pour ce faire de réduire du

tiers les volumes d’avancement de ses personnels militaires sur les trois prochaines années.

C’est l’autre bombe à retardement avec l’affaire des soldes : plus de perspective

d’avancement au grade, plus d’augmentation salariale pour un tiers des militaires. Du

jamais vu.

Une politique de dépyramidage courageuse consisterait à acter une loi de dégagement

de cadres (trop de colonels et de généraux en proportion par rapport aux officiers

subalternes, sous-officiers et troupe) et à ponctionner dans les avantages du régime

spécial de la 2e section (5 500 généraux en retraite dite « active », soit l’équivalent d’une

brigade de réserve, pour seulement 95 rappels annuels). Le ministère ne s’y risquera sans

doute pas car, contrairement à un sergent ou à un lieutenant, les généraux ont un poids

politique (en interne) et une telle option susciterait des mouvements de solidarité

redoutables dans un milieu pourtant sociologiquement marqué par l’individualisme.

Au final, on ne peut que constater avec dépit l’inefficacité totale de la politique de

rationalisation engagée avec la RGPP de 2008. Au lieu de baisser comme prévu, la masse

salariale de la Défense a augmenté : à mesure que le ministère ponctionnait dans les

effectifs opérationnels, il a embauché des hauts fonctionnaires civils (+ 1 438 depuis 2008)

comme le rapportait la Cour des comptes en juillet dernier.

Le bradage du patrimoine immobilier

Il faut également ajouter à ce triste constat le dossier du patrimoine immobilier de la

Défense. Le gouvernement envisage en effet d’offrir sur un plateau les emprises

parisiennes du ministère à la mairie de Paris via une cession gratuite ou une décote de

100 % (en partie déjà opérée sur le budget 2013) pour y construire des logements sociaux

et complaire aux demandes de Bertrand Delanoë. Ces recettes extrabudgétaires liées à

la vente de l’immobilier (rue Saint-Dominique et autres emprises dans le cadre du transfert

vers Balard), qui représenteraient entre 350 et 400 millions d’euros, étaient pourtant

censées compenser les coupes dans les crédits d’équipement

L’empilement des réformes non menées à terme et celles à venir

À ce contexte déjà tendu, il faut ajouter les problèmes liés à l’empilement des réformes

depuis 2008. Une réduction de 55 000 personnels de la Défense avait déjà été actée par

le Livre blanc passé. La Défense supportera ainsi 60 % des réductions de postes dans la

fonction publique pour l’exercice 2013 : 7 234 supprimés sur les 12 298 au total. De surcroît,

la refonte de la carte régimentaire (dissolution de dizaines de régiments, parfois décidée

en fonction de calculs purement politiciens) qui a abouti à la création des Bases de

défense, censées centraliser au niveau régional la gestion logistique et financière des

emprises, et qui a été menée en fonction de postulats purement technocratiques, a

abouti à créer des usines à gaz et à promouvoir un chaos gestionnaire. Les BdD ne

fonctionnent pas et il est également prévu de réduire leur nombre initialement prévu (90).

Sur les difficultés non-digérées des réformes passées vont enfin se greffer celles des

réformes à venir et qui seront entérinées par le Livre blanc à paraître en février prochain.

Si pour l’heure, ces perspectives ne relèvent que des secrets d’alcôve qui agitent les

couloirs de la Commission du Livre blanc, elles semblent déjà quasi actées : le

gouvernement projetterait de supprimer une annuité budgétaire complète sur la période

2014-2020, c’est-à-dire pas moins de 30 à 40 milliards sur les 220 milliards prévus sur la

période par le Livre blanc [1] précédent. Une purge budgétaire qui serait corrélée à un

projet de réduction de 30 000 postes opérationnels dans les armées (la quasi-totalité dans

l’armée de terre, 3 000 dans la Marine et 2 000 dans l’armée de l’air) [2] . Ce qui porterait

les effectifs terrestres d’ici peu à un volume équivalent à celui de l’armée de terre

britannique (80 000 hommes). Jamais l’armée française n’aura connu un volume de

forces aussi faible dans son histoire depuis la Révolution.

Un format d’armée mexicaine

Aucune des lois de programmation militaire décidées par les gouvernements de droite et

de gauche, et qui sont pourtant censées fixer le cap stratégique des armées et

sanctuariser les investissements budgétaires, si cruciaux pour maintenir un modèle

d’armée cohérent, n’ont été respectées depuis la professionnalisation de 1996. L’horizon

d’un tel processus est clair : un effondrement radical des moyens humains et matériels [3]

de nos forces, un format d’armée mexicaine (l’armée de terre compte actuellement 173

généraux en 1ère section pour un effectif de moins de 110-120 000 hommes, là où le

Marines Corps n’en recense que 81 pour un effectif quasi double de 220 000) avec une

haute hiérarchie civile et militaire à peu près épargnée en raison de considérations

politiques (puisque c’est elle qui exécute les réformes), un taux de disponibilité des

matériels extrêmement faible, des forces incapables de se projeter hors des frontières et

des programmes militaires vitaux qui ne pourront être pleinement financés (drones,

renouvellement véhicules terrestres, développement d’une capacité de cyber-défense).

Le décrochage géostratégique de la France

La parade, qui consiste à tout miser sur un modèle d’intervention indirecte (formation à

l’arrière de forces étrangères avec l’appui de notre aviation et de petits contingents de

forces spéciales, comme ce qui est prévu au Mali et ce qui a été fait en Libye) et le

renseignement, ne suffira pas à empêcher le décrochage brutal de notre influence

géostratégique. Il se pourrait surtout que le Livre blanc acte définitivement l’idée desmart

defense et de mutualisation des capacités nucléaires avec l’Angleterre (qui en tirera tous

les bénéfices), achevant de décapiter ce qui restait de souveraineté stratégique à la

France après la réintégration dans l’OTAN. La route du désastre est donc parfaitement

balisée.

Comment expliquer cette pression extrême sur le budget de la Défense ? Très simplement

par le fait que l’armée est la seule institution publique à ne pouvoir compter sur un

contrepouvoir syndical et que le politique se sent, en conséquence, autorisé à toutes les

oukases. On pense notamment au scandale de la campagne double refusée jusqu’en

2011 aux militaires ayant servi en Afghanistan [4] .

Voilà plus de soixante ans, le général De Gaulle avertissait déjà dans un discours fameux :

« La Défense ? C’est la première raison d’être de l’État. Il ne peut y manquer sans se

détruire lui-même ! » Il semble que cette phase d’autodestruction soit désormais

irrémédiablement engagée. Si le politique choisit la facilité et s’entête dans ce processus

de désossage budgétaire de notre puissance militaire, et si le haut commandement n’y

trouve rien à redire, il ne restera bientôt à nos forces, en lieu de drapeau et de fierté, que

l’héritage de la ruine. On pourra alors graver au frontispice des régiments les mots de

Shelley flétrissant l’orgueil du roi Ozymandias : « Rien à part cela ne reste. Autour des

décombres / De ce colossal naufrage, s’étendent dans le lointain / Les sables solitaires et

plats, vides jusqu’à l’horizon. »

Georges-Henri Bricet des Vallons, docteur en sciences politiques, spécialiste des questions

de défense.

Notes

[1] Le Livre blanc 2008 tablait sur une enveloppe budgétaire de 377 milliards d’euros

d’investissement sur la période 2009-2020, avec une progression nette du budget entre

2015 et 2020 (160 milliards ayant été virtuellement consommés sur la tranche 2009-2013).

[2] Ces 30 000 postes ne pourraient représenter qu’une première tranche et suivis de 30

000 autres sur les dix prochaines années, ce qui rapporterait le volume des forces

terrestres à un seuil critique de 60 000 hommes.

[3] Pour 2013, les programmes touchés sont les suivants : le camion blindé PPT, l’Arme

individuelle du futur (remplaçant du Famas), le VLTP (successeur de la P4), le programmecadre

Scorpion de modernisation des forces terrestres et des GTIA.

[4] Le ministère de la Défense précédent ayant en effet refusé de qualifier l’engagement

en Afghanistan de « guerre » jusqu’en 2011, les militaires partis en Opex n’ont pu

prétendre aux bénéfices du dispositif de la campagne double. Parmi les régimes

d’opérations qui ouvrent un droit à une bonification des cotisations de retraite, on

distingue communément la campagne double (6 mois de service valent 18 mois au titre

de la pension) de la campagne simple (6 mois valent 12 mois) et de la demi-campagne

(6 mois valent 9 mois). Ce n’est ni le lieu ni la durée de l’engagement qui détermine le

régime de campagne mais sa « nature ».

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 14:38

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