Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenue

  • : UNC Alpes Dauphiné
  • : Vie des Sections rattachées
  • Contact

Formulaire d'adhésion

Recherche Article

Pour nous joindre

               

 

La Guerre d'Algérie

5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 20:36

Hautes-Alpes: L'adjudant Blandine Perroud, championne de parachutisme et membre de l'équipe de France militaire (ETAP), est décédée des suites de ses blessures au CHU de Grenoble. Après un jour dans le coma, cette championne de parachutisme a perdu la vie dans l'accident dramatique qui est survenu mercredi en fin de matinée.

Hier, Blandine Perroud, âgée de 36 ans a fait une grave chute d'environ 40 mètres sur l'aérodrôme de Gap-Tallard. Il semblerait qu'un problème d'ouverture de parachute soit à l'origine de l'accident. Sa voile s'est ouverte mais elle a "twisté". Blandine aurait donc tenté de se défaire avec ses jambes mais sans succès.  Puis, elle aurait entamé sa procédure de secours.

Blandine Perroud qui s'entrainait en vue de l’échéance majeure de la saison, les championnats du monde militaires qui se dérouleront à Qionglai . 

Blandine Perroud avait sauté le 14 juillet dernier sur la Concorde à Paris.

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:42
  
30 septembre 2013 – 11:22  
Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, en août dernier, le président de la Confédération suisse, Ueli Maurer, qui assume aussi les fonctions de ministre de la Défense, avait insisté sur la nécessité de s’adapter aux nouvelles menaces, lesquelles restent difficile à cerner.
“Après les échecs en Irak et en Afghanistan, précisément malgré ces moyens lourds, nous ne croyons plus à ce type d’agression avec pluie d’obus en Europe. Les dégâts collatéraux seraient trop importants. Par contre, nous ne savons pas exactement quelles armes seraient utilisées et donc de quoi nous aurions besoin pour notre défense”, avait-il expliqué.
Toutefois, il n’avait pas écarté l’idée d’un conflit sur le Vieux Continent. “Je n’exclus pas complètement qu’un jour, l’Europe puisse être entraînée ou touchée par un conflit armé. Mais avec d’autres armes”, avait-il avancé. Mais la seule menace auquel la Suisse se prépare est liée à une éventuelle chute de la zone euro et ses conséquences. Le même Ueli Maurer avait ainsi estimé, l’an passé, que les armées européennes ne seraient plus en mesure de faire face à une situation pouvant dégénérer.
D’ailleurs, le scénario d’un éclatement de la zone euro préoccupe l’état-major suisse depuis maintenant 3 ans. Son chef, le général André Blattman, avait ainsi présenté devant la  Commission de la politique de sécurité (CPS) une carte des menaces selon laquelle il fallait accorder une attention toute particulière à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie – alors tous en difficultés financières – ainsi qu’à la France, qui, à l’époque, restait encore très bien notée (avec le fameux triple A) par les agences de notation. Et d’estimer que ces pays pouvaient connaître “des situations” marquées par des “troubles sociaux” susceptibles de provoquer un afflux de réfugiés en Suisse.
Ce scénario avait ainsi fait l’objet de l’exercice militaire Stabilo Due, en septembre 2012, avec la mobilisation de 2.000 soldats suisses, censés se préparer à des “troubles, des attentats et des actes de violence” causés par “l’instabilité d’une partie de l’Europe spécialement délimitée géographiquement pour l’occasion.”
Un an plus tard, d’autres manoeuvres, appelées cette fois Duplex-Barbara, ont porté sur le même thème. Sauf que le scénario retenu concerne plus particulièrement la France… imaginée comme étant en déroute financière et désintégrée en plusieurs entités régionales.
Ainsi, du 26 au 28 août, révéle Le Matin Dimanche, les forces suisses – une brigade blindée, au moins, a été engagée – ont dû repousser une invasion lancée par la “Saônia”, un territoire correspondant au Jura français, pour aller récupérer l’argent que la Suisse lui avait “volé, en défendant trois points de passage proches de Neuchâtel, Lausanne et Genève.
Toujours selon ce scénario, la “Saônia” était appuyée par une organisation paramilitaire appelée BLD (Brigade Libre de Dijon). En gros, les planificateurs suisses ont puisé dans l’histoire et ont dû s’inspirer des batailles de Grandson et de Morat qui opposèrent la Confédération aux troupes de Charles Le Téméraire, le Duc de Bourgogne, en 1476…
Cela étant, le commandant de la brigade blindée suisse, Daniel Berger, s’est voulu rassurant. “L’exercice n’a strictement rien à voir avec la France que nous apprécions, il a été préparé en 2012, alors que les relations fiscales franco-suisses étaient moins tendues. Des villes françaises sont citées uniquement pour donner des échelles réelles aux soldats”, a-t-il expliqué.
 

Un exercice militaire suisse basé sur une attaque française
- Publié le 29/09/2013 à 12:43
L'armée suisse a imaginé une attaque de la France contre la Confédération dans l'exercice 2013 des brigades blindées de Suisse romande, qui s'est déroulé du 26 au 28 août, révèle le journal Le Matin Dimanche.
Concrètement, l'armée a imaginé que la France, en complète déroute financière, s'est désintégrée en plusieurs entités régionales, sous l'effet de la crise, et l'une d'elle, baptisée "la Saônia" a décidé d'attaquer la Suisse, forcée ainsi de se défendre, selon le scenario retenu.
L'exercice, appelée Duplex-Barbara, est fondé sur une invasion de la "Saônia", soit le territoire du Jura français, à partir de trois points de passage, proches de Neuchâtel, Lausanne et Genève, selon une carte reproduite par le journal, qui a pu consulter les détails de l'opération.
Une organisation paramilitaire proche du gouvernement de la Saônia, et appelée BLD (Brigade Libre de Dijon) veut "venir chercher l'argent que la Suisse a volé à Saônia", selon l'exercice militaire et organise des attentats en Suisse.
En 2012, l'exercice militaire suisse, appelé "Stabilo Due", prévoyait la chute de l'euro, entraînant un chaos social en Europe et un afflux de réfugiés en Suisse.
Selon Daniel Berger, commandant de la brigade blindée suisse, "l'exercice n'a strictement rien à voir avec la France que nous apprécions, il a été préparé en 2012, alors que les relations fiscales franco-suisses étaient moins tendues".
Dimanche dernier, les Suisses ont voté à une très large majorité le maintien de leur système d'armée de milice, basé sur la conscription militaire obligatoire.
Ainsi, 73,2% des votants ont dit non à la proposition du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA), qui demandait la fin du service militaire obligatoire et de le remplacer soit par des volontaires, soit par une petite armée de métier.
L'armée de milice constituée de citoyens-soldats est considérée comme l'un des piliers fondateurs de la nation suisse. Ses effectifs sont de 155.000 aujourd'hui.
Partager cet article
Repost0
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 15:05

 invitation

 

 

 

Chers amis
 
 Cette exposition est dédiée aux 89 soldats morts  et aux  700  soldats blessés en Afghanistan (dont 13 pour la 27ème Brigade d'Infanterie de Montagne).
Veuillez trouver ci joint l'invitation ainsi que le descriptif de cette exposition  "La guerre d'Algérie une exigence de vérité" qui se déroulera  à l'Oriel de Varces du 23 au 27 Octobre 2013.
Nous comptons sur votre visite et votre présence aux différentes conférences.
Nous organisons cette action avec l'Association des Croix de Guerre et bénéficions du parrainage des décorés de la Légion d'Honneur au péril de leur vie.
Les associations des Anciens du 7ème BCA, du 93ème RA et de la FRESM soutiennent notre démarche.
Votre aide serait aussi la bienvenue pour l'organisation de cet évènement auquel nous associerons les unités de combat de la garnison ainsi que leur famille.(merci de manifester votre volontariat à J.Bouissou)
 
        Le Président P.Chauvet                                                             Le secrétaire général  J.Bouissou
 
 

Capture d’écran (73)CINQUANTENAIRE DE LA FIN DE LA GUERRE D'ALGERIE

L'Union Nationale des Combattants du Dauphiné, l’Association des Croix de Guerre de l’Isère, avec le parrainage de l’Association des décorés de la Légion d’Honneur au péril de leur vie, présentent du 24 au 27 Octobre 2013, de 14h à 18h30 au complexe  LORIEL de VARCES-ALLIÈRES & RISSET l'exposition

 

                 LA GUERRE D’ALGERIE « une exigence de vérité »

 

ouverte au public est dédiée à la mémoire des soldats de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne morts ou blessés en Afghanistan.

Inauguration le 23 octobre 2013 à 18 h 30 par Monsieur le Maire de Varces et les organisateurs.     

Cette œuvre de mémoire réalisée par des membres de l'Union Nationale des Combattants du Dauphiné et des deux Savoies - dont nombreux parmi eux ont été acteurs de cette guerre - présentera 45 tableaux ainsi qu'une plaquette détaillant l'exposition.

Mais pourquoi évoquer cette guerre, et pourquoi cette exigence de vérité ? Parce que près d'un demi-siècle après la fin de ce conflit, les plaies n'en sont pas encore refermées et le contentieux entre la France et l'Algérie loin d'être réglé. Pourtant cette guerre d'Algérie aurait pu connaître un autre dénouement. Aucune fatalité ne la destinait à ce terrible résultat, avec son cortège de massacres, de trahisons et de honte. La « paix des braves » prônée un temps par le général de Gaulle aurait pu réconcilier les adversaires d'hier et permettre une cohabitation entre les différentes communautés. Ce qui était d'ailleurs le vœu de l'immense majorité du pays.

En réalité, un million de Pieds-noirs ont dû quitter ce pays en abandonnant tout, leurs biens, leurs souvenirs et leurs morts... 150000 harkis ont été massacrés par le FLN après le 19 Mars 1962....

La guerre d'Algérie a rompu une cohabitation séculaire entre des communautés qui partageaient le même amour pour cette terre.

Cinquante et un ans plus tard, d'aucuns affirment qu'il n'est toujours pas possible d'aborder sereinement le sujet. Trop d'enjeux s'y rattachent encore, enjeux politiques, mémoriels et émotionnels. Cette exposition se veut libre de tout esprit partisan et de toute polémique. Elle entend simplement rappeler l'histoire.

 

Conférences à 18h30 :

Jeudi 24/10/2013        Août 1914, la France au bord du gouffre - LTC(H) JP MARTIN

Vendredi 25/10/2103  Les S.A.S. – CNE(H) C. GRANDJACQUES

Samedi 26/10/2013    L’Algérie, un drame français – CBA(H) P. CHAUVET

Dimanche 27/10/2103 Le temps des bâtisseurs de l’Algérie française – R. DAPORTA (A.C.)

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 17:30

 

Grenoble le 25 Septembre 2013 
 
C'est devant une assistance trés nombreuse, de harkis, de rapatriés d'Algérie et de leurs organisations, d'anciens combattants, de nombreux militaires en tenue et d'un grand nombre de drapeaux, que s'est tenue la cérémonie commémorative rappelant le rôle et le sacrifice  de plus de 150000 Harkis pendant la guerre d'Algérie.

 

 

 

 

 

 

25-09-13_1739.jpg

 

de gauche à droite: Naura Betayeb fille d'un sous officier harki , Hassan Belmokre Croix de la Valeur Militaire, Brahim  Remli porte drapeau depuis 40 ans,Croix du Combattant Volontaire, en captivité sept ans par le FLN apres le 19mars 1962,dans le sinistre camp d'extermination de Lambese.Sauvé par la Croix Rouge Internationale.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 07:50

Fanfare du 27ème BCA

 

Publiée le 23 sept. 2013

Voici un extrait de l'article du journal "Le Soleil" du vendredi 23 août 2013

 

 Après une ouverture plus solennelle, réunissant les quelque 700 participants au Tattoo rigoureusement alignés au centre du Colisée, les musiciens du du Royal 22e Régiment ont ouvert le ballet des routines sur une note plus festive...Par la suite, presque tous les orchestres ont ponctué leur prestation de clins d'oeil souriants. La palme d'or revient certainement à la fanfare du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins d'Annecy. Ils ne voyagent pas léger, les cousins français: skis et raquettes, brancards et piolets ainsi que quelques cors alpins pour compléter leur attirail musical. Et quel sens de l'humour! Entre un musicien jugé trop corpulent par les brancardiers qui joue son propre éloge funèbre et une interprétation bien sentie de Bad Romance de Lady Gaga, ils ont fait passer un fichu de bon moment, hier, au public du Colisée.

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 16:13
Source, journal ou site Internet : RFI
Date 22 septembre 2013
 
C’est une information RFI : les mauvaises nouvelles ne devraient pas tarder au ministère de la Défense, avec l’annonce des premiers sites qui devront fermer en 2014. C’est le résultat de la Loi de programmation militaire (LPM) avec une nouvelle réforme des armées qui doit conduire à la suppression de 24 000 emplois supplémentaires (6 000 officiers, 9 000 militaires du rang, 9 000 sous-officiers). Il va falloir fermer des bases et dissoudre des régiments.
 
Depuis quelques mois, c’est l’inquiétude particulièrement dans l’armée de Terre qui va devoir, à elle seule, assumer une réduction de format de l’ordre de 12 000 hommes, quatre à cinq régiments seront dissous.
Une affaire délicate, à quelques mois des municipales en France
Dans certaines régions, la fermeture d’une caserne a un fort impact sur la vie économique locale. Les premières annonces officielles doivent arriver dans les jours à venir. Une fermeture, ce n’est jamais une bonne nouvelle à annoncer. Du coup, le ministère de la Défense se contentera de donner la liste pour 2014, alors que la Loi de programmation militaire court jusqu’en 2019. Mais ça devient quand même urgent, les chefs de corps voudraient avoir un peu de visibilité, parce qu’évidemment, il faudra prévenir leurs personnels assez tôt pour qu’ils puissent s’organiser. Il faut prévoir un déménagement, une reconversion, changer d’école pour les enfants, etc. « Je sais combien c'est difficile, donc je pense qu'il faut ne pas être brutal, nous aurons une pédagogie et un accompagnement très important à cet égard. Il y aura une première série de décisions à la rentrée pour 2014, et je ferais ça de manière très parcimonieuse en évitant au maximum les fermetures, mais il y a en aura », a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, lors de la présentation à la presse de la LPM 2014-2019. Les contours de la nouvelle carte militaire française commencent à se dessiner C'est une information RFI : deux régiments de l’armée de Terre vont fermer en 2014. Dans le sud-est, à
 
Carpiagne près de Marseille, le 4e régiment de Dragon (4e RD) va disparaître. Il sera remplacé par le 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC) d'Orange. La légion va déménager pour s'installer un peu plus au sud. Dans l'est, c'est le 110e régiment d'infanterie (110e RI) qui est visé. Le problème, c’est qu’il appartient à la brigade franco-allemande (BFA) riche en symboles mais dont les derniers engagements opérationnels remontent aux Balkans, il y a dix ans.
 
Pour faire le compte, après 2015 il faudra donc encore supprimer deux à trois régiments. Dans le sud-ouest, le 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (3e RPIMa) de Carcassonne devrait en faire les frai Dans l’est, un ou plusieurs régiments de la 1re brigade mécanisée (1re BM) de Châlons-en- Champagne seraient concernés. Enfin, les drones tactiques de Chaumont du 61e régiment d’artillerie (61e RA) vont rejoindre Etain auprès des hélicoptères du 3e régiment d'hélicoptères de combat (3e RHC) qui accueillerait alors un bataillon d'appuis hélicoptères, un bataillon d'hélicoptères, et un régiment de drones tactiques. La Marine et l’armée de l’Air s’en sortent mieux
 
Côté armée de l'Air, entre 2014 et 2019, on évoque la fermeture de la base de Luxeuil qui compte plus d'un millier d'employés civils et militaires. Les bases d'Orange et de Dijon devraient être restructurées ou disparaître. La Marine, elle, s'en sort bien. Elle devra faire l’économie de 100 postes en 2014 mais est en retard sur la précédente réforme. Elle jouera essentiellement sur les recrutements pour faire baisser ses effectifs. C'est le 30 septembre prochain que le gouvernement lèvera officiellement le voile sur ces mesures.
Partager cet article
Repost0
24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 04:54
 

 

 La stèle du bachaga Saïd Boualam transférée à Santa Cruz, Mas de Mingue. Nîmes
Un écrin pour la stèle du Bachaga Saïd Boualam. Samedi 21/9/2013. Midi Libre Dimanche 22: Hommage.

Devant trois cents personnes, plus de vingt-cinq drapeaux d'anciens combattants et d'associations, la stèle du bachaga (haut dignitaire) Saïd Boualam a été transférée de la place du même nom, au Mas de Mingue, dans le sanctuaire de Santa Cruz. « Elle est maintenant comme dans un écrin où elle peut perpétuer son histoire, un lieu où Marie est vénérée par les religions catholiques et musulmanes. » Explique le fils de Saïd Boualam.
Mais il précise aussi durant son discours sur le passé douloureux des harkis et de l'action de Saïd Boualam dont cette stèle est témoin:« Trop d'ignorance, l'usure du temps, pas assez de respect parfois, ont motivé ce déplacement. »
Jean-Paul Fournier, sénateur maire, « l'histoire retiendra qu'il fut un combattant courageux, un fonctionnaire fidèle et compréhensif envers ses administrés, un élu de la république engagé, vice président de l'assemblée nationale. » .J'accompagne une dame âgée, et en tant qu'observatrice beaucoup moins concernée, je peux dire qu'une grande émotion transparaît de cette assemblée. Elle force au respect au delà de toutes les opinions et incite à une réflexion sur l'histoire » explique une dame en aparté. "Il s'agit de rendre hommage à ce grand patriote, à sa famille, aux Harkis et à l'ensemble des rapatriés et des pieds noirs » conclut le maire.
.....
Partager cet article
Repost0
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:57
"Un appel à la prudence sur la question syrienne". Tribune publiée dans le New York Times, le 11 septembre 2013, par le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine.

 

 

Les récents événements entourant la Syrie m'ont poussé à m'adresser directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important de le faire en ces temps de communication insuffisante entre nos sociétés. 
 

Les relations entre nous sont passées par différentes étapes. Nous étions les uns contre les autres pendant la guerre froide. Mais nous avons aussi été des alliés, à une époque, et nous vaincu les nazis ensemble. L'organisation internationale universelle - l'Organisation des Nations Unies - a ensuite été mise en place pour empêcher qu'une telle dévastation ne se reproduise jamais. 

 

Les fondateurs de l'Organisation des Nations Unies ont compris que les décisions concernant la guerre et la paix ne devaient se produire que par consensus, et avec le consentement de l'Amérique, le veto par les membres permanents du Conseil de sécurité a été inscrit dans la Charte des Nations Unies. La profonde sagesse de ce point a étayé la stabilité des relations internationales pendant des décennies. 

 

Personne ne veut que l'Organisation des Nations Unies subisse le sort de la Société des Nations, qui s'est effondrée parce qu'il lui manquait un véritable levier. Cela serait possible si les pays influents contournent les Nations Unies et entreprennent une action militaire sans l'autorisation du Conseil de sécurité. 

 

L'attaque potentielle des États-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et des principaux responsables politiques et religieux, y compris le pape, se traduira par davantage de victimes innocentes et une escalade, la propagation potentielle du conflit au-delà des frontières de la Syrie. Une attaque augmenterait la violence et déclencherait une nouvelle vague de terrorisme. Elle pourrait saper les efforts multilatéraux visant à résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien et déstabiliser davantage le Moyen-Orient etl' Afrique du Nord. Elle pourrait détruire l'équilibre de l'ensemble du système du droit et de l'ordre international. 

 

Le Syrie n'est pas témoin d'une lutte pour la démocratie, mais d'un conflit armé entre le gouvernement et l'opposition, dans un pays multireligieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie . Mais il y a plus qu'assez de combattants d'Al Quaïda et d'extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d'Etat des Etats-Unis a désignéd'emblée le Front Al Nusra et l'Etat islamique d'Irak et le Levant, combattant avec l'opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimentée par les armes étrangères fournies à l'opposition, est l'un des plus sanglants dans le monde. 

 

Des mercenaires des pays arabes combattent là-bas, et des centaines de militants en provenance des pays occidentaux et même de Russie, sont l'objet de notre profonde inquiétude. Ne pourraient-ils pas retourner dans nos pays avec l'expérience acquise en Syrie? Après tout, après les combats en Libye, les extrémistes sont passés au Mali. Ceci nous menace tous. 

 

Dès le début, la Russie a prôné un dialogue pacifique permettant aux Syriens d'élaborer un plan de compromis pour leur propre avenir. Nous ne protégeons pas le gouvernement syrien, mais le droit international. Nous devons utiliser le Conseil de sécurité des Nations Unies et croyons que la préservation de l'ordre public dans le monde complexe et turbulent d'aujourd'hui est l'une des rares façons d'empêcher les relations internationales de sombrer dans le chaos. La loi est toujours la loi, et nous devons la suivre que nous le voulions ou non. Selon le droit international actuel, la force n'est autorisé qu'en cas de légitime défense ou par la décision du Conseil de sécurité. Tout le reste est inacceptable en vertu de la Charte des Nations Unies et constituerait un acte d'agression. 

 

Personne ne doute que le gaz toxique a été utilisé en Syrie. Mais il y a tout lieu de croire qu'il n'a pas été utilisé par l'armée syrienne, mais par les forces de l'opposition, afin de provoquer l'intervention de leurs puissants protecteurs étrangers, qui seraient du côté des fondamentalistes. Les rapports selon lesquels les militants (rebelles) prépareraient une nouvelle attaque - cette fois contre Israël - ne peuvent pas être ignorés. 

 

Il est alarmant de constater que l'intervention militaire dans les conflits internes dans les pays étrangers est devenue monnaie courante aux États-Unis. Est-ce dans l'intérêt à long terme de l'Amérique? J'en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de plus en plus l'Amérique non pas comme un modèle de démocratie, mais comme s'appuyant uniquement sur la force brute, bricolant des coalitions réunies sous le slogan «vous êtes avec nous ou contre nous». 

 

Mais la force s'est révélée inefficace et inutile. L'Afghanistan est sous le choc, et personne ne peut dire ce qui se passera après que les forces internationales se seront retirées. La Libye est divisée en tribus et en clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, beaucoup de gens établissent une analogie entre l'Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement veut répéter les erreurs récentes. 

Peu importe comment les frappes cibleront, ou les armes sophistiquées employées, les victimes civiles sont inévitables, y compris les personnes âgées et les enfants, que les frappes sont censées protéger. 

 

Le monde réagit en demandant: si on ne peut pas compter sur le droit international, alors il faut trouver d'autres façons d'assurer sa sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique: si vous avez la bombe, personne ne va vous toucher. Nous sommes partis de la nécessité de renforcer la non-prolifération, alors qu'en réalité cela s'érode. 

Nous devons cesser d'utiliser le langage de la force et reprendre le chemin du règlement diplomatique et politique civilisé. 

 

Une nouvelle possibilité d'éviter une action militaire a émergé dans les derniers jours. Les Etats-Unis, la Russie et tous les membres de la communauté internationale doivent tirer parti de la volonté du gouvernement syrien de mettre son arsenal chimique sous contrôle international pour destruction ultérieure. A en juger par les déclarations du président Obama , les Etats-Unis voient cela comme une alternative à l'action militaire. 

 

Je me réjouis de l'intérêt du président à poursuivre le dialogue avec la Russie sur la Syrie. Nous devons travailler ensemble pour maintenir cet espoir vivant, comme convenu au Groupe des 8 réuni à Lough Erne en Irlande du Nord en Juin, et réorienter le débat vers les négociations. 

 

Si nous pouvons éviter la force contre la Syrie, cela permettra d'améliorer l'atmosphère dans les affaires internationales et de renforcer la confiance mutuelle. Ce sera notre réussite commune et ouvrira la porte à la coopération sur d'autres questions cruciales. 

 

Ma relation professionnelle et personnelle avec le président Obama est marquée par la confiance croissante. J'apprécie cela. J'ai étudié attentivement son discours à la nation mardi. Et je serais plutôt en désaccord avec ce qu'il a dit sur l'exceptionnalisme américain, affirmant que la politique des États-Unis est «ce qui rend l'Amérique différente. C'est ce qui nous rend exceptionnels». Il est extrêmement dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. Il y a de grands pays et les petits pays, des riches et des pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux cherchent encore leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent, aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux. 

 

 

Vladimir V. Poutine, président de la Fédération de Russie.
Traduction assurée par le site Benoit&Moi que nous remercions : http://benoit-et-moi.fr/2013-III/actualites/la-lettre-de-poutine-aux-americains.html

 

Vendredi 13 Septembre 2013

 

ProRussia.tv

 

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:50
 
L'ÉLOGE FUNÈBRE DE ROLAND DE LA POYPE. LES OBSÈQUES DE L'ANCIEN DU NORMANDIE-NIÉMEN
ONT EU LIEU MARDI AUX INVALIDES. LES CHOEURS DE L'ARMÉE ROUGE AVAIENT FAIT LE DÉPLACEMENT
 
AUCUN MINISTRE FRANCAIS N'ÉTAIT PRÉSENT !
 
>  VOICI L'ÉLOGE FUNÈBRE DE ROLAND DE LA POYPE, ANCIEN DU NORMANDIE-NIÉMEN, PRONONCÉE HIER PAR MAX ARMANET LORS DE SES OBSÈQUES À SAINT-LOUIS DES INVALIDES.
> >
SI LES CHOEURS DE L'ARMÉE ROUGE AVAIENT FAIT LE DÉPLACEMENT,
ON NE PEUT PAS EN DIRE AUTANT DES AUTORITÉS POLITIQUES DE NOTRE PAYS. 
> >
ROLAND DE LA POYPE ÉTAIT SIMPLEMENT COMPAGNON DE LA LIBÉRATION, HÉROS DE L'UNION SOVIÉTIQUE,
GRAND-CROIX DE LA LÉGION D'HONNEUR.
Il est des hommes qui nous marquent.
Il est des hommes qui nous entraînent.
Il est des hommes qui nous illuminent.
 
Nous sommes tous là, aujourd'hui, pour répondre à l'invitation de Roland de la Poype.
> >  
> >
> >
> > Compagnon de la Libération, héros de l'Union soviétique, grand-croix de la Légion d'honneur, ils sont deux dans notre histoire à avoir réuni ces distinctions exceptionnelles. Roland de la Poype, Marcel Albert.
Deux frères d'armes qui furent l'honneur de la France d'avoir traversé le monde pour se retrouver aux côtés de leur frères russes et résisterà la barbarie nazie.
Deux preux dont l'amitié incarnait le tissu recousu de la France.
Marcel Albert, le titi métallo de Billancourt et Roland de la Poype, l'aristo lunaire d'Anjou.
C'est l'épopée du Normandie-Niémen, voulu par le Général de Gaulle, contre l'avis des alliés anglo-saxons,
Groupe de chasse numéro 3, quatorze pilotes, cinquante mécanos, débarqués sur la terre russe en novembre 1942 alors que la Bataille de Stalingrad bat son plein.
De ce premier contingent, quatre pilotes revinrent vivants.
Pendant trois années, cette poignée de Français libres va arpenter l'immensité russe pour témoigner de la fraternité de la France face à l'ennemi fasciste.
Au final, le meilleur score de la chasse française avec 273 victoires homologuées.
 
Quatorze d'entre elles furent le fait de Roland de la Poype.
Roland de Roncevaux avait entre ses mains Durandal, Roland de la Poype a un Yak, le n°24 sur lequel son mécano a peint une gueule de requin.
Il appartient au 18ème régiment de la Garde commandé par le colonel Goboulov,
unité de la prestigieuse 303ème division aérienne sous les ordres du général Zakharov.
Mais le résultat de la présence du Normandie aux côtés des Russes ne se réduit pas à un score,
elle refonde les bases légendaires d'une amitié entre les peuples qui dure encore.
Pour résumer cette épopée, Roland citait un exploit de pure fraternité qui, lorsqu'il l'évoquait, soixante ans après, lui nouait encore la gorge :
le sacrifice de Maurice de Seynes.
> > La tradition sur le front russe était d'emporter lors des vols de liaison, dans la soute du Yak, le mécano attitré de l'avion.
> > L'affection qui se tissait entre le pilote français et le mécanicien russe sont des liens que seules les misères d'une pareille guerre permettent de tisser.
Le 15 juillet 1943, lendemain de la fête nationale française, changement de terrain.
> > Les quatre escadrilles décollent les unes après les autres du terrain de Doubrovka.
Maurice de Seynes emmène Vladimir Bielozoub, coincé derrière le siège du pilote, dans la soute, sans parachute.
> > Au bout de quelques instants, de Seynes revient, l'habitacle envahi de fumée.
> > Aveuglé, tentative après tentative, de Seynes essaie de se poser... Vainement.
> > Le commandement français puis russe, lui ordonne d'abandonner son avion et de sauter en parachute.
> > La vie d'un pilote expérimenté est une denrée rare et précieuse. Seynes refuse.
> > Sauter, c'est abandonner Bielozoub.
> >  Les camarades restés au sol entendent la respiration oppressée de leur camarade qui se mure dans le silence.
> > Tous approuvent dans leur cœur le choix de Maurice. Ils feraient de même.
> > Quelques instants plus tard, à l'issue d'une ultime tentative, l'avion percute le flanc d'une colline proche.
> > Maurice de Seynes et Vladimir Bielozoub ont été enterrés côte à côte dans la terre de Doubrovka.
> > A la fin de la cérémonie, les enfants du village sont venus déposer un bouquet tricolore de fleurs des champs sur les tombes des deux amis.
> > Une semaine plus tard, à l'issue des féroces combats entourant le franchissement du fleuve Niémen,
Staline accordait au groupe de chasse Normandie la dignité d’accoler à son nom celui de Niémen.
> > En Russie, le nom des deux héros et le nom de Normandie-Niémen sont toujours connus par tous les écoliers et toujours enseignés avec respect.
> > Sans le Normandie-Niémen, sans les étoiles de Héros de l'Union soviétique accordés à quatre de ses aviateurs,
sans le baiser à la Russe, sur la bouche, que Staline donna à Pouyade, le commandant du désormais célèbre Neu-Neu, selon son surnom familier,
à la Noël 1944, les accords signés entre la France et l'Union soviétique la même nuit ne l'auraient pas été ;
la France n'aurait sans doute pas été autorisé par Staline a figuré à la table des vainqueurs de Berlin, le 8 mai 1945.
L 'épopée Normandie-Niémen nous enseigne qu'il n'est pas de grande politique durable sans humanité.
> > Ces garçons de vingt ans qui firent sérieusement, la guerre dans l'honneur jusqu'à la victoire, aimaient rire, vivre, aimer.
> > Ils faisaient juste leur devoir de Français, sans lequel il ne peut exister nulle prétention à l'exercice d'aucun droit.
> > A côté de La Poype, Albert, le duo légendaire du Normandie, Marcel Lefèvre , Jean de Pange, Pierre Pouyade, Joseph Risso,
 les mécanos Georges Marcelin, Alexandre Kaprolov.
> > Fraternité des gens de l'air...
> > Et puis les amis d'Angleterre Jean Maridor, Christian Martell, Charles Ingold, Henri de Bordas, Claude Raoul-Duval, Pierre Clostermann, Paddy Finucane,
« We few, we happy few, we band of brothers », disait Shakespeare.
> > La France libérée, Roland de la Poype a quitté l'uniforme, pris un métier,épousé une femme, fondé une famille qu'il a profondément aimée.
> > Entrepreneur visionnaire, il réinvente l'industrie du plastique.
> > Il créé le berlingot Dop, dessiné par Vasarely, ce conditionnement de shampoing commode et bon marché qui révolutionne l'hygiène en France.
> > Ses emballages plastiques de l'agroalimentaire sont les plus présents en Afriqueet en Amérique latine.
> > Maire de Champigné, membre actif de l'Aéro-Club de France, la maison des ailes françaises,
plus ancienne institution aéronautique au monde et dont il reçu comme Guynemer la grande médaille d'or.
> > Roland touche à tout ; il invente une voiture économique, écologique, modulable, la Méhari, présente dans tous les musée de design.
> > L'environnement pour lui est une passion avant qu'elle ne soit une mode.
> > Il fonde le Marineland d'Antibes afin de permettre à ses contemporains de connaitre la vie des grands animaux marins.
> > Mais au milieu de ce parc éblouissant,
il dresse un magnifique musée de la marine ainsi qu'un autre rendant hommage au débarquement de Provence d'Août 1944.
> > La distraction se conjugue alors à la connaissance, à l'histoire, à la culture.
> > On n'en finirait pas d'évoquer les projets futuristes que Roland de La Poype, jusqu'au bout, ne cessaient d'imaginer.
> > Au final, il aura fait plusieurs fois fortune, réinvestissant à chaque fois le gain accumulé afin d'entreprendre une nouvelle aventure.
> > La preuve par trois, en des temps où la cupidité est louée par les petits et les grands, que l'on peut faire fortune et enrichir la collectivité.
> > Toujours léger, il refusait farouchement tout statut d'icône, moquait tous ceux qui l'abordaient avec componction et solennité.
Il détestait les contraintes mais vouait une incroyable fidélité à la parole donnée.
> > Roland s'est éteint rempli des forces que donne l'amour en tenant la main de son épouse Marie-Noëlle,
de cet amour plus fort que la mort, qui continue une fois la terre quittée.
> >  
 
Max Armanet
> >  
> >
Aucun membre du gouvernement n'était présent : quelle HONTE !
>  
 
 
Partager cet article
Repost0
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:34

27 Août 2013 Valeurs actuelles

Par

François d'Orcival

 

 

 

Hommage. 1922-2013 “Le paradoxe de mon existence aura été d’être souvent attiré aux avant-postes de l’Histoire, d’en côtoyer les passions et les brûlures, tout en demeurant, sur le plan intérieur, en proie au questionnement…” Photo © AFP

 



« J’approche du mystère et je me sens plus démuni qu’un enfant. » Hélie de Saint Marc avait laissé, il y a trois ans, un testament spirituel sous le titre l’Aventure et l’Espérance. « À mon âge, écrivait-il, c’est peut-être la seule grâce qui reste, cette flamme fragile, si bouleversante, que je veux confier à mes lecteurs. » C’est parce qu’il a voulu la transmettre intacte, au-delà de la génération de ses frères d’armes, à celle de leurs enfants et petits-enfants, que cette flamme ne s’est pas éteinte le matin du lundi 26 août.

« Repiquer chaque matin le riz de nos souvenirs, écrivait-il encore, pour que d’autres en extraient quelques grammes d’humanité, pour les repiquer ailleurs. » Il était la sentinelle, le veilleur d’une très longue Histoire, le témoin dont parle Pascal quand il dit : « Je ne crois qu’aux témoins qui se font égorger. » « Les témoins, rappelait Saint Marc, sont le sel d’un pays. De près, ils brûlent la peau car personne n’a envie de les entendre. »

La première fois qu’il se fit entendre par d’autres hommes que ses soldats, ce fut le 5 juin 1961 devant le président et les huit juges du Haut Tribunal militaire réunis au palais de justice de Paris. Il portait son uniforme de sortie, son béret vert de légionnaire parachutiste et ses décorations (treize citations) sur la poitrine. « Depuis mon âge d’homme, monsieur le président, j’ai vécu pas mal d’épreuves, dit-il, la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez et puis encore la guerre d’Algérie. »

Il s’exprime ce jour-là comme détenu sous le mandat d’arrêt délivré le 6 mai 1961 par le juge Henry Théret à Denoix de Saint Marc, Marie Joseph Élie (avec une faute d’orthographe), né le 11 février 1922, commandant le 1er régiment étranger de parachutistes (Rep), cantonné à Zéralda (Algérie), sous l’inculpation d’“occupation d’édifices publics, port d’arme d’un mouvement insurrectionnel, intelligence avec les dirigeants d’un mouvement insurrectionnel”. Il s’en explique devant ses juges : « Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer… »

C’est pour cette raison-là, pour ne pas renier les engagements qu’il avait pris sur l’honneur en Algérie au nom de l’armée française, pour ses hommes, pour ses harkis, que six semaines plus tôt, le 21 avril 1961, il avait rallié un général entré en révolte, Challe, qu’il admirait comme il avait admiré de Lattre en Indochine. Il avait entraîné son régiment dans un putsch militaire et son destin avait basculé. Il est condamné, lui l’officier français, résistant, déporté, légionnaire, à dix ans de détention criminelle. Incarcéré à la Santé, à Clairvaux, à Tulle, il sera gracié par de Gaulle et libéré le jour de Noël 1966.

Le soldat jusqu’alors plongé dans l’action passe brutalement de l’aventure la plus intense à l’enfermement total. « Ce fut un temps de réflexion après une vie d’une incroyable richesse et le commandement d’hommes étranges et rudes. La prison peut pourrir. Elle m’a permis de beaucoup travailler. » Il avait près de lui aussi bien Péguy — « Mère, voici vos fils qui se sont tant battus » — qu’Aragon, Conrad, Kipling, ou même Duras — Un barrage contre le Pacifique, « le livre de l’enthousiasme et de l’utopie », dira-t-il. Ce temps de réflexion est aussi un temps de travail sur lui-même.

Mais à sa sortie de prison, le destin extraordinaire de ce soldat n’intéresse personne ou presque. Après tout, écrira Laurent Beccaria, son petit-neveu (il est le fils d’une Saint Marc), « il partageait avec les autres réprouvés une mémoire blessée et orpheline ; il avait connu la prison, la dégradation et la privation des droits civiques ». À 60 ans, « il était encore en quête de sa vérité et mettait une intensité rare à la recherche du passé ».

Ce passé, Beccaria, né deux ans après le putsch d’avril 1961, le fait surgir dans une biographie publiée en 1988. Apparaît soudain devant le grand public comme une figure de Commandeur ce personnage de légende, combattant de la Résistance à 19 ans, arrêté par la Gestapo à 21, déporté au camp de Buchenwald, puis transféré par un froid glacial dans un tunnel pire encore, Langenstein, et finalement libéré de cet enfer quotidien le 9 avril 1945 alors qu’il vient d’avoir 23 ans… Il s’est nourri de Malraux — « l’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur » — ou de Montherlant — « je reste pour juger quels bonheurs valaient que je périsse ».

Que faire après une telle épreuve ? L’armée ? Défaite en 1940. Alors les services spéciaux ? Il se laisse finalement convaincre : ce sera quand même Saint-Cyr, pour être officier. À la sortie, il choisit la Légion. « J’ai été attiré par elle comme par un aimant. Sa mythologie faisait partie du roman national. Mais je me suis surtout dirigé vers le seul univers dans lequel je pourrais refaire ma vie en entier, dans lequel je pourrais reprendre goût au bonheur. »

La Légion l’emmène au Maroc, en Indochine, à Suez, en Algérie enfin : auprès du général Massu, qui conduit la bataille d’Alger, d’abord comme chef de cabinet, puis comme chargé des relations avec la presse. Cette bataille d’Alger est gagnée, même si c’est dans la douleur. Sur un coup de tête, Saint Marc demande un congé sans solde et s’en va. Mais c’est pour revenir, en avril 1960, après la révolte des Barricades, reprendre un poste à l’état-major de la 10e division parachutiste et retrouver son 1er Rep dans le djebel, en Petite-Kabylie. Jusqu’à ce vendredi 21 avril 1961, où il reçoit un message du général Challe, qui l’appelle à Alger.

Après une heure d’entretien, Saint Marc rentre à son PC de Zéralda, convoque les sept commandants de compagnie de son régiment : « Ce que nous allons faire est très grave, leur dit-il. Nous y risquons notre peau. Si jamais ça tourne mal, c’est moi qui prendrai la responsabilité de cette aventure. »

Elle tourne mal, en effet, au bout de quatre jours. Comment avait-il pu se laisser engager dans une telle affaire, aussi contraire à l’obéissance et à la discipline, aussi risquée à l’époque qu’elle paraît incroyable aujourd’hui ? C’est cela qu’il tente de faire comprendre à un tribunal militaire qui se refuse à comprendre. « Monsieur le président, dit-il, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans, j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé. C’est en pensant à mes camarades, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur que j’ai fait, devant le général Challe, mon libre choix. »

Partager cet article
Repost0