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La Guerre d'Algérie

19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 06:29

Quelques photos ;

Dans le car,  très tôt un matin pluvieux.

La prison de Montluc

Le vieux Lyon, les traboules, le bouchon lyonnais

La Primatiale Saint-Jean-Baptiste sous le soleil retrouvé.

 

 

Dans ALBUMS PHOTOS cliquer sur l'Album : Journée mémorielle Lyon 

 

Encore un grand merci à l’équipe organisatrice de cette remarquable journée.

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 16:13

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C’est accompagné de ses amis et de quelques anciens EOR de l’Ecole Militaire d’Infanterie  Cherchell 1942-1962, en présence de Monsieur le Député-maire d’Aix les Bains, que le Colonel  Gilbert Gardien, président de l’association des Anciens Troupes de Marine Isère-Savoie, a remis au lieutenant Christian Savale, les insignes de

Chevalier dans l’ordre National de la Légion d’Honneur (*)

La cérémonie a eu lieu dans le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville d’Aix les Bains.

Christian Savale est délégué Rhône-Alpes d’ANCCORE (Association Nationale des Cadres de Cherchell Officiers de Réserve et Elèves). Mr Raisonnier secrétaire général de l’Association était présent.

(*)à titre militaire

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 13:28
Général Dominique DELAWARDE
 

Ce courrier a pour but de donner les raisons précises de mes doutes quant à l’opportunité d’une intervention en répondant à quelques questions simples. Il s’agit aussi de donner matière à réfléchir à ceux qui veulent vraiment étudier le problème sans se contenter des logorrhées verbales bien pensantes et des affirmations péremptoires des hommes politiques de tous bords.

Ancien chef du bureau "Situation-Renseignement-Guerre électronique" de l’État Major Interarmées de Planification Opérationnelle en région parisienne, ayant servi près de deux années au Proche Orient, dont 14 mois en qualité de chef du bureau renseignement de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, ayant fait une bonne douzaine de séjours au Moyen Orient (Qatar, Emirats, Koweit), ayant enfin servi trois années aux États Unis en qualité d’officier de liaison auprès de l’Enseignement militaire supérieur américain, je crois connaître mieux que le citoyen moyen, voire que certains experts autoproclamés, les problèmes du Proche et du Moyen Orient. Je me suis toujours tenu informé sur ce qui s’y passait et, par conséquent sur le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui : une éventuelle intervention militaire en Syrie.

1 - Les preuves indubitables présentées par le premier ministre aux députés sont-elles convaincantes et crédibles ?

Quelles que soient ces preuves, ma réponse est non.

Les preuves peuvent évidemment être indubitables puisque personne n’a d’éléments concrets pour les mettre en doute. Mais elles peuvent être fausses. Je n’ai pas la mémoire courte et me souviens du général américain Colin Powell présentant aux Nations Unies, avec un aplomb incroyable, ses "fausses preuves indubitables" établie par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. Je sais qu’en France, phare de l’humanité, on ne ment jamais, mais tout de même...

Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas et je vais tenter d’en convaincre le lecteur.

2 - A qui profite ce "massacre" au gaz ?

Certainement pas à Bachar El Assad qui n’aurait jamais pris le risque de franchir cette ligne rouge posée depuis longtemps par les américains et les franco-anglais. Il savait qu’une intervention occidentale suivrait toute utilisation de gaz et signifierait sa chute à courte échéance. Il savait que les Nations Unies étaient mandatées pour étudier l’utilisation des gaz en Syrie. Il possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque, à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangère ? Cette affirmation absurde ne tient pas la route.

Ce "massacre" dont nul ne connaît l’ampleur réelle profite donc aux deux autres parties en cause dans cette affaire.

D’abord aux opposants de Bachar El Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie.
Ensuite aux américains et aux franco anglais qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire) en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar El Assad.

2 - Y a-t-il eu d’autres précédents dans ce genre de manipulation ?

La réponse est oui.

Il y a eu TIMISOARA (décembre 1989) où les médias du monde entier ont repris pendant près de six semaines la fausse information d’un "massacre" de 4 600 personnes pour aider à faire tomber Ceaușescu. En fait les opposants avaient déterré quelques cadavres des cimetières de la ville, les avaient entourés de fils de fer barbelés et avaient tourné des images horribles visant à faire pleurer les téléspectateurs occidentaux. Ils ont ensuite, sur la foi de ces images manipulées, avancé le chiffre énorme de 4 632 victimes qui n’existaient pas mais que personne n’a osé mettre en doute. Leur coup était joué et gagné puisqu’il a entraîné la chute de Ceaușescu.

Après coup les médias et les politiques occidentaux ont eu le bon goût de s’excuser pour leur erreur et ont avoué qu’ils avaient été manipulés... mais l’objectif était atteint.
Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants.

3- Comment une telle manipulation avec utilisation de gaz aurait elle pû être réalisée par l’opposition ?

C’est assez simple à réaliser…

L’opposition prend quelques familles entières (hommes, femmes, enfants, vieillards) soupçonnées d’être pro- Bachar et capturées lors des combats. Elle utilise du gaz prélevés sur les stocks de l’Armée Syrienne par du personnel déserteur. Elle gaze et filme les derniers instants horribles, puis, en appelle à l’ONU et aux américains. Le tour est joué. Pour faire bonne mesure, vous rajoutez quelques témoins de votre camp pour raconter l’horreur, vous avancez le chiffre de 1 700 morts, chiffre invérifiable (comme celui de TIMISOARA) et vous envoyez les images les plus horribles.

La manipulation est servie...

Le renseignement français prétend que les rebelles n’ont pas les savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz. C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires.

4- Pourquoi les Allemands, les Canadiens et même les député britanniques doutent-ils du bien-fondé de l’intervention militaire.

Ces trois pays se doutent bien qu’il y a très probablement une manipulation. Ils ont eux aussi des services de renseignement et un minimum de bon sens. Ils ne veulent pas engager la vie de leurs soldats sur des preuves qui pourraient bien s’avérer "bidon", analysent les conséquences d’une telle intervention. Ils préfèrent s’occuper du rétablissement de leur économie en crise et de la sécurité à l’intérieur de leur frontière avant d’aller jouer, à crédit comme le fait la France, les justiciers dans le reste du monde.

Par ailleurs, il ne peut échapper à personne que les gaz sont volatils et que l’utilisation de Gaz dans une zone urbanisée comme Damas très majoritairement et densément peuplée par les partisans de Bachar El Assad pourrait se retourner contre ses auteurs au moindre coup de vent...

Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que "plus c’est énorme, plus ça passe", mais là, la ficelle est un peu grosse...

5- Quelles conséquences régionales et internationales en cas d’intervention militaire ?

Pour la Syrie même, une seule certitude. La chute de Bachar El Assad, chef d’état laïque, entraînera la débâcle et l’exil pour les populations chrétiennes et Alaouites dont la majorité aura soutenu Bachar El Assad pendant de très nombreuses années, voire pour de nombreux sunnites... donc, de nouveaux massacres et de nouvelles masses de réfugiés... Est-ce le but recherché ?

Pour les Israéliens, une Égypte et une Syrie affaiblies, divisées et dont les économies auront été ramenées 50 ans en arrière, ne représentent plus une menace sérieuse pour très longtemps. Une intervention américaine et franco-anglaise n’est pas une mauvaise affaire pour eux, au point de se demander si nous ne "travaillons" pas un peu à leur profit...

L’Iran étant la prochaine cible, connue de tous, il est probable que le prix du pétrole explosera assez vite à la suite de l’intervention entraînant de nouvelles difficultés pour nos économies déjà fragiles.

L’intervention aura un coût pour un pays déjà surendetté comme le notre. Ce coût sera évidemment supporté directement ou indirectement par le contribuable. A moins que le gouvernement ne réalise l’opération à budget de défense constant ce qui conduira à échelonner les dépenses d’équipement et à retarder, une fois de plus, la modernisation de nos forces.

6- Une telle participation française à une intervention relève-t-elle de l’ingérence humanitaire et/où du respect des conventions de Genève ?

Si tel était le cas, pourquoi la France n’a-t-elle pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en Janvier 2009 (1300 morts, bien réels ceux là, dont 900 civils et 300 enfants) ? L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève...

Y aurait-il deux poids deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés, et des massacres interdits ?

7- Autres éléments troublants en vrac

Le 6 Mai dernier, Madame Carla del Ponte, ancienne procureur au tribunal pénal international, membre de la commission indépendante mandatée par l’ONU pour enquêter sur l’utilisation de gaz en Syrie déclare que les rebelles (et non les forces du régime) ont utilisé du gaz sarin.

Toute vérité n’étant pas bonne à dire dans un monde onusien largement financé par les USA, la commission indépendante (peut être moins qu’on ne le croit) déclarera dès le lendemain que les preuves sont insuffisantes pour accuser formellement la rébellion d’utilisation de gaz...

Par ailleurs la mission d’observateurs de la Ligue arabe envoyée au début du conflit a publié un rapport très équilibré sur les violences en Syrie dès Janvier 2012. J’ai noté dans ce rapport :

28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies montrent que ces rapports ne sont pas crédibles.

29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes.

Cet excellent rapport établi par une commission majoritairement sunnite (donc plutôt anti-Bachar) n’était sans doute pas suffisamment anti-Bachar pour être évoqué par les médias occidentaux. Il mérite pourtant une lecture attentive. A ceux qui souhaitent s’informer au delà du prêt-à-penser politique Français, il suffit de taper sur Google : "rapport du chef de la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie" et on obtient ce rapport dans sa version française.

En conclusion, vous aurez compris que je ne crois pas un instant que les "preuves indubitables" françaises, quelles qu’elles soient, puissent justifier, à ce jour, une intervention militaire de quelque niveau que ce soit. Je sais évidemment qu’une grande partie des forces rebelles est composée de mercenaires financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite (sunnites) dans leur croisade contre les Alaouites et les chiites. Cette force rebelle soutenue par les américains et les franco-anglais n’est donc pas vraiment d’une Force Syrienne Libre.

Les Nations Unies rendront leur rapport dans quelques semaines tout au plus. Sera-t-il impartial ? Je l’espère. Mais je sais que les financements US sont vitaux pour l’ONU et qu’il lui est parfois difficile d’être vraiment indépendante.

Je voudrais terminer en disant que je ne suis pas un partisan de Bachar El Assad, loin s’en faut. Mais il est très probablement moins pire que celui qui pourrait prendre sa suite. La justification et les conséquences de nos actes doivent donc être examinées beaucoup plus sérieusement qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Je constate enfin que la "communauté internationale", terme utilisée indûment par nos hommes politiques et repris par nos journalistes à longueur de journée, ne semble compter aujourd’hui que trois pays : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui représentent à eux trois moins de 8% de la population mondiale.

Les positions de la Chine, de l’Inde, de la Russie, du Brésil, du Japon, de l’Allemagne sont presque totalement occultées des débats internationaux, y compris sur la Syrie, alors qu’ils constituent près de 60% de la population mondiale. Font-ils partie ou non de la communauté internationale ? Il y a, là aussi, matière à réflexion...

Général (2S) Dominique DELAWARDE, le 5 Septembre 2013

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:48
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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:29
Nous avons la peine d'apprendre la mort du Père Victor CLAVEL,
agé de 89 ans, curé de Biviers depuis 63 ans.
Les funérailles auront lieu le jeudi 5 septembre en l'église de BIVIERS à 10 heures.
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 08:51

Le vendredi 30 août à Lyon

 

Mon commandant, mon ancien,

Ils sont là, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés de l’histoire ou célèbres, croyants, agnostiques ou incroyants, souffrant ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous présents, si ce n’est pas avec leur corps, c’est par leur coeur ou par leur âme ! Tous ceux qui, un jour, ont croisé votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutôt de votre incroyable destinée, sont regroupés autour de vous : les lycéens de Bordeaux, les résistants du réseau

 

Jade-Amicol

, les déportés du camp de Langenstein, vos frères d’armes, vos légionnaires que vous avez menés au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indifférence du pays, les enfants de Talung que vous avez dû laisser derrière vous, les harkis abandonnés puis livrés aux mains du FLN ! Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagé vos joies et vos épreuves ; il faut ajouter à cette longue liste, les jeunes générations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’Algérie, mais qui ont dévoré vos livres, qui vous ont écouté et que vous avez marqués profondément ! Cette liste ne serait pas complète, si n’était pas évoquée la longue cohorte des prisonniers, des déchus, des petits et des sans-grades, les inconnus de l’histoire et des médias, ceux que vous avez croisés, écoutés, respectés, défendus, compris et aimés et dont vous avez été l’avocat. Eux tous s’adressent à vous aujourd’hui, à travers ces quelques mots et, comme nous en étions convenus la dernière fois que nous nous sommes vus et embrassés chez vous, je ne servirai que d’interprète, à la fois fidèle, concis et surtout sobre.

Aujourd’hui, Hélie, notre compagnon fidèle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystères ; vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais triste et orphelin de devoir vous quitter. Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion, et qui cherche inlassablement à donner un sens à son geste !

Parmi tous ces mystères, l’un d’eux ne vous a jamais quitté. Il a même scandé votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort. Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, écrire, prédire ou reprendre à son compte ce poème d’Alan Seeger, cet Américain, à la fois légionnaire et poète, disparu à 20 ans dans la tourmente de 1916

 

: « j’ai rendez-vous avec la mort »

?

C’est à 10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade, votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette épreuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant :

 

« Tu vois Hélie, la vie est ainsi faite comme un tricot : il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrêter, de ne jamais rien lâcher ! » Cette leçon d’humanité vous servira et vous sauvera quelques années plus tard en camp de concentration. Votre père, cet homme juste, droit et indépendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, à saluer poliment les passants, marqués de l’étoile jaune, participera aussi à votre éducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idéal, votre ‘‘étoile personnelle’’

à un homme, aussi grand fût-il ! De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les aléas de la vie ne vont pourtant pas ménager ; c’est bien là votre premier mystère d’une éducation rigoureuse, fondée sur des règles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre à relativiser, dès lors qu’elles sont confrontées à la réalité !

Puis, à 20 ans, vous aurez votre deuxième rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vêtu d’un méchant pyjama rayé, dans le camp de Langenstein. Deux ans de déportation mineront votre santé et votre survie se jouera à quelques jours près, grâce à la libération du camp par les Américains. Mais votre

survie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des médicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider à supporter des conditions de vie et de travail inhumaines. En revanche, vous refuserez toujours de participer à toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis à l’abri du dénuement dans lequel vous avez vécu. Vous y connaitrez aussi la fraternité avec ses différentes facettes : d’un côté, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dépit de l’extrême pénurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgré la fatigue, mais de l’autre, les rivalités entre les petites fraternités qui se créaient, les cercles, les réseaux d’influence, les mouvements politiques ou les nationalités…. Mystère, ou plutôt misère, de l’homme confronté à un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses références intellectuelles, humaines et morales !

Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort à 30 ans, cette fois, à l’autre bout du monde, en Indochine. Vous étiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagé jusqu’à l’extrême limite de ses forces, comme sentinelles avancées du monde libre face à l’avancée de la menace communiste. D’abord à Talung, petit village à la frontière de Chine, dont vous avez gardé pieusement une photo aérienne dans votre bureau de Lyon. Si les combats que vous y avez mené n’eurent pas de dimension stratégique, ils vous marquèrent profondément et définitivement par leur fin tragique : contraint d’abandonner la Haute région, vous avez dû le faire à Talung, sans préavis, ni ménagement ; ainsi, vous et vos légionnaires, quittèrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte ! Cette interrogation, de l’ordre que l’on exécute en désaccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours ! Plus tard, à la tête de votre Compagnie du 2° Bataillon étranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI : Nhia Lo, la Rivière Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres. Au cours de ces combats, à l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aînés, vous vous sentiez invulnérables ; peut-être même, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort était votre plus proche compagne : une balle qui vous effleure à quelques centimètres du coeur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas être mortellement touché ; Amilakvari et Brunet de Sairigné vous avaient montré le chemin, Segrétain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jeanpierre, Violès, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quitté en chemin. Parmi cette litanie, on ne peut oublier, votre fidèle adjudant d’unité, l’adjudant Bonnin, qui vous a marqué à tel point, que, plus tard, vous veillerez à évoquer sa personnalité et sa mémoire durant toutes vos conférences ! Et avec lui, se joignent tous vos légionnaires, qui ont servi honnêtes et fidèles, qui sont morts, dans l’anonymat mais face à l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble prière. Tel est le mystère de la mort au combat, qui au même moment frappe un compagnon à vos côtés et vous épargne, pour quelques centimètres ou une fraction de seconde !

10 ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossé du Fort d’Ivry. En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre établi et en y entraînant derrière vous une unité d’élite de légionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidélité. Or retourner son arme contre les autorités de son propre pays reste un acte très grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera rendu - 10 ans de réclusion pour vous et le sursis pour vos capitaines - montre qu’en dépit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dépit des tribunaux d’exception et en dépit de la rapidité du jugement, les circonstances atténuantes vous ont été reconnues. Elles vous seront aussi été reconnues 5 ans après, quand vous serez libéré de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques années plus tard quand vous serez réhabilité dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les médias à travers le succès éblouissant de vos livres, celui de vos nombreuses conférences et par votre témoignage d’homme d’honneur. Ces circonstances atténuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le Président de la République en personne vous élèvera à la plus haute distinction de l’Ordre de la Légion d’Honneur ; au cours de cette cérémonie émouvante, qui eut lieu dans le Panthéon

des soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur ! Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi préservé leur honneur en faisant le choix de la discipline. Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragédie algérienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient à l’un de vos contemporains, le général de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procès qui suivirent, déclara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal :

 

« Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre »

!

Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne après tant de drames vécus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici même à Lyon, vous êtes agressé un soir dans la rue par deux individus masqués, dont l’un vous crie, une fois que vous êtes à terre :

 

« Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! » Cette agression survenait après l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un électrochoc et vous décidera alors à témoigner de ce que vous avez vu et vécu à la pointe de tous les drames qui ont agité la France au cours du XXème

siècle. Ainsi, au moment où vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carrière d’écrivain et de conférencier. Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la société française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre ! Toujours ce mystère de la vie et de la mort ! Au-delà des faits et des drames que vous évoquerez avec autant d’humilité que de pudeur, vous expliquerez les grandeurs et les servitudes du métier des armes et plus largement de celles de tout homme. A l’égard de ceux qui ont vécu les mêmes guerres, vous apporterez un témoignage simple, vrai, poignant et dépassionné pour expliquer les drames vécus par les soldats, qui, dans leur prérogative exorbitante de gardien des armes de la cité et de la force du pays, sont en permanence confrontés aux impératifs des ordres reçus, aux contraintes de la réalité des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques. A l’égard des jeunes générations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vécu de telles circonstances, mais qui vous ont écouté avec ferveur, vous avez toujours évité de donner des leçons de morale, ayant vous-même trop souffert quand vous étiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi à l’absence d’engagement. Vous êtes ainsi devenu une référence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de réflexion.

Puis dans les dernières années de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre « carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps médical, avec toute sa compétence, sa patience et son écoute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des années de déportation, les maladies contractées dans la jungle indochinoise et les djebels algériens, les conséquences des années de campagnes, d’humiliation ou de stress. Pourtant, vous avez déjoué les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez régulièrement bon nombre de vos frères d’armes à leur dernière demeure ! Là encore, le mystère de la vie et de la mort vous collait à la peau.

Et puis, aujourd’hui, Hélie, notre ami, vous êtes là au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XX

 

ème siècle, vous vous êtes endormi dans la paix du Seigneur en ce début du XXIème

siècle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprès de Manette et de celles et ceux qui ont partagé l’intimité de votre vie.

Mais, Hélie, êtes-vous réellement mort ? Bien sûr, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indéfinissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posée et déterminée ! Nous savons aussi que, lors de nos prochaines étapes à Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera ! Nous savons aussi que vos écrits sont désormais achevés !

Mais, Hélie, à l’instar de tous ceux qui sont ici présents, nous avons envie nous écrier, comme cet écrivain français

 

: « Mort, où est ta victoire ? »

Mort, où est ta victoire

 

, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ?

Mort, où est ta victoire

 

, quand on n’a cessé de frôler la mort, sans jamais chercher à se protéger ?

Mort, où est ta victoire

 

, quand on a toujours été aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manqué à son devoir ?

Mort, où est ta victoire

 

, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrême limite de leur cohérence, sans jamais défaillir à son honneur ?

Mort, où est ta victoire

 

, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejeté et que l’on est toujours resté fidèle à soi-même ?

Mort, où est ta victoire,

 

quand après avoir vécu de telles épreuves, on sait rester humble, mesuré et discret ?

Mort, où est ta victoire,

 

quand son expérience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des époques, des circonstances et des passions et sert de guide à ceux qui reprendront le flambeau ?

Mort, où est ta victoire

 

, quand après avoir si souvent évoqué l’absurde et le mystère devant la réalité de la mort, on fait résolument le choix de l’Espérance ?

Hélie, notre frère, toi qui a tant prôné l’Espérance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dû chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont présents pourraient entonner :

 

« Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons Hélie ! Oui, nous nous reverrons »

!

Oui, Hélie, oui, nous nous reverrons à l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vérité !

A Dieu, Hélie….A Dieu, Hélie et surtout merci ! Merci d’avoir su nous guider au milieu des

 

« champs de braise ! »

 

 Le général d'armée (2S) Bruno DARY

 

 

 

 
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 03:59

 

 

« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court.

 Depuis mon âge d’homme, Monsieur le président, j’ai

vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo,

Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre

d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…

« En Algérie, après bien des équivoques, après bien des

tâtonnements, nous avions reçu une mission claire :

vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du

patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique.

« On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers,

parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous

avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.

« Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était

changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un coeur léger. Alors nous avons pleuré.

L’angoisse a fait place en nos coeurs au désespoir.

« Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices

inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement.

Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région,

des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français.

« Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la

France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient

chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous

pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie :

« “ L’Armée nous protégera, l’armée restera “. Nous pensions à notre honneur perdu.

« Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous

aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la

victoire.

« Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation

militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque

entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés.

Que nous devions sauver notre honneur.

« Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis

devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des

officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.

« Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un

soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut

lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de

mentir, de se renier, de se parjurer. Oh ! je sais, Monsieur le

président, il y a l’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la

génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.

Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis,

comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant

Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

« Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à

la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion.

Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu

mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.

« C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.

« Terminé, Monsieur le Président

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 17:29

Paris le 27 août 2013 Message urgent à l'attention des membres et amis de l'UNP

 

Objet : Décès du chef de bataillon (ER) Hélie Denoix de Saint Marc, magnifique soldat et exceptionnelle figure des légionnaires parachutistes

 

 L'hécatombe meurtrière qui décime encore les rangs des Grands Anciens se poursuit. Une immense figure des légionnaires parachutistes connue dans le monde entier, un soldat remarquable, un homme d'honneur vient de nous quitter. Né le 11 février 1922 à Bordeaux, le chef de bataillon Hélie Denoix de Saint Marc, Grand Croix de la Légion d’Honneur, titulaire de 13 citations, prestigieux fleuron de notre histoire para, membre du comité d'honneur de l'UNP, s'est éteint le lundi 26 août matin à l'âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Un survol rapide de sa carrière témoigne de ses brillants états de service. Hélie de Saint Marc entre dans la Résistance (réseau Jade-Amicol) en février 1941, à l'âge de 19 ans après avoir assisté à Bordeaux à l'arrivée de l'armée et des autorités françaises d'un pays alors en pleine débâcle. Arrêté le 14 juillet 1943 à la frontière espagnole à la suite d'une dénonciation, il est déporté au camp de Buchenwald. Envoyé au camp satellite de Langenstein-Zwieberge où la mortalité dépasse les 90 %, il bénéficie de la protection d'un mineur letton qui le sauve d'une mort certaine. Ce dernier partage avec lui la nourriture qu'il vole et assume l'essentiel du travail auquel ils sont soumis tous les deux. Lorsque le camp est libéré par les Américains, Hélie de Saint Marc gît inconscient dans la baraque des mourants. Il a perdu la mémoire et oublié jusqu’à son propre nom. Il est parmi les 30 survivants d'un convoi qui comportait plus de 1 000 déportés. À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, âgé de vingt-trois ans, il effectue sa scolarité à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Hélie de Saint Marc part en Indochine en 1948 avec la Légion étrangère au sein du 3e REI. Il vit comme les partisans vietnamiens, apprend leur langue et parle de longues heures avec les prisonniers Viêt-minh pour comprendre leur motivation et leur manière de se battre. Affecté au poste de Talung, à la frontière de la Chine, au milieu du peuple minoritaire Tho, il voit le poste qui lui fait face, à la frontière, pris par les communistes chinois. En Chine, les troupes de Mao viennent de vaincre les nationalistes et vont bientôt ravitailler et dominer leurs voisins vietnamiens. La guerre est à un tournant majeur. La situation militaire est précaire, l'armée française connaît de lourdes pertes. Après dix-huit mois, Hélie de Saint Marc et les militaires français sont évacués, comme presque tous les partisans, mais pas les villageois. « Il y a un ordre, on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs », lui répond-on quand il interroge sur le sort des villageois. Son groupe est obligé de donner des coups de crosse sur les doigts des villageois et partisans voulant monter dans les camions. Les survivants arrivant à les rejoindre leur racontent le massacre de ceux qui avaient aidé les Français. Il appelle ce souvenir des coups de crosse sur les doigts de leurs alliés sa blessure jaune et reste très marqué par l'abandon de ses partisans vietnamiens sur ordre du haut-commandement. Il retourne une seconde fois en Indochine en 1951, au sein du 2e BEP , peu de temps après le désastre de la RC4, en octobre 1950, qui voit l'anéantissement du 1er BEP. Il commande alors au sein de ce bataillon la 2e CIPLE (Compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère) constituée principalement de volontaires vietnamiens. Ce séjour en Inchochine est l'occasion de rencontrer le chef de bataillon Raffalli, chef de corps du 2e BEP, l'adjudant Bonnin et le général de Lattre de Tassigny chef civil et militaire de l'Indochine, qui meurent à quelques mois d'intervalle. Recruté par le général Challe, Hélie de Saint Marc sert en Algérie, notamment aux côtés du général Massu. En avril 1961, il participe – avec le 1er REP, qu'il commande par intérim – au putsch des généraux, dirigé par le général Challe à Alger. L'opération échoue après quelques jours et Hélie de Saint Marc décide de se constituer prisonnier. Comme il l'explique devant le Haut Tribunal militaire, le 5 juin 1961, sa décision de basculer dans l'illégalité était essentiellement motivée par la volonté de ne pas abandonner les harkis, recrutés par l'armée française pour lutter contre le FLN, et ne pas revivre ainsi sa difficile expérience indochinoise. À l'issue de son procès, Hélie de Saint-Marc est condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passe cinq ans dans la prison de Tulle avant d'être gracié, le 25 décembre 1966. Après sa libération, il s'installe à Lyon avec l'aide d'André Laroche, le président de la Fédération des déportés et commence une carrière civile dans l'industrie. Jusqu'en 1988, il fut directeur du personnel dans une entreprise de métallurgie. En 1978, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires. À partir de 1989, Laurent Beccaria écrit sa biographie. Belle plume, devenu écrivain à succès, il publie plusieurs livres. "Les Champs de braises" sorti en 1995 est couronné par le Prix Fémina catégorie essai en 1996. Puis pendant 10 ans, Hélie de Saint-Marc parcourt les États-Unis, l'Allemagne et la France pour y faire de nombreuses conférences. En 1998 et 2000, paraissent les traductions allemandes des Champs de braises (Asche und Glut) et des Sentinelles du soir (Die Wächter des Abends) aux éditions Atlantis. En 2001, le Livre blanc de l’armée française en Algérie s'ouvre sur une interview de Saint Marc. En 2002, il publie avec August von Kageneck — un officier allemand de sa génération —, son quatrième livre, Notre Histoire, 1922-1945, un récit tiré de conversations avec Étienne de Montety, qui relate les souvenirs de cette époque sous la forme d'entretiens, portant sur leurs enfances et leurs visions de la Seconde Guerre mondiale. À 89 ans, le 28 novembre 2011, dans la cour d'honneur des Invalides, il est fait Grand-Croix de la Légion d'honneur par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Officier brillant atypique, homme d'honneur exceptionnel au parcours hors du commun, il rejoint ses frères d'armes partis avant lui. La famille légionnaire et parachutiste en deuil le salue avec déférence et admiration. Puisse Saint Michel l'accueillir sur la piste sans fin et la longue route des parachutistes au sein de la grande cohorte des glorieux et prestigieux soldats disparus. Au nom de l'UNP et de tous ses membres, je présente nos condoléances attristées à sa famille, et leur exprime notre douloureuse sympathie. Nous partageons leur peine et nous associons à leur tristesse. Le lieu et le jour des obsèques viennent d'être fixés.

 

La messe d’enterrement du commandant Hélie Denoix de Saint Marc sera célébrée par le cardinal Barbarin vendredi 30 août 15h à la cathédrale Saint Jean de Lyon, suivie par une inhumation dans l’intimité familiale.

 

 Afin d’accompagner le commandant Denoix de Saint-Marc dans son dernier voyage, je demande à tous ceux qui le pourront, et principalement aux membres des sections Rhône Alpes, d'assister en tenue UNP avec les drapeaux des sections aux cérémonies ou de s'unir par la pensée et l'intention à ceux qui seront présents. Par avance, je vous en remercie et sais pouvoir compter sur votre entière solidarité envers une grande figure du monde légionnaire parachutiste et un frère d'armes prestigieux au passé exceptionnel.

 Avec ma fidèle amitié para.

Général (2S) Christian PIQUEMAL

 Président national de l'UNP

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:36

2449009

 

Le 27 août 2013

Boulevard Voltaire
Jean
Sévillia
Journaliste et essayiste.
Rédacteur en chef adjoint au Figaro Magazine, membre du comité scientifique du Figaro Histoire, et auteur de biographies et d’essais historiques.

Nous le savions lentement aspiré par l’âge et la maladie, mais comme les vieux chênes, tant qu’il vivait et durait, il était là. Et puis est venu ce matin d’été où Hélie de Saint Marc est parti, et nous sommes nombreux, si nombreux, à être tristes. Et pourtant il n’aurait pas aimé notre tristesse, lui qui avait appris à surmonter les épreuves, toutes les épreuves que la vie lui avait infligées.

Quelle image retenir de lui, tant elles se bousculent dans la mémoire ? Enfance bordelaise et périgourdine, milieu de hobereaux désargentés. Sur une cheminée de la demeure familiale trône un buste de Marie-Antoinette. Le père, avocat, lit Charles Maurras mais veille, en 1942, à saluer dans les rues de Bordeaux les passants qui portent l’étoile jaune. Déjà un héritage de fidélité et d’esprit rebelle. Le jeune Hélie est membre d’un réseau de Résistance. En 1943, cherchant à rejoindre les forces combattantes d’Afrique du Nord, il est dénoncé, arrêté. Prison, Compiègne, Buchenwald, puis le camp satellite de Langenstein… Saint Marc en réchappe grâce à un communiste letton qui l’a pris sous sa protection. Quand il est libéré par les Américains, il pèse 42 kilos et ne se rappelle plus son nom.

Ayant frôlé la mort, il n’a plus peur. À 23 ans, il est élève à Saint-Cyr. Avec la Légion, ce sont ensuite deux séjours en Indochine, et cette scène qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours : sur ordre du commandement, au cours d’une opération de repli à la frontière de Chine, il devra abandonner des villageois qui avaient fait confiance à l’armée française.

Ce sera ensuite la guerre en Algérie, sous la direction du général Massu, puis le putsch de 1961 dans lequel, commandant par intérim du 1er REP, il entraîne son régiment. Lors de son procès, le soldat perdu expliquera n’avoir pas voulu revivre ce qu’il avait subi en Indochine : trahir la parole donnée.

Condamné à dix ans de réclusion criminelle, gracié en 1966, il entame une carrière civile et mène enfin une vie de famille. Deux décennies d’activité professionnelle où il ressemble – en apparence – à un cadre tel que l’industrie française en emploie des milliers, mais où il mûrit en réalité une réflexion qui s’exprimera, à partir des années 1990, dans ses livres et ses conférences. Témoin et acteur d’événements tragiques, Hélie de Saint Marc devient alors un personnage public, qui raconte et commente ce qu’il a vu. Mais il ne le fait pas comme un ancien combattant ; soit dit avec le respect qu’on doit aux anciens combattants…

Ancien déporté, ancien officier ayant servi dans des guerres perdues, ancien prisonnier, ancien proscrit, Hélie de Saint Marc, quand il se racontait, ne ressassait pas ses malheurs. Au contraire, sans renier ses engagements, il sublimait sa propre histoire, parvenant à une sagesse lucide sur la destinée humaine. Ceux qui avaient l’honneur d’être reçus par lui, à Lyon ou à l’ombre de ses oliviers, dans la Drôme, le constataient : le présent et l’avenir le passionnaient plus encore que le passé.

La foi, la fidélité, l’honneur, le patriotisme, le courage, le don de soi, le service, telles étaient les valeurs qu’il prêchait, avec son profond regard et sa voix sûre, mais calme. « Il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine », écrivait-il dans sa Lettre à un jeune de vingt ans. Adieu donc, cher Hélie de Saint Marc, à la douce pitié de Dieu. Vous aussi, à votre manière, vous étiez un Veilleur.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:07

 

UNC du DAUPHINE : Section de Biviers et Saint Ismier 

  116 chemin Plate Rousset 38330 Biviers             

 

                   

  

 

 

 

Mesdames, Messieurs, Chers camarades,

Fidèles à notre tradition mémorielle, nous vous proposons cette année, le mardi 17 Septembre 2013 dans le cadre du 70eme anniversaire de la mort de Jean Moulin, Préfet de la République et Résistant, qui avait la mission d’unifier les mouvements de la Résistance Française, de visiter le Fort–prison de Montluc à Lyon, réquisitionné en 1942 par l’armée allemande, devenu le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. Des milliers d’otages et de résistants y seront internés comme ce fut le cas pour notre ami et adhérent Pierre Gascon et son père après l’arrestation des chefs de la Résistance à Caluire le 21 Juin 1943.

Nous prendrons notre repas dans le « Vieux Lyon où se trouve l’un des plus typiques « Bouchon Lyonnais » « A la Traboule » voir l’exceptionnel menu en annexe et coupon réponse à retourner à Raymond Chevallier 368 chemin de Plate Rousset 38330 Biviers (Tél 04 76 18 04 12) impérativement avant le 14 septembre.                                                                       

Puis profitant du sacre de Lyon au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans ces vieux quartiers datant de la création par les Romains de Lugdunum, la ville antique, nous découvrirons parmi les immeubles du Moyen Age et de la Renaissance,  le circuit des célèbres traboules traversant les quartiers de St Paul et Saint Jean.

Enfin une visite de la basilique de Fourvière et son panorama clôturera cette journée.

Programme détaillé de la journée du 17 Septembre 2013 :

-7h15 Regroupement au parking de Montbonnot « Pré de l’eau » face au magasin Botanic

-7h30 Départ en car

-10h Visite du Centre d’Histoire et de Déportation (Fort Montluc)

-12h à 14h Repas traditionnel au « Bouchon Lyonnais » A la Traboule 3 place du Gouvernement 69005 Lyon

 -14h à 16h30 Visite des quartiers St Paul et St Jean avec leurs traboules et leurs cours intérieures Renaissance

-17h à 18h Cathédrale de Fourvière, point de vue.

-20h Retour Montbonnot

   * Prix de la journée  =  30 €

 

 Menu et Coupon-réponse pour sortie

 mémorielle du 17 septembre 2013

 

 

 

 

 

Menu :        

               Apéritif  Kir et ses amuse-bouche                                                                       

                                  ENTREE                                                                                                     

 N° 1  Salade Lyonnaise (salade verte, œuf poché, lardons, croutons                                                                   

 N° 2  Soupe à l’oignon

 N° 3  Œuf meurette (Sauce vin, lardons, croûtons, œuf poché)

 N° 4  Casse-croûte du Chasseur (jambon cru, rosette, fromage de chèvre, miel)  

 N° 5  Salade Bressane (Salade verte, foie de volaille déglacé au vinaigre Balsamique, ail, échalote)      

 N° 6  Cervelle des Canuts, pommes vapeur (fromage blanc, ail, persil, ciboulette, vin blanc, sel, poivre)

 N° 7  Salade de chèvre chaud

                           PLAT PRINCIPAL

 N° 8  Saucisson chaud, sauce Beaujolaise

        N° 9  Andouillette gastronomique sauce moutarde

        N°10 Marée du jour

        N°11 Gâteau de foie de volaille et son coulis de tomate

        N°12 Quenelle de brochet, sauce Nantua

        N°13 Bavette à l’échalote

        N°14 Boudin façon paysanne

        N°15 Assiette Végétarienne

        N°16 Tripes à la lyonnaise

        N°17 Tablier de Sapeur, sauce Gribiche

                                    DESSERT

        N°18 Un demi St Marcellin

        N°19 Fromage blanc à la crème

        N°20 Fromage blanc au coulis de fruits rouges

        N°21 Dessert Maison

                                                                   Café – Un pot de vin pour 3 personnes (blanc, rosé, rouge)

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            Coupon-réponse à  découper et  à renvoyer à Raymond Chevallier  368 chemin de Plate Rousset 38330 BIVIERS impérativement avant le 14 septembre (Merci)

( : 04 76 18 04 12 et raymond_chevallier@yahoo.fr

      

 Merci d’établir votre chèque à l’ordre de « Amicale des Anciens Combattants »

     

 o  Je soussigné (Nom)…………………..(Prénom)……………….participerai à la sortie du 17 septembre 2013

      accompagné de …….personne(s)     Ci-joint chèque pour ………personne(s)  x  30 €   = ……….€

 

Menu : Je précise mes choix en inscrivant ci-dessous 3 numéros correspondant aux plats choisis d’abord en entrée, ensuite au plat principal, puis au dessert . (Etablir un coupon réponse par personne si choix différents)

     

ENTREE = N°….. (nb =…..)      PLAT PRINCIPAL = N°.…. (nb =…..)       DESSERT = N° ….. (nb = …..)

     

Observations éventuelles :

  

 

 

 

 

 

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